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William Z Villain – Ballades ensorcelantes

William Z Villain – Ballades ensorcelantes

William Z Villain William Z Villain Style : Blues / Jazz / rock / Gybsy / Expérimental Sortie : 03/02/2017

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Il y a des artistes dont on sait dès la première écoute qu'ils nous suivront longtemps. Des mélodies et des sonorités intemporelles qui touchent et transpercent, qui marquent l'âme subtilement. C'est assez rare pour être surligné, souligné. Il y a une voix, des intonations, des imperfections, des émotions qui ne trompent pas. Une émulation de sons au mélange magique. William Z Villain, 26 ans, originaire du Wisconsin, est de ceux-là. Anybody gonna moove, est le premier titre remarqué de cet ovni musical, mis en images dans un clip à l'ambiance déroutante, en noir et blanc, qui nous plonge dans l'univers du jeune américain.

Son premier album éponyme, sorti le 3 février, conte et compte 10 titres proposés par le label français Normandeep Blues. De son vrai nom, Benjamin, le guitariste, compositeur et interprète à la voix haut perchée porte une musique inclassable tant elle explore sonorités multiples et beauté ensorcelante, allant du jazz au blues, en passant par des rythmes afros.

L'album s'ouvre avec le titre d'intro WZV comme une signature, il semble dire : « Je vous annonce la couleur, vous avez 1min32 pour décider si vous avez envie de voyager avec moi ». Le rythme étrange et pressé de la guitare se calme. Prêts ? On ferme les yeux et on embarque dans le monde mystérieux et fascinant de William Z Villain, en poursuivant avec le surprenant Spike my bike, qui joue sur des rythmes afros-cubains et le timbre singulier du chanteur. Au son de sa guitare électrique blues blanche des années 30 (une National Resonator en métal qu'il a modifiée en posant huit cordes) les oreilles se laissent bercer par les rythmes gibsy-jazz, teintés de blues.

Clave (We Had Clavbligations), comme une course folle, joue sur différentes cadences, agrémenté d'échos de rires moqueurs. Avec Not Friend of Mine, il modère son allure et on sent glisser la douce voix de William Z Villain, planante et mélancolique. Les 10 premières secondes de l'hypnotique Her Song nous plongent dans l'univers d'une nature sauvage, avec le miaulement engagé d'un chat suivi de la chaleur du chant des grillons. Il fallait au moins ça pour nous préparer à la ballade la plus sensible de l'album, enregistrée en double voix. Ce titre addictif porte en lui la puissance d'un poème qu'on lirait et relirait, pour être sûre de ne jamais l'oublier.

Après Home, il est temps de revenir sur terre. Ce morceau clôt l'album d'une ultime caresse, comme une promesse de revenir. Il nous laisse comme il nous a cueillis, au milieu d'une chaude nuit d'été, au son des grillons.

L'album s'écoute comme on suivrait du regard un funambule, avec tension et admiration pour la beauté du geste. C’est la peur au ventre de le voir tomber, que la musique s’éteigne, qu’on savoure jusqu’au bout les 10 titres, comme envoûté par un sortilège.

William Z Villain est la bonne surprise de 2017. Son style finement hors du temps nous plonge dans un univers singulier, surprenant, indomptable. Le jeune prodige a enregistré son premier disque en France et il nous offre de belles occasions de le découvrir sur scène, comme le 30 mai 2017 à l'Aéronef de Lille, accompagné de sa guitare électrique à 8 cordes.

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