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Paperhead « Chew »

Paperhead « Chew »

Paperhead Chew Style : Psyché-Pop Sortie : 17/02/2017

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Voilà un disque qui ressemble un peu à sa pochette. Pas graphiquement, parce qu'on n'est pas certains que ça plaise à tous et qu'une pochette, au fond, ça ne s'écoute pas très bien. Ça colle à la semelle un peu par hasard parce qu'on checke le programme de toutes les bonnes salles du coin.... On n'y prête d'abord pas tellement attention parce qu'on a l'impression trompeuse que ce son psyché-pop assez léger, tout en bulles de chewing-gum psychédéliques, ça ne va pas nous faire trop d'usage. Heureusement, on est quand même habitués à se méfier d'une première écoute, dans les deux sens d'ailleurs : les disques les plus impressionnants tout de suite ne font pas forcément beaucoup d'usage et les disques d'abord un peu légers tiennent parfois très bien la distance, les écoutes multiples, le creux du sillon, c'est le cas de Chew.

C'est qu'on sait écrire, composer, arranger : on peut commencer par un jeu de guitares assez aérien avant d'amener une basse plus ronde, toute en souplesse matoise et des cuivres qui viennent donner de la soul à l'ensemble, avant quelques applaudissement et un démarrage au... banjo sur le morceau suivant, cet instrument au fond très rythmique, qui tient la mélodie très cartoonesque de Pig. Les gars sont de Nashville et sans être des tenants de la country traditionnelle façon Merle Haggard ou Hank Williams, on sent que c'est là, dans le fond, en background, dans l'ADN quand même, on ira carrément assumer le truc quelques morceaux plus tard sur... Porters fiddle. On joue tight et serré et on y ajoute un vrai swing, un vrai groove. Pas de contresens, ce n'est pas de la country music mais elle lui pique un élément qu'on oublie tout le temps de signaler à propos de la scène de Nashville: ça balance, c'est souple, ça remue et on sait faire. Réécoutez Lyle Lovett, par exemple, pour vous en convaincre.

D'autant plus captivant que ces accents nashvilliens sont coupés, souvent dominés même, par des fulgurances psychédéliques que ne renierait pas le Pink Floyd des débuts. Non, pas de panique, n'imaginez surtout pas une sorte de Western swing floydien dans un festival de rodéo, le tout est très malin, très moderne, une relecture intelligente de ce psychédélisme encore balbutiant du Swinging London et de Syd Barrett avec des colorations fuzzy et tendues très réussies autant que des langueurs détachées très mélodiques qui montent en neige sur Over and over, par exemple. Globalement, leur univers et leur palette sont bien restitués par le single, Dama de Lavanda. Bon indicateur global, même si le live a toujours une dimension propre, notamment pour toute cette scène du renouveau psyché.

Ce sera donc passionnant, le 11 avril à La Malterie, d'autant qu'ils sont accompagnés des Nantais de Blondi's salvation qui ne sont pas exactement des mateurs dans le genre. Invités du Levitation festival d'Austin, rien que ça. 

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