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Beth Ditto « Fake Sugar »

Beth Ditto « Fake Sugar »

Beth Ditto Fake Sugar Style : Pop Rock Sortie : 16/06/2017

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Retrouver Beth Ditto c’est assurément passer un agréable moment musical, en témoigne le dernier arrêt de sa bande au Zénith de Lille en novembre 2012, cela nous semble déjà une éternité. A cette époque, nous avions laissé Gossip avec un "Joyful Noise" assez plaisant bien que plus proche de la pop que de l’esprit punk des débuts, à l’image de titres rythmés tels que Move In the Right Direction, Get Lost ou plus aériens comme Involved.

Depuis, silence radio de la part des trois comparses de l’Arkansas, Beth de son côté privilégiant de multiples activités telles que la création d’une ligne de vêtements, la rédaction de son autobiographie ou plus simplement sa vie de famille (arrêtons-là pour la rubrique people). Il aura fallu attendre le passage l’an dernier de la leader de Gossip sur un plateau de tv de la capitale française pour comprendre que le groupe s’était tout simplement éteint, Beth nous expliquant que l’ensemble du groupe se sentait de moins en moins concerné et que Nathan, le guitariste à l’iconique moustache, avait décidé de retrouver une vie simple loin des fastes du show-business et plus proche de la religion. Alors que faire ? Continuer le groupe sans lui ? Impossible pour Beth qui aurait eu le sentiment de trahir son ami d’enfance et co-fondateur du band, par conséquent ne lui restait qu’une seule solution, entamer une carrière solo.

Les connaisseurs, et ils auront raison, souligneront qu’une première tentative avait déjà eu lieu en 2011 lorsque cette dernière nous proposa un EP de 4 titres, très centré sur l’électro, avec un son un peu club et dont nous avions peu prêté attention il faut bien le dire, voyant cela comme une courte récréation entre deux sessions gossipiennes.

Cette fois plus de doutes avec ce "Fake Sugar" sorti en juin dernier, le pas est définitivement franchi et après plusieurs écoutes, on se dit que Beth en a encore sous le pied et que la voir purement et simplement arrêter sa carrière musicale aurait été un véritable crève-cœur.

Nous entrons dès le début dans le vif du sujet avec le fameux Fire qui enflamme déjà les ondes depuis plusieurs semaines, composé d’un riff entêtant sur fond électro et qui nous parle d’une histoire d’amour naissante. L’Amour, parlons-en, c’est clairement le fil conducteur de cet album. Certains pourront reprocher, à la lecture des paroles, quelques facilités sur des thèmes moult et moult fois abordés mais l’ambition de Beth est de raconter les différents moments qu’une femme peut traverser, notamment dans sa vie affective. Cette dernière, pas épargnée par les aléas de la vie (pour vous en convaincre, on ne peut que chaudement vous recommander de poser les yeux sur son ouvrage Diamant Brut), sait tout ce qu’il a fallu endurer pour en arriver là où elle est aujourd’hui, ainsi l’écriture de cet opus peut alors revêtir un tout autre sens.

Amoureuse (là aussi) de notre beau pays, Miss Ditto n’hésite pas à placer ici ou là de petits mots ou expressions frenchies à l’image de ce Savoir Faire très rock / soul (rappelant par aspects les dernières productions pop de Lenny Kravitz) ou de l’excellent Oo La La avec ses rythmes dance qui donnent instantanément envie de nous remuer le fessier et nous rappelle le Gossip de la grande époque, certainement le meilleur titre de cette galette.

Qui dit album consacré à l’Amour dit balades un peu « sucrées » (bon d’accord, guimauves même…) à l’image du titre éponyme, un peu roots, aux accents bluesy qui fleurent bon les plaines de Little Rock mais qui au final n’apportent pas grand-chose à l’ensemble, de même pour We could Run, titre se voulant dynamique bien que plus léger, mais au final qui s’essouffle trop rapidement.

Fort heureusement ces petites déceptions se font rares et l’esprit punchy de Go Baby Go nous remet de suite sur de bons rails, tout comme l'énergique Oh my God rappelant justement la période "Joyful Noise" citée tout à l’heure. La suite de l’album se veut toujours consacrée à l’activité principale de Cupidon mais cette fois du côté des « désagréments » relationnels : Love In Real Life met en lumière une certaine monotonie pouvant vite arriver dans un couple tandis que Lover ou Clouds évoquent clairement la séparation et la mélancolie sans pour autant tomber dans la déprime. Ce n’est certainement pas dans le tempérament de Beth de se laisser abattre à la première difficulté venue, l’un des derniers vers de Lover étant d’ailleurs « What doesn’t Kill You Only Makes You Stronger », tout est dit. Au final, cet opus passe en revue tous les états amoureux, de la rencontre à la passion en passant par les interrogations, les doutes, les difficultés bref rien de très original de prime abord mais qui gagne toute son authenticité au fur et à mesure des écoutes, le tout bien aidé par la force de conviction et la pureté de la voix de son interprète.

Voilà donc un "Fake Sugar" qui n’a rien d’édulcoré et qui nous fait passer un délicieux moment auditif à base de pop rock accrocheur saupoudré de petites touches électro qu’il nous tarde de prolonger à l’Aéronef lors du passage de la Miss le 11 octobre prochain.

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