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Endemic Laughters par Tim Fromont Placenti

Endemic Laughters par Tim Fromont Placenti

Tim Fromont Placenti Endemic Laughters Style : Wild Folk & Cosmic Lullabies Sortie : 04/11/2015

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On se souvient ici de la découverte du premier album de Tim Fromont Placenti, Original sadtrack (from the cinnamon screen) et de notre stupéfaction devant l'écran de cannelle. Ce disque surgi de nulle part s'imposait dans la clarté d'une maison boisée, tendue de feuilles folles, par une après midi d'été, emplissant l'espace, voletant partout, ruant à chaque fois qu'on était tenté de lui coller une étiquette commode. On s'était empressé de tout raconter dans la chronique ici et de suivre assidûment le gang naissant, espérant que les concerts suivent et que Tim écrive la suite, ni trop vite, ni trop tard. Et puis le Biplan, et puis le Main Square, et puis ce nouvel EP, Endemic laughters, qui donne tout son sens à la notion d'Extended play puisqu'on y trouve pas moins de neuf titres et qui sort ce 4 novembre. Ni trop tôt, ni trop tard. Soon enough. 

C'est peu dire qu'on ne s'est pas contenté de reproduire le premier album. On sous estime toujours, et depuis longtemps, l'extrême difficulté qu'il y a à passer à la deuxième phase de ce qu'on veut dire en tant qu'artiste. On a si souvent qu'un seul grand titre en soi qu'il est difficile de briser les moules dans lesquels on se coince si aisément. Tim et son gang, pour ne pas dire son commando, ont redessiné ici une toute nouvelle cartographie musicale, un tout nouvel espace mental, une nouvelle patrie en pauses, soupirs et croches véloces. La musique est faite d'équilibres fins, de percées lumineuses au bord des nuages, de voix célestes entrecroisées et de pianos fous. Dès Soon enoughtout est là. La toute récente géographie musicale de TFP déroule davantage d'espace et des sons inédits. La production est très réussie, faite de dosage au microgramme, elle donne du temps, de la couleur et des zones franches à tout le monde. Rémi n'a jamais été entendu comme ça derrière ses fûts, on n'avait jamais entendu de solo tel que celui de Yous in Mornings. C'est créatif et débordant, électrique et acoustique, échevelé et posé. Anaïs Delmoitiez vient teinter de choeurs clairs (you are) Home avant l'envolée de ce titre inouï. On sait que le mix peut tuer, littéralement, le meilleur des disques. Le travail de Nîm & Tim est ici absolument remarquable, enveloppant les guitares de François Haverland, jamais bavardes, toujours précises et motivées,  les parties de violoncelles de Rémi, la moindre reprise de drums (Iron Hand, la relecture du titre de Knopfler), libérant du temps et de l'espace à chaque fois qu'il le faut. Quant à la voix, elle est à la fois extrêmement expressive tout en se gardant de démonstration vocalisante. Équilibre et ligne claire.

Les textes touchent à fleuret moucheté nos émotions. Atmosphère posée d'une ligne, This airport coffee tastes like meat, évocations d'un univers, Within the wet wood scents, in the open garden of us, profession de foi assumée, not giving up on a romantic soul is the noblest quest of all. Whitman et Shelley ? Ça sonne et ça résonne très longtemps, comme les rires contagieux. Inratable.

En concert le 4 novembre, (release party Endemic Laughters), maison folie de Wazemmes.
 Et le 18 novembre à l'Antre II de Lille 2

 

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