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Des artistes de la région emmènent leur musique au-delà des frontières

Des artistes de la région emmènent leur musique au-delà des frontières

Un groupe à Shanghai avec un batteur originaire de Lille, un groupe à Cambrai avec un album sorti à l’étranger. Le premier, c’est The Rogue Transmission avec Fabien à la batterie. Le deuxième, c’est Syn avec l’album « Road to ruin » et François pour manager. Le tout, c’est deux visions de ce qui se passe musicalement à l’étranger. Fabien peut comparer ce qu’il a vécu à Lille avec ce qu’il vit à Shanghai avec son groupe. François peut expliquer comment s’est passé la sortie de l’album de Syn à l’étranger. Leur point commun, l’envie de faire une tournée aux USA, en Europe…
 

 

Fabien a quitté Lille pour Shanghai mais n’a pas abandonné la musique. Il fait aujourd’hui partie du groupe de Rock The Rogue Transmission. Il nous présente son groupe à travers leur 1er E.P. et leurs projets mais nous décrit ce qu’il trouve différent de la France et ce qui se passe musicalement en Chine.

Aurélie : Peux-tu nous présenter les membres du groupe the Rogue Transmission ? Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Fabien : The Rogue Transmission, c'est Danny (USA) à la guitare rythmique, qui écrit et chante les textes aussi, John (UK) à la basse, Adam (Australie) à la "lead guitar" et moi même à la batterie. A la base, j'ai rencontré John il y a 3 ans à Shanghai. Avec deux autres potes, on a formé un groupe appelé "Huhu Mamas", que Dan a rejoint après un an. Dans un souci de faire un style de Rock plus tranchant, on a formé un side project avec Clément (un ancien pote de fac) à la guitare : The Rogue Transmission. Adam a remplacé Clément qui nous a quitté pour rentrer en France en février dernier.

Aurélie : Tu jouais déjà dans un groupe à Lille ? Dans quels lieux jouais-tu ?

Fabien : Oui, j'ai joué avec quelques groupes d'étudiants à Lille. On apparaissait pour des soirées ici et là mais rien de bien abouti. J'étais par contre plus actif pour organiser des soirées concerts. J'avais notamment mis en place des événements hebdo avec des groupes de la région au foyer de l'ENIC à la fac de Lille 1 pendant deux ans. J'avoue par contre ne pas savoir ce qu'il en est devenu aujourd'hui...

Aurélie : Qu’est-ce qui est différent dans les endroits où tu joues avec the Rogue Transmission à Shanghai, là où vous avez déjà joué en Chine par rapport à tes expériences en France ?

Fabien : La scène est évidemment beaucoup moins développée ici dans le sens ou Shanghai (et la Chine d'une manière générale) n'est pas un hub musical où peuvent se côtoyer artistes locaux et internationaux quotidiennement. On peut trouver une fois par mois un groupe plutôt indépendant qui va se lancer dans l'aventure d'une tournée en Chine (comme Young Knives ou Battles recemment), sinon c'est du gros calibre deux ou trois par an pour remplir les stades (Les Rolling Stones, Roger Waters ou Bjork ces dernières années). Au niveau des salles de concert donc, cela se traduit par un manque cruel de salles "moyennes" type Grand Mix ou Splendid, on retrouve par contre toujours une ou deux bonnes petites salles dans chacune des quelques "rock cities" en Chine pouvant accueillir entre 100 et 300 personnes grosso modo et où l'ambiance est assurée. Quand on joue en tête d'affiche à la maison, on se fait plaisir et ça monte souvent à 500 personnes comme ce mois-ci avec la soirée Get In The Van.

Aurélie : Peux-tu nous décrire dans les grandes lignes ce qui se passe musicalement à Shanghai ?

Fabien : Shanghai au premier coup d'œil, c'est une tonne de clubs branchés pour expats friqués où l'on y joue de la House et du Hip Hop / R’n’b pour la masse qui vient parader devant les minettes en quête d'un beau mari étranger riche. En résumé, le paradis pour un ex-teuffeur de la rue de Pecq devenu aujourd'hui business man dans sa trentaine. Maintenant il y a également un côté plus intéressant que les amateurs de musique alternative ont monté en marge de tout ce cirque.

La scène émergente en Chine, c'est souvent simplifié à Beijing pour le Rock et Shanghai pour l'électro. En réalité, il y a un peu des deux de chaque côté, disons que Beijing qui doit avoir entre 5 et 10 fois plus de groupes que Shanghai, a vu se développer une dizaine de très très bons groupes Rock (en même temps que des labels apparaissaient) depuis 2005, dont certains ont monté jusqu'au point de tourner régulièrement à l'étranger. Shanghai pendant ce temps n'a compté que sur ses 2 ou 3 groupes potables qui n'ont pas eu la chance d'enregistrer ou de continuer leurs efforts. Côté Electro, Shanghai a vu une scène ultra underground se rassembler autour des artistes "noise", musique expérimentale qui bien que toujours présente et reconnue même depuis la capitale, reste très marginale. Quelques DJ Electro se sont aussi distingués par un son original se démarquant franchement de la flopée de DJ qui squattent les innombrables clubs en se frottant les mains mais qui n'apportent rien de bien nouveau.

En revanche, depuis peu on assiste clairement à un renouveau ici avec pleins de jeunes groupes qui se forment comme jamais avant. Davantage de studios pour répéter, des CD autoproduits qui commencent à se faire plus fréquents, des salles archi bookées deux mois à l'avance, je pense qu'il ne reste à Shanghai qu'à se doter de quelques salles supplémentaires (sous réserve d'approbation de la municipalité, ce qui n'est pas très simple !) pour soutenir dignement ce mouvement.

Aurélie : Vous avez sorti un 1er EP « Ilicit Intercepts » sur le label Rogue Recordings. Pourquoi ce choix ?

Fabien : En réalité, il est 100% autoproduit. Content de voir que c’est un nom de label qui sonne bien, je note pour plus tard... ;o). Après presque un an ensemble, on a jugé avoir suffisamment de morceaux dans notre répertoire pour en retenir 5 de qualité et les enregistrer proprement. C'était pour nous une manière de figer une fois pour toutes le travail fourni, et aussi de pouvoir se faire connaitre plus facilement ailleurs.

Aurélie : Si on veut se le procurer en Europe, comment fait-on ?

Fabien : On a fait les démarches, il devrait être très prochainement dispo sur iTunes, Amazon et autres sites de musique en ligne. Pour avoir un beau CD tout imprimé par contre, il faudra attendre notre première tournée en Europe !

Aurélie : Quels sont les projets du groupe ?

On a déjà passé un cap depuis l'arrivée d'Adam à la guitare en ajoutant plusieurs nouveaux morceaux dont nous sommes satisfaits du résultat, ce qui nous met maintenant sur de bons rails pour voir plus loin. On pense à quelques gros festivals auxquels il nous tient à cœur de participer cet été en Chine ou à Taiwan, mais on pense surtout à préparer des contacts au Japon, en Europe et aux USA pour l'année prochaine peut-être. Cela passe aussi par l'enregistrement de quelques morceaux supplémentaires, qui sait, d'un album peut être si on a le temps et les moyens avant la fin de l'année.
 

 
 

Le groupe de Métal Syn, originaire de Cambrai a sorti une première démo intitulée « Our Faillure Statement », juste avant de signer avec François Noblecourt d'Hengeyokais Prod pour un contrat de management. Durant l’été 2007, le groupe est entré en studio pour l'enregistrement de son premier album intitulé "Road to ruin". Il sort en avril 2008 et est distribué par Great Dane Records et Season of Mist en France ainsi qu'au Bénélux et par Believe en numérique sur le web. L’album a été réédité pour sa sortie à l’étranger. François nous a expliqué les raisons de cette réédition, le choix du label et des pays dans lesquels il sort.

Camille GRENERON - Thibaut METIER - Aurélien SCHWALEK - Julien GIBON - Frédéric WEDEUX
Drums -------------- Guitar -------------- Vocals -------------- Guitar -------------- Bass

 

Aurélie : L’album « Road to ruin » de Syn a été réédité auprès du label Apocrypha Records pour être distribué aux USA, au Canada, au Mexique et en septembre au Japon. Pourquoi ce choix ?

François : C’est eux qui nous ont contactés en fait pour sortir l’album là-bas. On a été surpris d’être choisis. L’accord qu’ils nous ont proposé financièrement et promotionnellement était correct donc nous avons accepté. C’est une réédition car deux titres bonus ont été spécialement enregistrés à cette occasion. Dans ces pays, ils en sont très friands.

Aurélie : Pourquoi l’album sort dans ces pays là en particulier ?

François : C’est en fonction de nos contacts. On aurait aimé le sortir en Allemagne aussi car le Métal est un genre très prisé dans ce pays. Les concerts ne sont pas comme ici, ils sont blindés alors que chez nous, ils sont plutôt moyennement blindés. Du coup, le secteur est bouché là-bas et on a des difficultés pour y entrer.

Aurélie : Je suppose que la sortie de l’album à l’étranger reflète l’envie de tourner dans ces pays…

François : Oui, il y a une réelle envie de voyager mais ce sont des gros budgets à mettre en place surtout pour les Etats-Unis. Il faut donc voir si le label aura les moyens financiers de nous aider.

Aurélie : Quand Syn a joué dans d’autres pays, qu’est-ce qui était différent ?

François : En fait, Syn n’a joué qu’en Belgique pour l’instant. On a des plans pour jouer en Roumanie par exemple mais ce sont des petites salles donc il faudrait y faire une tournée pour que ça valle le coup. En Belgique, on a trouvé que le public était plus ouvert. On a vraiment ressenti que les Belges allaient en concert pour découvrir alors qu’en France, il semble que si on ne connaît pas, on n’y va pas. Mais c’est marrant, en discutant de cette impression avec des Belges, ils nous ont dit que pour eux, c’était le contraire.

Aurélie : A part cette envie de tourner à l’étranger, quels sont les projets du groupe ?

François : On essaye de faire de grosses premières parties mais il y a beaucoup de demandes. Il y en a une qui arrive le 26 avril pour le Betizfest avec Walls of Jericho. Et le projet à plus long terme, c’est la sortie d’un 2ème album peut-être pour fin 2009 – début 2010.
 

 

 

Inaccurate de Syn

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