Festivals de l’été 2008 : des souvenirs, de l’argent et du verre…

Festivals de l’été 2008 : des souvenirs, de l’argent et du verre…

Des exclusivités comme la venue de Radiohead à Arras, 30 scènes pour 600 concerts au Sziget... les programmateurs des festivals de l'été mettent tout en œuvre pour attirer les spectateurs. La demande de live est croissante. Les festivals offrent de belles palettes d'artistes.

Quelle est la tendance de l'été ? Concurrence ou partenariat entre festivals ? Tous écolo ? Priorité à l'argent et au succès ou ambiance assurée ? Les festivals, un business de Live Nation ?

** Tous pour le live ? Tous aux festivals !
Les festivals attirent toujours autant de spectateurs et les organisateurs mettent tout en œuvre pour vous faire plaisir. Des exclusivités comme la venue de Radiohead, des plateaux méga variés avec 30 scènes et donc 600 concerts au Sziget !...

** Tous pour l’écologie ! Un verre ça va, trois verres par terre, bonjour les dégâts !
Cette année, la plupart ont renforcé leur empreinte écologique.

** A l’ombre des petits festivals, le business…
L’ombre du géant américain Live nation plane sur le phénomène « festivals de l’été ». Alors synonyme d’ambiance unique, de découvertes, il nous amène aujourd’hui à parler des festivals comme d’un business… Retrouver aussi les liens des reportages photos de votre été. Souvenirs, souvenirs…

La vente des disques chute mais les spectacles en live attirent de plus en plus de spectateurs. L’inflation du prix des places ne s’est pas fait attendre. Mais, les festivals restent des occasions de voir plusieurs artistes pour le prix d’un. 

45€ / jour, 57€ le jour du concert de Radiohead, 135€ le pass 3 jours, 16 concerts sur la même scène pour le Main Square festival d'Arras. 37€ / jour, 95€ le pass 3 jours, 75 concerts sur 5 scènes pour les Eurockéennes de Belfort. Le Main Square ne reçoit pas de subventions publiques contrairement aux Eurock' qui peuvent appliquer des tarifs raisonnables.

125€ le pass, 600 concerts sur 30 scènes en une semaine pour le Sziget Festival à Budapest en Hongrie. Il faut savoir que dans les pays de l'Est, l'absence de loi Evin permet aux professionnels de faire appel au sponsoring des marques d'alcool et de cigarettes et donc d'augmenter leur budget. 
 
Pour attirer le public, les organisateurs se démènent pour dévoiler une programmation alléchante [2 groupes en 2004 au Main Square contre 16 en 2008] et dénicher la perle rare mais célèbre. Le Must ? La reformation d’un groupe, la seule prestation d’un groupe dans un festival ou dans un pays... Cette chasse à l’exclusivité entraîne forcément une augmentation du cachet de ces artistes.

On parle par exemple de 600 000€ pour l’unique apparition de Radiohead dans un festival français, celui d'Arras. Un événement qui a un prix et qui implique des conditons : deux heures de set, des éclairages prévus par le groupe… Les Eurockéennes fêtaient leur 20 ans mais Radiohead a choisi Arras. Pourquoi ? Le groupe a déjà joué à Belfort et l’aspect écolo de Werchter, partenaire du Main Square et à plusieurs reprises, Arthur Award du « meilleur festival au monde », les auraient convaincus.

Les organisateurs mettent donc en avant les spécificités de leurs sites : la Grand’Place d’Arras et ses arcades au carrefour du Nord de la France, de la Belgique et du Royaume-Uni ; le Parc de la Courneuve dans la région parisienne pour la Fête de l’Humanité ; l’ïle d’Obuda en plein cœur de Budapest pour le Sziget Festival… Forcément, le passage de milliers de festivaliers peut causer des dégâts sur ces sites. C’est pourquoi chaque année, les staffs renforcent les actions de sensibilisation à l’environnement, l’écologie… En 2008, impossible de ne pas y prêter attention, le phénomène continue à s’accentuer.

Les jeunes festivals comme le Main Square font leur premier pas « écolo » : poubelles avec compartiments pour le recyclage, récompense pour ceux qui ramassent les gobelets qui traînent… Mais le tout reste timide comparé aux « anciens » qui connaissent les ficelles et les dispositifs attrayants pour inciter les spectateurs à respecter les sites. L’initiative qu’on ne pouvait pas manquer était celle de l’association Ecocup présente dans de nombreux festivals cet été : Eurockéennes de Belfort, Solidays et Fête de l’Huma à Paris… 

Après un festival, les sites ressemblent ou plutôt ressemblaient à de véritables champs de bataille parsemés de gobelets plastiques. Ecocup n’a pas seulement constaté ce fait, elle a analysé : « le procédé des gobelets jetables soulèvent d'importants enjeux écologiques en terme par exemple de production, de transport et d'élimination. Dans notre pays, l'utilisation des gobelets jetables étant la règle, chaque boisson est servie dans un nouveau verre ; l'habitude est prise d'abandonner ce dernier après usage. De toute façon, les équipes de nettoyage ramasseront tout au lendemain de la fête. Lors d'une réunion avant la féria, on a même entendu dire « de toute façon on s'en moque, les services payés par la mairie feront le nettoyage ! » »

Pour tenter de remédier à ce problème, l’association tient des stands lors de grands événements comme les festivals et proposent aux participants des gobelets recyclables consignés à 1 € ; « un système écologique, propre et novateur pour stopper le gaspillage de gobelets jetables ... » « Cette caution encaissée à l'achat de la première consommation pourra être récupérée en restituant le gobelet. » Un système déjà en place en Allemagne. L’association édite même des gobelets collector aux couleurs de l’événement.

>> Leur action en détails sur le site.

 

        

Le festival qui a beaucoup fait parler cet été reste le Main Square Festival. Tout jeune mais déjà très médiatisé avec entre autres, la retransmission du concert de Radiohead dans « En direct de… » sur France 4.

Un petit jeune donc vers qui tous les yeux étaient rivés car son organisatrice, France Leduc a choisi pour binôme Herman Schueremans, gérant de Werchter et patron de Live Nation Belgique. Sur 16 noms programmés à Arras, 11 l’étaient aussi à Werchter. Or Werchter appartient à la multinationale américaine Live nation. Qui est ce géant ? Le premier organisateur mondial de concerts connu pour posséder entre autres l’intégralité des droits de Madonna (production de ses futurs albums, promotion de ses tournées, exploitation de son nom et de son image…). La société Live Nation est en fait une activité du groupe américain Clear channel (espaces publicitaires, médias, systèmes de vélo…). Cette situation bouleverse les schémas habituels. Les concerts et festivals sont gérés par de véritables chefs d’entreprise. Les organisateurs se professionnalisent. Un changement important qui inquiète. L’ambiance, l’esprit qui règne lors des festivals qui ont mis des années à acquérir leur notoriété ne se retrouve pas dans les festivals propulsés au rang des grands en peu de temps. 

  

Les festivals n’ont pas que des grosses têtes d’affiche. Ils permettent aussi de faire des découvertes avant la reprise de la saison culturelle. Le groupe The Hoosiers  a joué le jeu lors du Main Square et annoncé aux spectateurs qu’il revenait dans le Nord, à l’Aéronef en novembre ; Vampire Weekend de passage au Grand Mix à TourcoingConsulter notre agenda ! Des découvertes live certes mais qui sont en fait déjà très médiatisées par la télévision et la radio. Alors ne perdons pas de vue que les festivals permettent aussi aux plus petits et notamment aux artistes régionaux de se produire. Dans les allées des festivals, la découverte passe aussi par le groupe qu’on entend au coin d’un stand par exemple. Alors le succès d’un festival doit-il forcément passer par une très grosse programmation délaissant « les plus petits » au passage ? 

Et pour se remémorer ou découvrir les festivals de l’été en images, direction notre rubrique photos alimentée par le collectif ISO
>> Le Main Square Festival par J. Marcjan 
>> Les Ardentes par Mr Purple
>> Dour Festival par Soopafly & Alex O’toole, Mickaël Berteloot & Charles Collier
>> Les Nuits secrètes par Sylvain CLEP
>> Sziget Festival par Raul Pinto
>> La Fête de l'Huma par R?my
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