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« Le Triomphe du Temps et de la Désillusion » à l’Opéra de Lille

L’Opéra de Lille débute cette année 2017 avec le premier oratorio composé par Haendel, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno. Ce “Triomphe du Temps et de la Désillusion” est une coproduction entre le Festival d’Aix-en-Provence, l’Opéra de Lille et le Théâtre de Caen. Après avoir dévoilé cette oeuvre au festival en 2016, Emmanuelle Haïm et le metteur en scène Krzysztof Warlikowski la présente à l’Opéra de Lille du 12 au 21 janvier.

Seule face à son miroir, une jeune femme, la Beauté, frémit à la pensée que les charmes de son visage sont vulnérables et qu’ils s’effaceront inexorablement. Un jeune homme, le Plaisir, jure que, toujours, Beauté restera belle. Elle lui répond qu’elle accepte de demeurer à jamais fidèle sous peine de douleurs accablantes. Plaisir exhorte Beauté à fuir le poison de la mélancolie et de la tristesse. Interviennent alors le Temps et la Désillusion qui nourrissent les premiers pressentiments angoissés de Beauté. La jeunesse est une fleur fragile destinée à pourrir. De l’affrontement entre les deux camps - Beauté alliée au Plaisir face au Temps et à la Désillusion - jaillira la Vérité.

C’est toujours avec passion qu’Emmanuelle Haïm nous parle de son travail et de ses collaborations, mais encore plus quand il s’agit de son compositeur de prédilection ! Elle a “déjà enregistré avec le Concert d’Astrée ce Trionfo” nous rappelle Caroline Sonrier, la Directrice de l’Opéra lors de la conférence de presse. Et on se disait déjà à ce moment là que “ce serait formidable d’en faire une production”. Cette idée est restée et est finalement née d’une coproduction avec le Festival d’Aix. Emmanuelle Haïm a choisi de travailler avec le metteur en scène Krzysztof Warlikowski sur “cette oeuvre d’un challenge incroyable, notamment parce qu’il n’y a pas d’action”. Le duo a beaucoup discuté pour rentrer dans cette oeuvre que Krzysztof ne connaissait “pas très bien”. Des idées se sont imposées, d’autres ont été abandonnées au fur et à mesure. “C’était très difficile de créer un univers” avoue Krzysztof. Mais il s’est construit “petit à petit avec les répétitions, et les conversations avec l’équipe artistique”.

Notre proposition, notre lecture de cette oeuvre est finalement très ancrée dans notre époque” explique Emmanuelle. L’allégorie d’Haendel est transformée ici en “une réflexion sur les tyrannies sociales et familiales”, et sur “le suicide chez les jeunes”. Le cheminement n’a donc pas été facile, et même aujourd’hui ils se posent “encore plein de questions” car l’oeuvre a été présentée en extérieur au festival d'Aix, et cette fois, c’est en intérieur ! Et la chanteuse n’est pas la même, c’est la jeune soprano chinoise Ying Fang (la Beauté) qui chantera aux côtés du contre-ténor argentin Franco Fagioli (le Plaisir), de l’Italienne Sara Mingardo (la Désillusion), du ténor américain Michael Spyres (le Temps).

  • Infos pratiques

Du 12 au 21 janvier 2017.
Je 12 (20h), Sa 14 (18h), Ma 17 (20h), Je 19 (20h), Sa 21 (18h) janvier 2017.
Spectacle en italien surtitré en français
Durée : 2h45 avec entracte
De 5 à 69€

Samedi 14 janvier :
- à 16h : Conférence par Alain Perroux, dramaturge du festival d’Aix.
Gratuit sur réservation.
- A l’issue de la représentation : rencontre publique avec l’équipe artistique
Entrée libre sur présentation du billet du spectacle.
Mercredi 18 janvier à 18h :
Concert du mercredi avec les Solistes du Concert d’Astrée au Grand Foyer
Tarif : 10€ et 8€ pour les abonnés

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