Aujourd’hui5 événements

Les Nuits Secrètes & La Bonne Aventure – Olivier, le Directeur nous raconte le report de ces festivals

Les Nuits Secrètes & La Bonne Aventure – Olivier, le Directeur nous raconte le report de ces festivals

Olivier Connan, Directeur des Nuits Secrètes & de La Bonne Aventure

Site Web

Après l'annonce du report du festival Les Nuits Secrètes à 2021, on a eu envie d'échanger avec Olivier Connan, le Directeur. En plus de s'occuper de l'événement d'Aulnoye-Aymeries, il travaille aussi sur la Bonne Aventure. Le festival de Dunkerque a pu être reporté à septembre 2020. Olivier a partagé avec nous les réflexions de ses équipes sur le futur de ces deux grands événements de l'été, et sur la solidarité des festivaliers qui attendent toujours ces rendez-vous avec beaucoup d'impatience.

L'ambiance lors des Nuits Secrètes 2019 - © Caroline Coolen

Les Nuits Secrètes et la Bonne Aventure, deux festivals phares du nord

Les Nuits Secrètes, c'est le festival qui prend place dans la ville d'Aulnoye-Aymeries chaque été depuis 19 ans maintenant ! Certains attendent avec impatience de s'y retrouver le temps d'un week-end, d'arborer fièrement le masque funky bien sûr du festival pour se fondre dans l'ambiance de ses Nuits Secrètes... L'événement réserve plein de surprises avec notamment ses parcours secrets... Vous vous laissez guider pour découvrir un artiste dans un lieu inédit. De quoi créer des moments uniques ! Cette année, on aurait dû s'y retrouver du 24 au 26 juillet 2020 avec une belle programmation. Foals, Rylès, Philippe Katerine, Deluxe, Rodrigo y Gabriela, Pomme... pour n'en citer que quelques-uns. Le sort en a décidé autrement. On s'y retrouvera en 2021 avec une version probablement réinventée et une nouvelle programmation... En attendant, l'équipe d'Olivier travaille sur le report de la Bonne Aventure. Le festival de Dunkerque qui se déroule habituellement en juin devrait avoir lieu les 26 et 27 septembre 2020 si les conditions sanitaires le permettent...

L'ambiance lors de La Bonne Aventure 2018 - © Caroline Coolen

Olivier, le Directeur nous raconte le confinement, les pistes de réflexion pour l'avenir de ces 2 événements

Comment s'est passé le confinement pour votre équipe ?

Nous avons mis en place le télétravail le lendemain de la première déclaration du Président de la République. En ce moment, on est entre 20 et 25 dans l'équipe. Certains à temps plein, d'autres nous rejoignent au fur et à mesure de la construction du projet. On est un peu disséminés sur toute la région nord. Et quelques-uns sont à droite à gauche en France. On a donc repris certains systèmes qu'on utilisait déjà pour communiquer, mais de manière plus soutenue, avec la multiplication des visio-conférences. Quand le confinement a débuté, on était dans la phase ascendante de préparation des deux festivals. Courant mars, c'est une période assez intense pour nous au niveau de la préparation, ce qui était toujours le cas jusqu'à environ mi-avril. Mais déjà une semaine avant cette date, les premiers doutes commençaient vraiment à s'installer surtout avec l'annonce de l'interdiction des grands rassemblements jusqu'au 15 juillet. L'équipe a donc un emploi du temps revu pour permettre à chacun de se retrouver dans le projet.

L'album photos des Nuits Secrètes 2019

Les bénévoles sont un maillon fort de votre organisation. Est-ce que vous aviez pu commencer à travailler avec eux pendant le confinement ?

Oui, on travaille toute l'année avec eux, mais effectivement le festival approchant, ça devient de plus en plus régulier. On a fait un appel à bénévoles en mars qui a eu beaucoup de succès malgré cette période de doutes qui commençait à s'installer à ce moment là. Pour Aulnoye, plus de 500 bénévoles ont répondu présents, et pour Dunkerque, environ 200. On verra donc ce que ça donne maintenant que c'est décalé. Ça va dépendre des contraintes de chacun en septembre. Et au delà de cette inscription, on avait commencé l'organisation avec les référents bénévoles. J'étais encore en réunion juste avant cette interview avec quatre d'entre eux. C'est important pour nous de continuer, et c'est une dimension qu'on adore car il y a de la spontanéité, de la jeunesse...

Les festivals sont des lieux extraordinaires de rencontres artistiques, humaines... On va donc essayer de garder ça dans notre ADN de départ pour imaginer les prochaines fêtes !

Olivier - Directeur des Nuits Secrètes et de La Bonne Aventure

Qu’est-ce qui est le plus compliqué à vivre pour vous depuis le début de cette crise sanitaire ? L'incertitude j'imagine ?

Organiser des festivals, c'est toujours des tours de force où on rassemble un certain nombre d'énergie, d'éléments dans des situations inédites. Quelque part, la notion d’incertitude et de contraintes fait partie du métier d’organisateurs de grands événements. Nous, on a toujours eu la particularité de monter des choses dans les villes. On n'est pas dans les champs donc on doit faire avec les contraintes qu'on essaye de transformer en force. On essaye d'en tirer des particularité un peu à l'image de la plage à Dunkerque, ou de la petite ville d'Aulnoye-Aymeries qui est profondément sociale. Ce qui est donc difficile à vivre, c'est un peu comme tout le monde, les repères sont chamboulés. On ne peut pas voir autant qu'on le souhaiterait les gens qu'on aime. Ce qui manque à tout le monde c'est la proximité, le fait d'être dans un même espace... On espère qu'un jour ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir !

Les Nuits Secrètes ont finalement été reportées en 2021. Quels sont les impacts que cette situation provoque sur un festival comme le vôtre ?

Oui alors "annulé", "reporté", on dit comme on veut. On reporte les Nuits Secrètes à l'année prochaine. A la suite des déclarations du premier ministre, on a annoncé la nouvelle. On s'en doutait car on était dans une tension importante depuis plusieurs semaines notamment après la première annonce du Président de la République qui avait laissé en tension les festivals qui avaient lieu après le 15 juillet. C'était délicat de continuer à imaginer cet événement comme on l'imagine chaque année. C'est un rendez-vous que beaucoup de gens - des habitants, des festivaliers, des gens du nord...-  aiment. C'est la 19e année, il y a une grande histoire pour certains avec les Nuits Secrètes. Il y a plein de gens qui ont fait plein de choses là-bas au niveau artistique, au niveau des festivaliers... Il y a même des gens qui se sont mariés après s'être rencontrés aux Nuits Secrètes. Il y a des belles histoires, les gens sont donc attachés à ça et je suis entouré d'une équipe formidable qui est passionné par ce festival et l'imagine chaque année avec moi. On sentait bien depuis un moment que c'était compliqué de remplir l'ensemble des éléments pour que ça se fasse correctement comme chaque année. On ne voulait pas mettre en danger la vie des festivaliers, des équipes, des artistes... C'était vraiment le mot d'ordre ! Juste après l'annonce du report, on a reçu beaucoup de témoignages importants du public, des artistes, des gens qui nous entourent... Le report d'Aulnoye nous met en tension au niveau de l'association. Il va falloir qu'on soit très vigilant, que des solidarités s'affichent au niveau local, régional..., que les collectivités soient à nos côtés, et évidemment le public qu'on a déjà mobilisé. Une très très très grande majorité du public a décidé de garder son billet pour l'an prochain. C'est la preuve qu'ils nous font confiance.

https://www.facebook.com/festivalnuitssecretes/videos/3225117084188592/

Le report de la programmation à l’an prochain est possible ?

On a proposé à l'ensemble des artistes de revenir. Tous ne pourront pas le faire pour plein de raisons différentes comme la distance géographique, la maladie pour ceux qui ont été touchés, leurs disponibilités... Ils étaient disponibles cet été, mais ce n'est pas forcément sûr pour l'année prochaine. Il y a des problématiques de disponibilités pour un certain nombre d'artistes. On retrouvera dans les programmations des artistes qu'on avait invité en juin et juillet, et des nouveaux. Ce sera intéressant car ce sera une évolution de la programmation initiale et on va recalibrer le projet en fonction de l'actualité.  Il y aura une actualité musicale sur laquelle on s'appuiera comme chaque année. La période de confinement a été assez propice à la création donc beaucoup sont en train d'écrire. On verra ce qui en ressort ! Il y aura des découvertes car c'est ce que les gens aiment aussi aux Nuits Secrètes et à la Bonne Aventure. Voir en premier l'artiste qui vient de sortir un album, ou celui qui a sorti quelques titres et qui a l'air pas mal... Il n'y a pas que les têtes d'affiche.

Ce sera la 20e édition en 2021. J’imagine que ça donne de l’espoir, des envies... d’imaginer ce que pourraient être Les Nuits Secrètes d’après ?

Oui, on commence à être dans des moments où il y a tout le temps des anniversaires vu qu'on a fêté nos 18 ans (Rires) C'est vrai que c'est le bel âge d'avoir 20 ans pour une personne. Pour un festival, c'est un peu différent en terme de maturation, mais je serai tenté de dire que tout est possible quand on a 20 ans. On essaiera donc de retenir ça comme maxime de départ. On est dans une période où on a besoin de se réinventer avec toute cette vigilance qu'il faut avoir, ces contraintes... La question est quel est le sens de tout ça, et qu'est-ce qu'on a envie de vivre ensemble dans ce genre d'événements. C'est très intéressant et nous, on se la pose régulièrement car c'est dans notre format de faire toujours les choses un peu différemment avec par exemple les parcours secrets, les tarifs moins chers qu'ailleurs...

Direction les parcours secrets - © Caroline Coolen

Est-ce que le fait que la Bonne Aventure soit un festival plus récent fragilise son avenir ?

Pas forcément puisqu'on imagine un report, il y a une volonté de la Communauté Urbaine de Dunkerque et du Maire de Dunkerque d'imaginer avec nous cette fête à l'automne. Une sorte d'été indien sur le front de mer de Dunkerque. Il y a de l'ambition commune, du soutien, donc ce n'est pas mis en danger. Nos projets sont toujours des festivals où il y a des rencontres humaines importantes qui les déclenchent. Et c'est vrai que chez nous, les Maires ont une place importante dans le projet. C'est important car ils nous donnent quelque part les clés de la ville pendant tout un week-end pour en faire un lieu d'utopie.

Vous travaillez sur un report de la Bonne Aventure les 26 et 27 septembre. Quels sont vos craintes et vos espoirs pour l’instant ?

On a un nouveau festival à inventer à Dunkerque. On repart sur une hypothèse de report pour la fin septembre. On se pose aussi plein de questions. Ce n'est pas sûr que ça se fasse mais on travaille avec l'équipe sur une version distanciée. C'est une période où on imagine, on réfléchit en fonction des contraintes qui nous sont imposées. On découvre les contraintes sanitaires au fur et à mesure des journées. On est très vigilants sur la situation sanitaire nordiste, française, européenne et même mondiale. On a des artistes qui viennent des quatre coins du monde souvent. Ça pose donc des vraies questions. Et en plus de tout ça, quel est le sens de la fête ? On a tous envie à un moment de se retrouver, de vivre des émotions collectives. C'est un peu mon mot d'ordre au niveau des équipes et des ambitions qu'on pourrait avoir dans les mois qui viennent. Provoquer des espaces d'émotions, de sensations... où on vit du collectif. C'est un peu le sens des festivals : on y va pour être en bande, pour s'amuser entre potes, pour rencontrer des gens, pour découvrir de nouveaux artistes, boire des nouvelles bières, manger des nouveautés... On va souvent dans les festivals le nez un peu en l'air, un peu désinhibé, ouvert d'esprit, prêt à la rencontre... Les festivals sont des lieux extraordinaires de rencontres artistiques, humaines... On va donc essayer de garder ça dans notre ADN de départ pour imaginer les prochaines fêtes !

ou choisissez un nom
* Pour prouver que vous n'êtes pas un robot, recopiez le code ci-dessous Anti-Spam Image
  1. gwen

    Ce festival est devenu une pompe à fric, il n'a plus aucune âme. Ce directeur est régulièrement dénoncé pour ses abus sur de jeunes femmes bénévoles. Une horreur qui dévore et gaspille les ressources locales sans participation au développement de son territoire.

Revenir au Mag Interviews
À lire aussi
154 queries in 0,522 seconds.