Polyandres

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Polyandres Style : Folk et frimas Sortie : 03/03/2017

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Polyandres ou, littéralement, plusieurs hommes. Influences ? Other lives, Agnes Obel, Radiohead. C'est ainsi que le duo se présente, en ajoutant, c'est une guitare, un violon, une voix depuis... 2016. On a écouté ça, vraiment, intensément, parce que la tête de ce duo nous disait quelque chose. Maxime, au violon, ce ne serait pas l'un des Maxime de Vailloline ? François, aux guitares et aux voix, on l'aurait pas déjà vu  aux côtés de Tim Fromont-Placenti ?

Flûte, un spin-off musical ? Le genre s'appréhende avec difficulté... alors on y allait de tas de théories savantes, enfumées, fumeuses, embrumées et cérébrales. La voix d'un petit bonhomme de sept ans, critique à ses heures pour Lille La Nuit en compagnie de sa sœur jumelle quand il s'agit d'album "pour les enfants mais pas que" a mis tout le monde d'accord. Ils attendent de pied ferme les Biskotos à l'Escapade d'Hénin Beaumont ce samedi 10 décembre.

On écoutait le nouvel album des Stones, oui, les Rolling Stones, les England newest hit makers de 1964, on se disait que quand même ils savaient jouer le blues, que ça sonnait comme le disque de Muddy Waters là, ce grain, cette caisse claire particulière, sur Hard again. Le petit bonhomme n'était pas très convaincu... La platine enchaîne et au bout de quelques notes brumeuses, hivernales, sorties d'un givre doux, le petit critique se lève et balance : "Ça, par contre, c'est vraiment bien." This is not an event, résonnait. Polyandres. On peut en rester là, tant le disque est fait pour nous parler, entrer en contact avec nous, doucement, avec précautions. Trois titres en tutoiement poudreux comme une neige encore indécise.

Une voix lointaine, fondue dans le mix, en vraie partie vocale, utilisée comme les autres instruments et accompagnée d'accords clairs. Pas de percussion traditionnelle, pas d'appuis rythmiques à quatre temps. C'est formellement audacieux tout en gardant une très grande lisibilité. Complexe mais pas compliqué : on n'a qu'à se laisser faire et emporter par les volutes orchestrées, ce fourmillement d'idées. A chaque fois qu'on attend une relance sur caisse claire, c'est un autre instrument qui prend le travail à son compte, le violon tendu et insistant de Lack of faith par exemple, tour à tour motif rythmique puis partie intégrante de la mélodie. Un folk, dans l'esprit, d'une retenue et d'une économie très savantes. Loin du folk à la guitare parfois trop sèche, l'agencement est extrêmement abouti. Pour le coup, ça refuse rageusement de frimer : Maxime tisse ses motifs au large, en contrepoint permanent des interventions de François et c'est magnifique. L'équilibre est remarquable entre les voix. Entre douceur et douleur à la Verlaine, on ne sait pas très bien où on est et ça nous laisse beaucoup de place pour investir les morceaux de notre émotion personnelle. Le violon ne blesse personne d'une langueur monotone mais tisse et raconte, conteur inlassable. Sacrée promesse. Ils présenteront ça officiellement le 3 mars. Cet album de glace et de feu sera parfait à ce moment là. Winter is coming.

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