Arman Méliès nous emmène faire un tour dans le « Laurel Canyon »

Arman Méliès nous emmène faire un tour dans le « Laurel Canyon »

Arman Méliès Laurel Canyon Style : Chanson Française Sortie : 26/02/2021

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Tenter de faire une synthèse d'un esprit aussi créatif et en perpétuel mouvement que celui d'Arman Méliès relève presque du défi. Véritable acrobate des mots, toujours sur un fil mais sans jamais trébucher, le Parisien nous propose une nouvelle fois une ambiance des plus originales au travers de ce "Laurel Canyon". Touche finale de sa trilogie américaine (précédée de deux opus instrumentaux), Méliès nous propose sa vision de l'Ouest Américain, entre pureté de la folk et inquiétude des terres arides.

Arman Méliès, un esprit torturé sans jamais tomber dans le pathos

Dans cet album, on traverse plutôt ces grandes étendues de nuit, avec certes la crainte de croiser un coyote mais en ayant cependant le privilège d'admirer les étoiles et la Lune si chère à son homonyme.

Le ton est donné avec Avalon et ces quelques mots comme une supplique : "nous voulons la vie en mieux". Arman Méliès, c'est avant tout un esprit torturé mais sans jamais tomber dans le pathos, dénominateur commun de sa discographie.

Que ce soit avec les bien-nommées Météores ou Modesta, on est en plein dans l'escapade nocturne ; "un frisson nous attend" dit le poète... et c'est fort juste. Après le soleil, la lune, il est bien normal que le personnage "escalade la nuit Majuscule" et habite ce thème astral, véritable fil conducteur de cet opus. Des étoiles au Ciel, il n'y a qu'un pas qu'Arman Méliès franchit allégrement en donnant un côté presque mystique à cette œuvre, rien que par ses références.

UN MESSAGE FRANC ET DIRECT

Alors que Météores pourrait nous inviter à nous remémorer l'adage "Tu es né poussière et tu redeviendras poussière", la Soif fait frontalement référence à Dieu et à Job. On tombe alors dans le christique, et l'on imagine aisément le voyageur tel un pèlerin se disant "Cent fois j'ai chanté, cent fois Dieu ne m'entend pas".

Côté son, on retrouve ici ou là des ambiances chères à la période Casino, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Cette fois, les synthétiseurs se mettent davantage en retrait pour laisser parler les guitares notamment sèches, offrant ainsi un message franc et direct.

Le temps de l'entracte Amor Drive et l'on reprend le voyage pédestre en plein Far West. Il faut désormais dompter "un soleil domestique" avant de s'immiscer dans La Mélée. Cette dernière nous emmène "là sur la pente", lieu où tout peut basculer, entre l'envie et l'ennui, mais plus que jamais accompagné d'une toile de fond qu'on imagine emplie d'un crépuscule apaisant.

UN VOYAGE ONIRIQUE AUX ALLURES DE CHEMIN INTROSPECTIF

Encore quelques pas et le canyon s'offre devant nous. Cette fois, plus de doutes, nous voici arrivés à destination. Adieu la soif et les vibrations du banjo, l'Homme est seul face aux éléments. Le titre éponyme nous replonge dès lors dans le spleen du poète dont une nature leste reste livrée à elle-même.
Soleil, pluie, lumière, nuit : les éléments sont les seuls compagnons fidèles de ce voyage onirique aux allures de chemin introspectif.

"La vie est trop courte pour qu'elle soit petite" nous dit la chanson, alors méditons là-dessus, qui plus est grâce à ce final de guitares et cymbales, mêlées aux râles de l'artiste et ayant tout d'une incantation. Enfin, Vise le cœur semble plus apaisé, comme si le chanteur avait trouvé réponse à ses questions et dont on retiendra surtout qu' "il faut aimer pour deux".

Que dire alors face à ce que l'on qualifiera aisément d'œuvre d'Art ? On sort un peu groggy de ces 40 minutes, secoués par un album aussi complexe que l'est l'homme mais néanmoins accessible pour celui qui aime se laisser emporter par une poésie qui ne lui est pas familière. L'on pourrait conclure en disant que désormais "plus rien ne s'oppose à la nuit" (clin d'œil à un artiste cher au Parisien)...Alors si l'envie vous prend de vous perdre dans cette pénombre si subtile, courez suivre le guide Méliès, il vous apportera la Lumière.

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