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Abbygail prend le « Gun Control »

Abbygail prend le « Gun Control »

Abbygail Gun Control Style : Hard Rock Sortie : 27/09/2019

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Abbygail, c’est avant tout une bande de potes et cela se ressent dans leur son à travers un hard rock franc et massif et une énergie communicative. Fondé en 2010, le quintet nordiste a fait du chemin depuis deux ans et la sortie du remarquable et remarqué Electric Lady, écumant les diverses salles des Hauts de France et de Navarre. L’accueil très chaleureux reçu au Raismes Fest témoignant d’ailleurs qu’à l’avenir il faudrait compter avec ces cinq-là.

Un goût toujours aussi affirmé pour la Gibson SG

C’est dire si, tel un enfant le matin de Noël, nous guettions le postier qui nous apporterait la divine galette afin de découvrir si ce Gun Control allait être aussi chargé en intensité que son prédécesseur.

On ouvre ainsi les hostilités avec Nordman qui ici ne fait pas de vidéos (…) mais fait bien état de son goût toujours aussi affirmé pour la Gibson SG. Ce qu’Abbygail apprécie dans son rock très 70s c’est de laisser des petits moments pour que chaque musicien puisse s’exprimer. Sentiment matérialisé sur un titre tel que You Lost Your Shoe qui malgré des intonations hetfieldiennes ne parvient pas totalement à nous emporter. Il est vrai que nous concernant quand il s’agit de hard rock l'on s’attend avant tout à quelque chose de brut, sans fioritures.

Quand on vous parlait de grattes furieuses cela se confirme dès le titre éponyme servant en sus de premier single et pour le coup une franche réussite. Les puristes retrouveront ici ou là quelques inspirations du côté du Jailbreak d’ACDC et ce pour notre plus grand plaisir. Assurément le pendant de ce titre reste Headbanger, nous faisant rapidement remuer la tête comme le cabot en plastique sur la plage arrière. C’est le retour du Hard Rock à l’ancienne dont on ne se lassera jamais, It’s All Good (comme le dit si justement ce refrain accrocheur et le délicieux petit riff de Guillaume Rue qui fait toute la différence). On sent ici Bertrand Roussel très à l’aise et nous voilà rassurés quant à un possible stress du deuxième album souvent le plus difficile quand il se doit d’être celui de la confirmation.

Un album habité par les fantômes de Bon Scott et Led Zeppelin

Vous nous direz que nous voyons le fantôme de Bon Scott partout mais force est de constater que ce I Feel So Bad traîne ses basques entre Ride On et The Jack. Blues lancinant subtilement servi par Luke Debruyne et qui nous convainc davantage que Scum dont on aurait apprécié peut-être un peu plus de punch sur certaines séquences. Il est certain qu’il n’y a rien de particulièrement novateur là-dedans mais il n’est pas toujours facile de revisiter à sa sauce les bonnes recettes et ici c’est plutôt bien fait.

Avec Head In The Sand, nous voilà instantanément plongés dans le spiritisme habité des débuts de Deep Purple ou Led Zeppelin. Aussi voluptueux qu’une incantation chamanique, ces 3 minutes 30 incarnent tout ce qui a fait le sel du premier opus. Rythmes très travaillés, tonalité efficace, chant tiré au cordeau : certainement la pièce maîtresse de l’opus.

Un Big Bad Wolf d’un côté, un Black Cat de l’autre et on se prend à imaginer une collaboration entre Abbygail et leur cousin canadien Danko Jones. L’atmosphère qui découle de ce titre nous envoie en effet ce shot d’adrénaline qui dépote, bien aidé en cela par la basse de Pascal Roszyk.

Gun Control, un essai quasiment transformé

La fin de l’album s’essouffle un peu avec un trio de titres certes efficaces mais parfois un peu trop similaires dans leur construction. On aurait apprécié par exemple échanger l’un d’entre eux pour une sublime ballade façon Something Wrong in Your Head. A noter malgré tout l’application à la batterie d’Anthony Deron.

En cette période de Coupe du Monde de rugby on peut au final affirmer que Gun Control représente un essai quasiment transformé. Alors oui tout n’est pas parfait, certains reprocheront par endroits un manque de folie mais ce qui est sûr c’est que ce n’est pas ici un album vite fagoté à la manière des derniers opus de la bande à Angus. On sent que les gars ont le goût du travail bien fait, ont tenté de se renouveler avec parfois des maladresses mais qui ont le mérite d’exister et de souligner leur volonté de sortir de leur zone de confort.

Une production qui ne cassera peut-être pas la baraque mais qui assurément fera headbanger les amateurs du genre pourquoi pas du côté d’Ennetières lors de la release party du 27 septembre ou de Mouscron le 15 novembre prochain. On y sera !

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