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White Dog de Latifa Laâbissi au Vivat

White Dog de Latifa Laâbissi au Vivat

Le Vivat d’Armentières accueille le spectacle White Dog de Latifa Laâbissi vendredi 24 janvier 2020. Dans son travail, la chorégraphe est animée par les questions d’identités, par notre sujétion aux signes et aux symboles, par la façon dont notre société nous domine. Elle porte un grand intérêt pour la marginalité. Le titre de la pièce est inspirée du roman de Romain Gary, Chien Blanc, dans lequel un chien dressé pour des attaques racistes sera abandonné puis adopté et éduqué par un maître noir. Artiste parfois contestée, notamment pour sa performance Self Portrait Camouflage présentée au MoMA de New York en janvier 2017, Latifa Laâbissi interroge autant la forme que le fond et ne laisse pas le spectateur indifférent à son travail.

"White Dog", une danse de la désobéissance

Lorsque le spectacle débute, le public est époustouflé par la scénographie. Le décor est une forêt d’un tout autre monde : les arbres sculpturaux sont entourés de lianes fluorescentes et sur le plateau, il y a des tas de nœuds de ces mêmes lianes. C’est dans cet environnement totalement fictionnel que vont évoluer les quatre interprètes de la chorégraphie : Latifa Laâbissi, Jessica Batut, Volmir Cordeiro et Sophiatou Kossoko. Au début de la pièce, assis en cercle, sans se préoccuper du public, ils sont concentrés à défaire les nœuds et à créer des coiffes avec les lianes qui constituent un véritable matériau à modeler. Ils incarnent des personnages à la lisière de l’animalité et de l’humanité, proches de l’enfermement, de l'introversion et de la régression primitive. Néanmoins ces personnages sont civilisés car il semblerait qu’ils aient des codes, des signes, des symboles, des racines et des rites bien à eux qui empêchent leur monde de basculer dans un chaos.

Latifa Laâbissi interroge notre propre civilisation, notre identité. Elle amène le spectateur à ouvrir son imaginaire, à réfléchir sur sa propre dépendance aux signes. La danse s’affranchit de toutes conventions et est interprétée par des artistes tous très singuliers. Elle est d’abord animale et solitaire, puis évolue vers une danse collective. Le spectacle n’est pas construit par un récit logique, ni par une structure chorégraphique véritable car ça n’est pas l’objectif de la chorégraphe, ainsi la forme et le fond correspondent totalement à son projet. Toutefois il y a parfois quelques longueurs dans le spectacle, et certains passages peuvent paraître hermétiques.

White Dog, une danse de la désobéissance, une performance qui encourage une émancipation des corps, une libération de ce que nous impose nos codes sociaux et sociétaux. Une danse qui nous pose cette question fondamentale : comment vivre dans une société sans y être complètement assujettie ?

Le teaser du spectacle

Spectacle au Vivat d'Armentières
Vendredi 24 janvier 2020 à 20h
Durée : 1h

Vu le 12 octobre 2019 au Centre Pompidou à Paris.

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