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Rover + Bel Plaine au Splendid de Lille

Alors qu'il règne une ambiance quelque peu électrique, les Bel Plaine arrivent sur scène, telle une invitation au voyage. Echanges et partie maîtrisés, le duo a visiblement l'habitude de la scène, même s'il propose seulement un premier single, Lifeboat, représentant d'un premier album à sortir en juin.

Les deux compères ont tourné avec Rover sur plusieurs dates et leur bonne humeur est plaisante, alors qu'on dodeline doucement sur de plutôt bons morceaux, de quoi patienter sans s'ennuyer une seconde. Nous avons donc ce soir deux excellents concerts au programme.

Dire que Rover s'est amélioré sur scène serait bien en dessous de la vérité. Timothée Régnier, l'homme derrière le pseudonyme, n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai en présentant son premier album, ayant fait partie d'autres projets auparavant, ayant traîné ses valises et sa musique comme expatrié, et enfin de retour en Bretagne pour mieux rebondir avec un premier album éponyme de son nouveau nom de scène. Si l'album était une splendeur, telle fut également sa première tournée sous le nom de Rover. Quelque deux cents dates pour mieux explorer les tréfonds des chansons, les retravailler, les présenter autrement, se montrer audacieux à travers des concerts minimalistes presque casse-gueule en piano-voix, plus crooner et rock le lendemain en sortant les guitares, arpentant les petites et moyennes salles de France et de Navarre. Si cette expérience scénique a profité au magnifique deuxième album, Let It Glow, sorti fin 2015, comme nous l'expliquait lui-même Rover, c'est évidemment sur scène que l'expérience est la mieux mise en lumière. Ne serait-ce que par une fausse nonchalance encore mieux maîtrisée, cette nouvelle confiance enrobée d'élégance qui tranche avec le spectacle qu'avait offert Rover deux ans auparavant dans ce même Splendid de Lille. "Lille avait terminé la tournée", rappelle Rover, "et on la commence presque ici". Et de manière impressionnante. C'était pourtant déjà très loin d'être mauvais, et le public l'avait accueilli de manière triomphante. Cette fois, après Along et Odyssey, on trouve l'un des premiers extraits de l'album, Call My Name, maîtrisé, sublime.

Difficile de ne pas être dithyrambique en évoquant ce concert, qui démarre on ne peut mieux. Déjà conquis, le public est à nouveau au rendez-vous, très bruyant, chaleureux, et en face de tant de fièvre Rover se permet rapidement de plaisanter, son assurance faisant plaisir à voir. Il joue Remember et lance à la foule, taquin : "On va jouer un vieux standard des années vingt." Pas dupe, le public, et, maîtrisant les références du maître de cérémonie, un jeune homme lance de la fosse : "Ziggy Stardust ?!" Et Rover de répondre : "Mieux" en souriant avant de démarrer le désormais classique Aqualast. Précisons puisque nous ne l'avons pas encore fait : Rover n'est pas seul sur scène, accompagné par le même batteur qu'aux épisodes précédents, Arnaud Gavini, et de deux nouveaux musiciens. Force est de constater que la chimie prend bien, notamment sur les basses (merci Didier Perrin) et l'harmonie générale. Autre splendeur du deuxième album, HCYD suit, délicate, avant que Rover ne rompe le moment par une explication sur l'origine du titre Trugar : "C'est un nom breton, il faut imaginer ce que ça veut dire". "On est dans le Nord-Pas-de-Calais", lance quelqu'un pour plaisanter. "Y'a Alain Gillot-Pétré qui m'énerve", répond le musicien, goguenard, "Ils me mettent la pression, à gauche !". Rover sort ensuite une des cartes maîtresses de Let It Glow, Some Needs, l'émotion étant presque palpable, la magie opérant immédiatement grâce à des arrangements délirants de finesse et de beauté.

Un peu secoué par cette merveille, le public participe un peu plus sur Queen of the Fools et Champagne. La première partie du concert semble passer à la vitesse de l'éclair. Full Of Grace se voit agrémenter d'une petite cover partielle de Heroes et d'un presque discret extrait du Blackstar de Bowie, hommage nécessaire, avant un long passage instrumental, Rover passant aux claviers, transition vers le psychédélique In The End. Vous avez dit magie ? On danse et on crie encore un peu sur Tonight, avant de se rendre compte qu'on a atteint l'entracte. Trois chansons et puis s'en vont. Pour mieux revenir, ce qui n'était pas prévu, sur une reprise dans la bonne humeur, de Dancing With Myself de Billy Idol. La tournée n'est pas finie, on repart quand ?

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