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Dynamite Shakers + Jools à l’Aéronef

Même si l'urbain inonde les ondes et les charts depuis maintenant plusieurs années, non le Rock n'a pas dit son dernier mot. Et ce type de soirées organisées à l'Aéronef avec Dynamite Shakers et Jools est là pour nous le rappeler. Nous avions ainsi rendez-vous ce samedi 25 avril soir du côté du Temple des Musiques Actuelles pour un prêche Rock'N'Roll qui rendrait plus d'un ultra-dévôt. C'est d'ailleurs sûrement le baptême du feu pour les plus jeunes de nos ouailles, le public du soir étant étonnement très familial (tout n'est donc pas perdu).

Jools, un show Rock sorti du plus profond de leurs tripes

Au premier rang de la Nef en format club pour l'occasion, nous ne perdons pas une miette de l'arrivée tonitruante de Jools et de son charismatique leader vocal Mitch Gordon. Chemise à jabot sur moustache gauloise, le chanteur ne cessera pendant toute la durée du set de nous faire penser à une réincarnation de Jim Morrison version punk. Jouant ici avec un photographe, embrassant là un smartphone ou arpentant frénétiquement la petite scène du club tel un lion en cage, rien à dire le charisme du gars en impose.

Pas en reste, Kate, son homologue au micro scintillant, affiche un regard possédé comme habité chaque soir d'une Mission : déverser un flot punk-rock sans laisser de côté l'émotion. Car c'est cette même émotion qui envahit la demoiselle lorsqu'elle évoque par exemple les violences faites aux femmes, vociférant son titre les larmes aux yeux et se cognant régulièrement le micro sur le coeur. C'est là toute la force de Jools, réussir dans la furie d'un show Rock à faire passer des messages sortis du plus profond de leurs tripes. Et le public en redemande.

Ces 40 minutes nous auront donné le sentiment d'être passés en dix, tant nous aurons été happés dès le début, comme si Mitch nous prenait par le colbac en nous disant "Maintenant tu restes avec nous". Le temps d'un petit bain de foule en fosse de Kate, qu'il est déjà temps de céder la place à nos compatriotes du soir.

Dynamite Shakers, une énergie dans le plus pur style garage

Car malgré le nom, les Dynamite Shakers sont bien issus de nos chères contrées et plus précisément de Vendée, terre que l'on imaginait par forcément aussi musicalement inspirée. Dans le plus pur style garage, le quatuor tricolore va nous envoyer avec énergie au visage plusieurs titres en anglais issus du premier album mais aussi une flopée de nouvelles compos dans la langue de Molière, prévus pour l'album d'août prochain.

Outre la vitalité du groupe, un mot spécial sur le guitariste Calvin, qui armé de sa Wizard nous aura tel un magicien subjugué par ses facéties et sa dégaine de Jimmy Page des Temps Modernes option chemise de soie. Ce soir on l'a compris il y a de la belle sape, mais surtout énormément de talent. Elouan et Lila-Rose, respectivement à la guitare et à la basse, se passent régulièrement la balle au chant, donnant vraiment un style unique aux productions du groupe.

Pas de doutes, Dynamite Shakers ça secoue...à tel point que survolté, François le batteur en vient à perdre un moment sa Charley, bien vite remise en place non sans une certaine hilarité du public. Soyons francs, ce soir c'est surtout la curiosité qui nous a poussé à écarter les portes de l'Aéronef mais les quelques singles récemment sortis nous confirment dans leur version live que nous avons fait le bon choix. Citons en exemples phare Casino, Cinéma ou un peu plus tard (forcément) un Nightclub qui a tout du hit en puissance.

Les Dynamite Shakers font exploser l'Aéronef

Étonnamment sage, on sent que le public apprécie sincèrement le show mais attendra les derniers titres du set pour réellement allumer la mèche. Avec Juste pour toi, les Dynamite font exploser la fosse, nous rappelant les ambiances délurées de feu-El Diablo, petit bar réputé pour quelques sets d'anthologie hélas aujourd'hui disparu. A l'image de l'hirondelle gravée sur le bras de la bassiste, il est évident que ce groupe est habité par l'esprit Rock et s'ils continuent sur cette intensité, on peut leur prédire un très bel avenir.

Après deux rappels où là aussi tous les âges jouent des épaules dans un pogo démentiel, certains tirent littéralement leur chapeau, d'autres leurs...chaussures (on a même vu une paire de lunettes finir façon Picasso) pour saluer la performance de ces 4-là.

Bref, voilà clairement une de ces soirées que l'on oubliera pas de sitôt et qui nous fait dire, qu'heureusement, "Rock'N'Roll is not dead".

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