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La Petite Histoire, une adaptation moderne de l’histoire de Roméo et Juliette

La Petite Histoire, une adaptation moderne de l’histoire de Roméo et Juliette

Toujours à la recherche des endroits les plus sympathiques de la région, LillelaNuit a déniché un endroit chaleureux où vous pourrez voir des spectacles originaux. Difficile à repérer, comme un endroit secret voire mystérieux, (pas de pancarte), l’entrée ouvre pourtant sur un théâtre spacieux. Le théâtre La Manivelle de Wasquehal est une compagnie professionnelle, qui crée des spectacles à l’attention des jeunes publics et de tous. Nous avons pu assister à la pièce La petite histoire, d’Eugène Durif qui en a pourtant tout d’une grande.

LA PETITE HISTOIRE, une adaptation moderne de l’histoire de Roméo et Juliette

Il s’agit d’une adaptation moderne de l’histoire de Roméo et Juliette. Les parents des amoureux, comme une malédiction, raconte toujours et encore, 400 ans plus tard, l’histoire de leurs enfants avec regrets et amertume, entre culpabilité et amour incommensurable.

Avec finesse, dynamisme, jonglage entre les personnages joués par deux acteurs, nous avons adoré autant la pièce, le jeu d’acteurs que la mise en scène audacieuse.

Nous vous invitons à revivre ce drame célèbre shakespearien, car vous vous attacherez très vite à tous les personnages interprétés et incarnés avec brio. Une très belle soirée émouvante assurée.

Quelques questions à la metteuse en scène et aux acteurs

Nous avons eu la chance de rencontrer la metteuse en scène ainsi que les deux acteurs qui nous ont encore plus donné envie de revoir la pièce, à la lumière de leurs explications.

Quelles sont vos inspirations pour votre mise en scène ? 

Florence Bisiaux, metteuse en scène : D’un point de vue plastique, il y a un opéra qui a été fait par un metteur en scène plasticien Clément Cogitore, Les Indes Galantes. Une mise en scène très moderne avec beaucoup de présence des comédiens d’abord et un mélange d’effets lumières moderne et de scéno ancienne tout le temps, tout le temps, tout le temps. Des danseurs de Krump et même des chanteuses lyriques. C’est une grande inspiration pour moi car je trouvais ça génial de reprendre un classique de cette manière en mettant d’abord les comédiens avec leur sensibilité et des jeux de lumière. Tout ça m’a beaucoup inspiré. Et un autre, le plasticien Christian Boltanski qui travaille beaucoup sur le souvenir et qui a fait des voilages avec des regards. Il a fait une pièce entière qui s’appelle les regards, la salle des regards je crois. Ça m’avait beaucoup marqué, alors je l’ai repris d’une certaine manière, car ce n’est pas fait tout à fait comme ça dans ses expos, c’est une inspiration. Il vient de nous quitter. C’est quelque chose de très sensible sur le souvenir. Ce sont les deux références très fortes pour moi dans la mise en scène.

Est-ce que ça a été difficile pour vous de remplir l’espace tout en étant minimaliste ? Vous arrivez en effet à remplir tout l’espace avec seulement 2 acteurs !

F.B : Ce n’est pas vraiment difficile. Tu as des images qui te viennent et tu te dis… (elle cherche) Par exemple, quand les acteurs sont derrière le voile dans la cage pour faire la scène d’adieu, c’est une image très forte. C’est dans un coin de la scène. Mais la scène elle-même remplit tout. La lumière oriente cet espace. Il y a un moment où la lumière ferme cet espace. Tout n’est pas tout le temps éclairé. La création de lumière est très importante sur ce passage. Par exemple, sur l’entrée de la mère il y a des loupiotes, quand elle écoute son fils, elle est juste un jardin dans un coin et cette lumière va délimiter l’espace. Le son, la musique aussi remplit l’espace. Des images symboliques aussi, beaucoup de ferraille, de mouvements et des objets scénographiques lumineux qui accompagnent les acteurs.

Cette pièce en particulier n’est pas si éprouvante physiquement, mais on a bien chaud. Ça bouge, mais c’est très agréable à jouer. On monte sur les cubes, on danse, on court, comme on est que deux pour faire tous les personnages, il faut bouger pour donner du sens. Florence nous a emmenés là-dedans, dans le mouvement, avec justesse.

Olivier Brabant dans le rôle de Roméo et Capulet entre autres

Est-ce que vous pensiez vous exprimer autant par le corps en étant sur scène ?

Séverine Ragaigne dans le rôle de Juliette et Montaigu entre autres : A mes débuts, je savais que j’allais beaucoup m’exprimer par le corps parce que j’ai un parcours GRS, avec des rubans, ballons, cerceaux. Mes bases de danse et d’acrobatie viennent de là. J’ai toujours marié la danse, et le théâtre, le corps et le texte.

Olivier Brabant dans le rôle de Roméo et Capulet entre autres : Au départ, on ne sait pas trop comment on va faire ce métier. C’est vrai que moi je suis plutôt dans le physique naturellement, mais avec le temps, mais aussi l’âge (tout le monde rit), on en fait peut-être moins physiquement ! Après ça dépend le spectacle, les rencontres, l’aventure et comment on aborde les projets. Certains metteurs en scène adorent que ça bouge, que ça aille dans tous les sens, il y en a d’autres qui ont besoin d’être là, simplement, avec les mots. Ça dépend donc vraiment de la mise en scène et de la direction d’acteurs. Cette pièce en particulier n’est pas si éprouvante physiquement, mais on a bien chaud. Ça bouge, mais c’est très agréable à jouer. On monte sur les cubes, on danse, on court, comme on est que deux pour faire tous les personnages, il faut bouger pour donner du sens. Florence nous a emmenés là-dedans, dans le mouvement, avec justesse.

La mise en scène est assez chorégraphiée, éprouvante !

S.R : C’est surtout fatiguant quand on la joue deux fois le même jour ! Quand j’ai un texte, la partition chez moi débute par le corps. J’ai besoin de trouver un corps au personnage. Ici dans la Petite histoire, il y en a plusieurs… Et là, il fallait trouver un fil conducteur sur toute la pièce.

Les mots viennent quand le corps est juste.

C’est tellement important d‘avoir un beau texte. Tout n’est pas gagné quand on a un beau texte dans les mains, il y a tout le travail à faire derrière mais ça donne tellement envie.

Séverine Ragaigne dans le rôle de Juliette et Montaigu entre autres

Est-ce que ça a été difficile de jouer l’être aimé et le bourreau ?

S.R : NON ! (Elle s’indigne) Non, c’est super.

O.B : Là, c’est ce qui est super excitant ! En plus, pouvoir jouer Roméo à mon âge (on rit), c’est super d’avoir cette occasion ! Après le père est un bourreau, oui, mais c’est surtout un père avec trop d’amour en fait. Il n’arrive pas à la lâcher. C’est plaisant en tous cas de passer d’un rôle à l’autre.

Et quel rôle vous préférez ?

S.R : Je les aime bien tous. Mais ceux pour lesquels j’ai le plus de tendresse, ce sont les amoureux. C’est une très belle partition, un beau rôle. Olivier comme moi, on est super content. C’est tellement important d‘avoir un beau texte. Tout n’est pas gagné quand on a un beau texte dans les mains, il y a tout le travail à faire derrière mais ça donne tellement envie.

O. B : Moi je ne préfère pas un rôle en particulier, ce sont surtout des moments dans la pièce. Par exemple, jouer le père qui est en colère et qui s’en veut aussi de ce qu’il a fait, et le père 400 ans après, sentiment de culpabilité, ses regrets. Traverser le personnage du père, c’est très intéressant. Et puis jouer Roméo dans cette très belle histoire d’amour, qui est terrible. L’amour jusqu’à la mort, parce que c’est le mieux qu’on puisse faire, c’est tellement une belle preuve d’amour.

On vous recommande totalement le lieu, un joli théâtre de l’Espace culturel Gérard Philippe, avec d’autres chouettes spectacles en vue, mais aussi d’aller voir cette pièce qui se joue ailleurs :
- Le 5 mai 2022 au Moulin à café de Saint Omer, dans le cadre des Shakespeare Days
- Le 12 mai 2022 : extrait du monologue de Juliette lors d’un colloque autour des personnages féminins chez Shakespeare
- Le 21 mai 2022 au Théâtre Elisabéthain d'Hardelot dans le cadre des Shakespeare Nights

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