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Les Lillois de Tapeworms racontent leur nouvel EP « Everything will be fine »

Les Lillois de Tapeworms racontent leur nouvel EP « Everything will be fine »

Tapeworms Everything will be fine - Release Party Style : Rock / Noisy Pop Date de l’événement : 14/02/2018

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Tapeworms vient de sortir son deuxième EP "Everything will be fine", à coup de guitares cinglantes, fines mélodies et de samples de leur four défectueux. Un EP riche, emprunt de mélancolie et de bruit. Chez Tapeworms, on affectionne autant la disto que la mayo, et après une bonne frite à l'Aspendos, on s'est posé dans le QG des Lillois pour discuter sur un fond de musique electronica.

Les protagonistes de Tapeworms : Margot (basse, chant) et les frères Poyer, Théo (guitare, chant) et Eliott (Batterie).

Tapeworms, ça veut dire ver solitaire en anglais. Pourquoi ce nom, suite à une mauvaise soirée à l’Aspendos ? Ou plutôt en référence à un side project de Nine Inch Nails ?

Margot : Eh bien non, on l’a découvert après !

Théo : En plus, ils disent qu’il y a un side project, mais ils n’ont jamais rien sorti.

Margot : En fait, Tapeworms part d’une blague avec une copine de fac. Je lui disais qu’on allait voir Hookworms avec Théo, on a tapé sur google pour lui montrer et on est tombé que sur des photos horribles. Ensuite, on a cherché comment dire “Ver solitaire” en anglais, et comme on cherchait un nom pour le groupe avec le jeu de mot, on trouvait ça super. Théo en a fait un dessin super cool, qui est maintenant ancré dans la peau d’Eliott  ! (un ver qui sort d’une cassette)

Et le point de départ du groupe, c’est quoi ? Théo, tu jouais déjà dans un groupe avant ?

Eliott : Oui et Théo et moi, on a toujours joué à deux. On jouait déjà ensemble dans un groupe de garage avant, Lovelace.

Théo : Et après, je me suis rendu compte que Margot jouait de la basse, très longtemps après l’avoir rencontrée parce qu’il y avait une basse qui traînait dans sa chambre, qu’elle n’avait jamais sortie. Étant à la batterie dans mon ancien groupe, j’avais plein de trucs à la gratte qui traînaient, que j’avais envie de sortir. Donc on a commencé à bosser à deux à l’appart, avec une boite à rythme en ligne connectée en free wifi qui ralentissait à fond, c’était l’enfer. Et donc on avait besoin d’un vrai batteur. Eliott était encore au lycée, quand on rentrait le weekend on jouait dans le grenier de notre grand-mère. C’est devenu notre salle de répète.

Donc la trame du projet était fixée via tes compos ? L’empreinte noisy pop était déjà là ?

Théo : Ouais ça s’est fait naturellement.

Margot : On a du se caler sur tes compos. Théo savait déjà ce qu’il voulait plus ou moins, mais Eliott avait aussi déjà son style, ses références.

Théo : Eliott a une façon de jouer déjà très grunge, et aussi inspirée par le hip-hop. Et ce son s’est donc créé sans qu’on y réfléchisse trop.

Margot : Et après chacun a eu son mot à dire. Ça nous a rendu plus libre dans les expérimentations, la maîtrise des logiciels.

Eliott : On s’approprie plus facilement les nouveaux morceaux. Le fait qu’on soit à 3 dans la création, ça nous rend plus fiers. On ne fait pas que le jouer, on l’a aussi créé. On a tous ce noyau noise, très rock et on apporte nos influences, un petit tout qui est rigolo.

Théo : Oui, on apporte chacun des choses différentes via nos instruments mais aussi par les idées. Eliott avec sa façon de jouer inspirée un peu du hip-hop, Margot avec des envies lo-fi, des sons un peu crades. Mais on ne s’est pas posé de questions sur notre style, en tout cas pour le 1er EP.

Et donc on peut parler des différences avec le 2ème EP “Everything will be fine” ?

Eliott : Le deuxième EP a surtout une vraie identité. Pour le 1er c’était plus dans le genre : On a assez de morceaux pour faire un EP et donc on les balance.

Théo : Pendant l’enregistrement et le mix, on s’est plus arrêtés sur des sons particuliers, des façons de jouer, par exemple pour la batterie des effets un peu plus mécaniques… Pour le 1er EP, on ne s’est pas attardé sur toutes ces questions, on avait juste besoin d’expulser quelque chose.

On entend plus de sons de détail, de fioritures entre les morceaux dans “Everything will be fine”. Vous aviez la volonté d’apporter plus de cohérence entre les pistes ?

Théo : Oui, et ça s’explique tout simplement car on a commencé à faire des démos, et tous les morceaux avaient déjà été enregistrés en répète. On a intégré des samples, ce qu’on ne faisait pas avant. Notamment pour “Medicine”, tu as des samples de B.O. de vieux Godzilla. Il y aussi des interludes qu’on avait en stock, des démos bien travaillées qui ont été intégrées. On a appris beaucoup de trucs de mixage, comment utiliser l’ensemble du spectre sonore, jouer avec la stéréo, doubler les voix, les pistes… Et par exemple pour l’anecdote, pendant l’enregistrement d’Ice Cream, Margot se baladait avec un enregistreur, et on a enregistré notre four qui pétait un plomb. C’est ce qu’on entend presque sans aucunes retouches à la fin du morceau.

Eliott : Et c’est aussi le fait de bosser avec Clem (ndlr Clement Fortin, qui a mixé et masterisé l'album) qui nous fait progresser.

Margot : On est arrivé avec plein de matière et il a très vite capté ce qu’on voulait.

Théo : En fait, il a agi comme un producteur, un conseiller plus qu’un simple mixeur. Il a fait partie du groupe pendant tout ce temps là. C’est lui qui a fait sonner l’EP clairement, il y a une patte.

Vous avez enregistré comment d’ailleurs, sur des grosses sessions ?

Eliott : On fait l’enregistrement par étapes, par instruments. Pour les batteries, on enregistre chez la grand-mère, ça ne la gène pas et elle nous fait de super tartes. Pour les guitares, basses, chants, on fait ça aussi au fur et à mesure.

Théo : Tout s’est fait indépendamment, il nous a fallu beaucoup de temps. Et on a du faire un long nettoyage. C’était morcelé.

C’est Margot qui a trouvé le nom de l’EP. “Everything will be fine”, c’est un peu la tape dans le dos qui te dit “ça va aller”, mais qui n’a pas de sens, l’expression bateau. Quand on ajoutait des sons, on avait toujours cette atmosphère en tête.

Théo - Tapeworms

Et au niveau des paroles, on ressent une certaine mélancolie ?

Margot : On a tous plutôt besoin d’exprimer un mal-être. Les chansons font l’état d’un moment…

Théo : Cette période un peu transitoire où tu sors de l’adolescence, que tu dois te démerder tout seul, finir les études, trouver un boulot… Tu as encore tes yeux de môme, mais tu sais que tu peux plus faire n’importe quoi. C’est un peu mélancolique, une mi-joie. C’est Margot qui a trouvé le nom de l’EP. “Everything will be fine”, c’est un peu la tape dans le dos qui te dit “ça va aller”, mais qui n’a pas de sens, l’expression bateau. Quand on ajoutait des sons, on avait toujours cette atmosphère en tête.

Et si on parle de votre manière de communiquer ? Une musique mélancolique mais une communication originale, faite de private jokes…

Margot : C’est la patte Poyer (Eliott et Théo) ça.

Eliott : Parce qu’on regarde beaucoup de mèmes !

Théo : On a envie d’avoir cette image. J’ai de plus en plus de mal avec les attitudes dark que beaucoup de groupes mettent en avant dans la musique cold, le shoegaze… Alors que nous, on rigole. Moi j’aime bien ce rapport humain.

Eliott : C’est notre façon de nous partager. C’est comme si on s’adressait à des copains.

Et vous avez une esthétique visuelle Do It Yourself aussi…

Margot : Oui en fait, quand on fait des choses, on essaie de s’investir à fond. On a fait des tote bags nous-mêmes par exemple, on a pas voulu passer par une entreprise.

Théo : On essaie de se former à tout, au stop-motion pour le clip de “Tapes Worms”, à l’enregistrement… Le clip, finalement c’était du test !

Et pour la suite, des release parties ?

Eliott : Oui au CCL le 14, à l’Espace B (Paris) le lendemain !

Margot : On cherche des dates en mars. On va à Bordeaux, et on remonte comme on peut !

Théo :  C’est la première fois qu’on cherche vraiment des dates par nous même, qu’on démarche.

Margot : Et on commence à écrire de nouveaux trucs…

Bientôt l’album complet ?

Théo : Oui ce sera pour la suite, une prochaine étape.

Eliott : Et après un best-of. Le meilleur moyen de se faire de la tune sans rien faire !

Retrouvez Tapeworms le 14 février au Centre Culturel Libertaire pour fêter l'amour sur des airs de My Bloody Valentine. Pour les parisiens, ça se passe le lendemain à l'Espace B.

Crédit photo : Thomas Girard pour Raw Journey

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