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Les maisons Folie en confinement – Olivier, le Directeur nous raconte

Les maisons Folie en confinement – Olivier, le Directeur nous raconte

Olivier, le Directeur des Maisons folie et du Flow

On continue notre “Confinement Tour” des salles culturelles qui nous manquent. Après avoir partagé l’une de nos photos souvenirs de Wazemmes, on a eu envie de prolonger les échanges avec l’équipe des maisons Folie de Lille. Le Flow et les structures de Wazemmes et Moulins sont fermés au public et aux artistes mais la communication continue sur les réseaux sociaux, et la suite se prépare malgré les incertitudes…

Les maisons Folie, des lieux de rassemblement pour les événements, des lieux de création pour les artistes, un lieu de vie pour les quartiers

Le mois de mai est synonyme de grands rassemblements festifs pour les maisons Folie avec notamment la Fête de la Soupe le 1er mai. Quelques jours après, le quartier vit habituellement au rythme de Wazemmes l’Accordéon. La fin de la saison culturelle a malheureusement sonné pour tous les événements dans ces lieux. Mais reste en suspens toute la partie résidence de création pour les artistes, et tout le programme des ateliers avec les habitants et les familles. C’est juste après le discours du 28 avril 2020 du Premier ministre que nous avons échangé avec Olivier Sergent, le Directeur des maisons Folie de Wazemmes, de Moulins et du Flow.

Le confinement des maisons Folie et du Flow

Bonjour Olivier ! Comment allez-vous personnellement pendant ce confinement ?

On n’est pas les plus à plaindre par rapport aux artistes. On est encore assurés de notre travail. Mais c’est dur, c’est tellement une rupture par rapport à avant. Je suis plutôt quelqu’un qui bouge beaucoup. On se fait au télétravail qui est usant nerveusement je trouve, mais ça a quand même du bon. Peut-être qu’il en restera des méthodes de travail. Il faut y voir les côtés positifs. J'ai vraiment une pensée forte pour les artistes car c'est très très très très dur pour eux en ce moment. Il va falloir être solidaire et essayer de trouver des solutions.

Nous, ça fait un moment qu’on se croise, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, on peut rappeler que vous êtes directeur de la maison Folie Wazemmes depuis 2005, et que vous êtes aussi directeur de la maison Folie Moulins et du Flow, comment on s’occupe de 3 grandes et belles structures comme ça à Lille ?

On fait ce qu’on peut (Rires). On essaye de mutualiser. On est une seule équipe. Par exemple, les équipes technique de Moulins s’occupent des deux lieux (la maison Folie et le Flow). Je me repose donc sur une équipe conséquente. C’est vrai qu’il a fallu du temps pour réinventer un nouveau modèle par rapport notamment aux deux maisons Folie. Elles avaient des fonctionnements assez différents, il a donc fallu harmoniser tout ça. Ça a pris presque quatre ans.

Comment s’est passé pour les maisons Folie cet arrêt brutal de programmation et le travail avec vos équipes ? 

Il y a eu plusieurs phases. Une première phase d’urgence pour pouvoir dire tout de suite ce qu’on allait faire. Il a fallu à très court terme pouvoir répondre aux artistes qui nous interrogeaient, gérer les projets qui étaient prévus, mettre en oeuvre les signalétiques. Il a fallu comme partout organiser le confinement avec le télétravail et le respect des règles. Prendre en compte les gens qui ont des pathologies, ceux qui ont des enfants à garder, ceux qui sont au chômage technique parce qu’ils n’ont plus rien à faire s’ils ne sont pas sur site. Tout ça a pris du temps. Il y a eu une période de flottement. Et puis il y a cet aspect d’inconnu. On a essayé au maximum de reporter les projets. Certains s’annulent de fait comme la Fête de la Soupe qui réunit 40 000 personnes. On a essayé ensuite de faire un travail plus fin de report avec les artistes. Tout ce qu’on pouvait a donc été report à la rentrée ou même dans un an ! Pour certains, on n’avait pas trop le choix pour diverses conditions. C’est un gros travail qui s’est donc fait en plusieurs phases vu que les annonces sont annoncées au goutte à goutte.

On vient tout juste d’assister au discours d’Edouard Philippe et d’avoir des nouvelles informations, mais ce n’est pas encore clair. Comment vous vous préparez quand même à la suite ? 

Encore aujourd’hui, là, on sait jusqu’au 2 juin, mais on ne sait pas la suite ! Notre consigne est donc de nous tenir prêt à, de faire comme si, d’être prêt à repartir quand on nous le dira. Les événements sont annulés pour cette fin de saison, mais il reste la question des résidences. On ne sait pas encore vraiment, et c’est un moyen d’aider les artistes. Si on pouvait éviter qu’ils soient doublement pénalisés, c’est à dire ne pas pouvoir faire leur créa maintenant, et donc en plus ne pas pouvoir jouer l’année prochaine. On a quand même encore en tête l’idée de pouvoir faire des résidences. Il y aussi tout le programme de propositions aux familles et aux scolaires. Je ne peux pas en dire plus car ce sont encore des sujets de réflexion. On réfléchit à des propositions pour des petits groupes, des petites jauges… On réfléchit aussi au temps scolaire, et donc à une offre sportive, culturelle qui va reposer en partie sur les villes. Si on nous le permet avec les petits groupes, on est en train de travailler une offre, peut-être pour rien, mais il faut se tenir prêt. Il y a des gens qui ne vont pas pouvoir partir en vacances.

En attendant d’en savoir plus, pour l’instant, sur les réseaux sociaux, on peut (re)découvrir les maisons Folie et le Flow, des événements, des artistes, des activités… 

La ville a demandé à tous les équipements municipaux de faire des propositions de contenu. On a donc construit une grille hebdomadaire avec chaque jour un contenu. On essaye de naviguer entre les maisons Folie de Wazemmes et de Moulins, le Flow, la micro-folie, la Bulle Café. On propose des publications différentes selon les jours. On peut ressortir des archives. On peut aussi commander du contenu à des artistes, ce qui leur permet de toucher une petite somme. On peut diffuser des tutos. Ce principe marche plutôt bien. On est suivis et on est contents du résultat. Quand je disais toute à l’heure que rien ne sera plus jamais comme avant, c’est vrai que quand ça reprendra, il faudra garder quelque chose de cette dynamique. J’ai d’ailleurs fait moi-même un bond en un mois sur tous les réseaux sociaux (Rires).

Comment envisagez-vous la rentrée ? Quelles sont vos frustrations et  quels sont vos espoirs ?

La crainte, l’horreur serait de devoir reporter les événements reportés. On verra ! Chaque jour suffit sa peine comme on dit. Le chantier ça va être de travailler le déconfinement. Qui revient au travail ? De quelle manière ? Comment on réaménage les espaces ? On espère retrouver nos missions de proximité.

J'ai vraiment une pensée forte pour les artistes car c'est très très très très dur pour eux en ce moment. Il va falloir être solidaire et essayer de trouver des solutions.

Olivier - Directeur des maisons folie et du Flow

Les conseils culturels d’Olivier pour s’occuper pendant le confinement

Pendant ce confinement, vous nous conseillez…

Quel album ?
J’ai redécouvert Paco De Lucia, un grand artiste guitariste que je n’avais pas écouté depuis longtemps. Je l’écoute beaucoup en ce moment et notamment le morceau “Solo Quiero Caminar” [Je veux juste marcher]. Je me suis rendu compte du lien après (Rires).

Quel livre ?
Je me suis replongé dans un pavé : Une Histoire populaire des Etats-Unis de Howard Zinn, de Christophe Colomb jusqu’à nos jours. Il est aussi d’actualité car on va soutenir une création à la rentrée qui est une adaptation de ce livre. Il évoque l’autre histoire, celle dont on ne parle pas, celle des minorités. C’est assez flippant de voir ce que les occidentaux ont pu faire.

Quel film ?
Le film qui m’a le plus marqué ces derniers temps, c’est Les Misérables. Je ne suis pas très original mais c’est quand même mon film de l’année. Si je devais dire un film mythique, je dirais Little Big Man. En revanche, je ne regarde pas de séries. Je me suis mis aux réseaux sociaux mais pas encore aux séries (Rires)

Photo : © Maison Folie Wazemmes

La Cave aux Poètes en confinement - Nicolas, le Directeur nous raconte

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