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Les chroniques de Gliwensbourg, une excellente websérie made in Hauts-de-France

Les chroniques de Gliwensbourg est une excellente websérie « made in Hauts de France » à ne louper sous aucun prétexte !  Dans la contrée de Wingles, près de Lens, existe une petite association des Arts cinématographiques théâtraux, « Actio », sans prétention aucune mais si douée et investie qu’elle se met doucement mais sûrement à conquérir le monde avec un style ultra personnel. Ce collectif s’est lancé dans une série sur le web qui fait son effet !

Les chroniques de Gliwensbourg

Les chroniques de Gliwensbourg, c’est une histoire farfelue qui commence au cœur de la guerre 14-18, en 1915. Des soldats se retrouvent complètement ensevelis dans les tranchées et un seul en sort… Le temps semble avoir modifié son cours, puisqu’il se retrouve en 1925 à Gliwensbourg.

C’est sous une pluie de récompenses à travers le monde, la dernière venant directement d’un festival réputé à Los Angeles, que la série commence à prendre la place qu’elle mérite sur nos écrans, avec des personnages atypiques, une ambiance western, un scénario pittoresque. La saison 1 est en marche et on souhaitait en savoir un peu plus !

Rencontre avec Emilie Tommasi, la révélatrice de ce bijou bien décalé

Pourriez-vous nous parler de votre série Les chroniques de Gliwensbourg, de quoi ça parle ?  

Emilie : Bonjour, merci de l’intérêt que vous portez à la série des Chroniques. La série c’est un western décalé dans le Nord-Pas-De-Calais des années 20, en pleine période de reconstruction et d’immigration. “Les Chroniques de Gliwensbourg » c’est une sorte de Sherwood perdu dans les marais du Nord de la France où une petite communauté veut se faire oublier, recommencer… Mais on ne disparait pas si facilement des radars et l’Histoire les rattrape. Le soldat arrive avec une mission obscure dans ce microcosme prêt à éclater.

Nous avons pu découvrir le premier épisode, quand sortira le second ?

Emilie : Actuellement nous sommes sur la production de la saison 1. Nous tournons l’épisode 2 et 3 de novembre 2020 à juillet 2021. La saison va compter 6 épisodes de 20 minutes. Comme pour l’instant nous n’avons pas de production qui investit dans cette aventure et que nous gérons tout de A à Z, il faudra patienter jusqu’à la fin d’année 2021 pour voir la suite. Nous sommes en partenariat avec le Lycée audiovisuel Jean-Rostand à Roubaix, la CCI de Lille et la production TREEPIX nous donne un coup de pouce sur du matériel de tournage. Un crowdfunding va être lancer en janvier 2021. Du making of va ponctuer l’actualité de la série, un blog etc. Comme un petit documentaire sur les dessous de la série et de l’époque que nous dépeignons.

De quand date ce projet cinématographique ?

Emilie : En sortant des commémorations du centenaire, je souhaitais passer à autre chose, tout en restant sur de l’historique, mais en plus léger, avec du fantastique. J’ai alors adapté mon travail solitaire d’un projet de livre numérique pour des spectacles immersifs, ça a très bien marché mais il faut beaucoup d’énergie et notre visibilité était moindre. Réaliser notre web-série devenait une évidence, nous avons donc déporté notre activité entièrement sur la partie cinématographique de l’association il y a 3 ans. Quand j’ai choisi de placer l’action en 1925, période peu usitée, le choix de réaliser un western décalé c’est imposé de suite, tous les ingrédients y sont : les baraquements, l’immigration, l’effort de reconstruction, les communautés qui doivent lutter, l’or noir (Charbon), la récession… Et puis, notre actualité fait échos à celle de cette époque de l’Entre-Deux-Guerres, ce qui ne gâche rien, avec un humour politiquement incorrect.

Les récompenses nous donnent de la visibilité et de la crédibilité.

Emilie Tommasi

Que pouvez-vous nous révéler de ses secrets de fabrication ? 

Nous avons fonctionné comme nous l’avons toujours fait : Récupération de matériaux, recyclage, transformation, fabrication, nous avons fait très peu d’achats sur nos créations, faute de budgets adéquats. C’est la force de l’équipe. Nous avons tous plusieurs cordes à nos arcs et la débrouille fait partie de l’ADN de l’association. Il faut être imaginatif et astucieux. Nos patines sont en grande partie authentiques, que ce soit sur le décor, les accessoires ou les costumes. Je tenais à une esthétique cinématographique pour emmener cette histoire, c’est un pari, notre budget associatif a été investi en grande partie dans la location de matériel de tournage professionnel. La musique de Guillaume Wilmot est entièrement originale, tout a été entièrement créé. Nous avons aussi “recyclé” notre tranchée fabriquée par ACTIO en 2010 pour un tournage, puis investie par des reconstituteurs. Tout ce qui est visible est le travail de 14 ans de créations associatives ACTIO.  Ensuite, c’est le tissu humain qui a fait le reste, nous sommes passés par nos connaissances pour trouver les sites de tournage : La Somme (Eclusiers-Vaux), Notre-Dame-De-Lorette (Ablain-St-Nazaire), Marquillies (exploitation agricole), Fampoux, Les studio Jean Rostand à Roubaix, Les carrière Dhainault... Parfois ce fut des rencontres fortuites qui ont été décisives, au final nous étions à peu près 150 personnes de près ou de loin à travailler sur le pilote de la série. Chose nouvelle, nous avons ouvert la distribution (casting) de la série, nos comédiens viennent principalement des Hauts-De-France, mais aussi de Paris, la Belgique, Montpellier. Ce qui a permis de faire parler de la série plus largement.

C’est avec joie que vous avez dû recevoir cette pluie de récompenses un peu partout dans le monde, ça vous apporte quoi cette notoriété rapide ?  

Emilie : Oui !!! Ce fut une très belle surprise, inattendue est le terme, un peu dingue. Nous avons, en effet, été assez seuls tout au long de notre parcours de création, nous fabriquions un peu en secret pour le coup. Le public nous connaît à travers nos spectacles-cinéma, nos spectacles immersifs, mais cela restait très ancré dans notre périmètre. Le fait d’avoir sauté le pas sur de la création de web-série nous propulse directement sur la toile et ouvre notre travail à la planète entière en quelque sorte. Le premier “cadeau” pour l’équipe, c’était la sélection à Rome ! Ensuite notre 1er prix mensuel à Istanbul ! Après ça n’a plus arrêté. Tout ceci a pu être possible grâce à notre président M. Frédéric Vauchez, qui s’est dit “on n’a pas de prod(s), autant foncer pour au moins faire connaître le pilote de la série !”, personne n’était au courant des inscriptions en festivals par Fred, même moi au départ, je ne préférais pas le savoir, car je n’y croyais pas vraiment... Autant de boulot pour aussi peu de résonnance à la longue on se dit juste on verra bien... Et puis ça a payé, les professionnels à l’international et en France ont pu mesurer le travail de l’équipe, cette reconnaissance est nouvelle pour nous, mais cela est fragile et ce n’est qu’une étape. Les récompenses nous donnent de la visibilité et de la crédibilité.

Pour en savoir un peu plus sur vos influences… Quel est le cinéma qui vous passionne et les maitres qui vous inspirent ?  

Emilie : Oh la ! Alors c’est un mélange entre ce que j’ai vu petite et ce que je découvre aujourd’hui. On ne peut pas nier que notre génération 80/90 a grandi avec les films de S. Spielberg, G. Lucas, Robert Zemeckis... Mais aussi les films de nos parents, comme les westerns de Sergio Léone -Il était une fois en Amérique, Le bon, la brute et le truand- La saga du Parrain de Coppola, les films noirs d’Hitchcock, les péplums, le cinéma néo-réaliste italien comme celui de De Sica avec Le voleur de bicyclette, Umberto D, les comédies et films d’action américains des années 90, les comédies italiennes des années 70 -Affreux, sales et méchant d’Ettore Scola, Le pigeon de Mario Monicelli…-, les grandes épopées historiques Dance avec les loups de Kévin Kosner, E.T de Steven Spielberg, la série TV “Twilight zone” (La 4ème dimension) etc...

Aujourd’hui c’est plus des coups de cœur, Frida de Julie Taymor, Cloud Atlas de Lana Wachowski et Tom Tykwer, O’Brothers de Joel Coen, Pour Sama de Waad Al-Kateab et Edward Watts, 99 Francs de Jan Kounen   Tous les films d’Albert Dupontel … Il y en a tant !

C’est un joyeux bordel qui doit jouer dans ce que je crée, en grande partie ça reste inconscient. Paradoxalement je ne suis pas une consommatrice de séries, car j’écris beaucoup et participe activement à la production. Je n’ai découvert le 1er épisode des Peaky Blinders que parce que l’on m’en a parlé quand j’ai commencé à évoquer le projet autour de moi il y a 4 ans. Je n’ai volontairement pas vu cette série, pour ne pas être influencée, le ton que je donne à la série “Les Chroniques de Gliwensbourg” est néanmoins plus léger, et déjanté dans l’univers. Je suis sensible à ce qui est crédible : la crasse, les gueules, les échanges brutes, la vie qu’on connaît quoi, mais avec un brin de fantaisie, les décalages nécessaires, la poésie dans les rêves des gens ordinaires si l’on gratte sous le vernis. J’ai grandi dans un milieu ouvrier et très populaire, mes héros sont ceux que je connais : ma famille, les gens qui triment, les gens qui sont pour moi de vrais héros car ils ont dû mettre leurs rêves dans un tiroir pour assumer une vie difficile. L’extraordinaire est partout si on sait regarder, nous sommes tous les héros de notre histoire. Pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre chaîne Youtube Les Chroniques de Gliwensbourg ! Vous êtes les ambassadeurs de la série ! Merci à vous !

Photo : © Les chroniques de Gliwensbourg

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