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Abdel Raouf Dafri : Le scénariste de « Mesrine », « Un Prophète », « Braquo », réalise un film coup-de-poing sur la guerre d’Algérie

Abdel Raouf Dafri : Le scénariste de « Mesrine », « Un Prophète », « Braquo », réalise un film coup-de-poing sur la guerre d’Algérie

Abdel Raouf Dafri Qu'un Sang impur Style : Cinéma Date de l’événement : 22/01/2020

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Abdel Raouf Dafri, le scénariste de Mesrine, Un Prophète, la série TV Braquo, revient avec son premier long-métrage : Qu'Un Sang impur. Un film qui lui ressemble : engagé, rentre-dedans, généreux, sanguin, passionnant ! Pendant longtemps, l'homme, qui a vécu à Lille et y a travaillé, a porté ce film sur la Guerre d'Algérie. Lille La Nuit a profité de son passage dans la capitale des Flandres, à l'occasion d'une avant-première qui lui tenait à cœur, pour le rencontrer. Parole Libre.

Le Premier Film de Abdel Raouf Dafri sur la Guerre d'Algérie

Pourquoi est-ce important pour toi de faire l’avant-première de Qu’un sang impur à Lille ?

Je considère que je dois quelque chose à cette région car elle m'a permis de devenir un citoyen à part entière. Mes premières radios je les ai faites ici, mes premiers pas de journaliste je les ai faits ici. Il y a plein de gens que je connais avec lesquels j'ai gardé de bons souvenirs. Je me suis fait une joie que ma mère puisse voir le film, qu'il y ait des gens que j'ai connus il y a trente ans; des gens avec qui j'ai travaillé ou des amis. Mais la démarche principale c'est avant tout de parler aux jeunes d'aujourd'hui. Le but c'est que, quand les jeunes sortiront du film, y compris les français d’origine algérienne persuadés que l’Algérie c’est formidable, ils se rendent compte que l’Algérie c’était aussi ça !

Je considère que je dois quelque chose à cette région [Le Nord] car elle m'a permis de devenir un citoyen à part entière.

Abdel Raouf Dafri

Au vu de l’économie actuelle du cinéma, je constate que tu as réalisé un film à faible coût pour un film d’époque...

J’ai travaillé pour ça, parce que moi je travaille avec les gens, les gens ne travaillent pas pour moi... Et ça c'est très différent ! J’ai vu des tournages où les réalisateurs ne se conduisaient pas bien, j'ai entendu de ces histoires ! Je ne travaille pas comme ça, je travaille avec les gens, avec les talents ! Mon travail c'est d’insuffler un désir, une envie, à commencer par le scénario ! Une fois que l’équipe a lu le scénario, elle s’est dit : "on est chez les dingues, on a jamais lu un scénario comme ça" (rires). Ils connaissaient mon parcours à travers les Braquo, Mesrine, Un Prophète, et je savais quelles embûches j'allais rencontrer par rapport à ça !

L'équipe de Qu'Un Sang Impur

Dis nous-en un peu plus sur ton équipe !

J’ai eu la chance d’avoir des gens formidables à mes côtés sur ce tournage, je n’oublierai jamais ! Agnès Bézier qui a fait les costumes a fait un travail considérable, titanesque même. Je n'ai eu que d'excellentes volontés ! Je savais aussi, vu l'enveloppe qui m’était allouée, trop légère pour réaliser un film de ce niveau là, que c'est en travaillant avec les gens, au plus près de l’équipe, en guettant tout et en ne comptant pas les heures que j'y arriverai.

Et puis j'étais très précis, par exemple, j'avais collecté pendant des années des informations et des photographies dans deux livres qui m’ont renseigné sur  les armes qui avaient été utilisées par l'armée française pendant la guerre d'Indochine et celles utilisées par les fellaghas et par l'armée française pendant la guerre d'Algérie ! Quand je suis allé chez l'armurier pour faire la collecte, j'avais donc déjà fait une liste des armes dont on avait besoin pour le tournage, j’avais déjà entre guillemets mâché le travail et ça n’a pris que deux heures et demi. Quand je suis arrivé il m'a regardé, il m'a vu ouvrir mon carnet avec ma liste des armes et il m'a dit "c'est sérieux, c'est une plaisanterie" (rires). La seule chose sur laquelle on s'est interrogés avec ma première assistante c'était sur combien de cartouches il fallait (rires). J'ai fait tout un travail personnel en préparation pour permettre de gagner du temps sur le tournage et j'ai donné toute cette documentation à mon chef décorateur Gwendal Bescond ainsi qu’à Agnès Bézier, qui s'occupait des costumes.

Avec mon directeur de la photographie, Michel Amathieu, avec qui j’avais déjà travaillé sur Braquo, on a bossé ensemble pendant des mois en amont. J’avais vu son travail de textures et de photos et j’ai fait appel à lui pour mon premier long-métrage ! Pendant un an, alors que mon producteur cherchait l'argent, je lui ai montré des photos de grands reporters. On ne regardait pas de films, parce que je n’ai pas envie de copier des images qui ont déjà été faites, donc on est allés sur le World Press Photo, l'édition des grandes photos de reporters de par le monde. Et je lui disais : "Tu vois cette photo, tu vois la colorimétrie, tu vois le cadre, bah voilà, moi je veux obtenir ça ! Ce type là, il a eu dix secondes, il est en temps de guerre, il est sur un cadre d'opération, il doit cliquer, il a dix secondes, son œil a dix secondes..." Alors pour faire le cadre, s’il lui arrive à nous obtenir une putain de photo comme celle-là en dix secondes, nous en un quart d'heure/une demi-heure on peut quand même monter le truc (rires). Et du coup, sur le plateau, grâce à ce travail préparatoire, on déjeunait, on dînait, on se parlait. Quand on est arrivés sur le tournage on avait même plus besoin d’échanger, ils savaient exactement ce que je voulais. Et moi aussi, je savais exactement ce que je voulais chaque matin, parce qu’on n’avait pas le temps. On n’avait que 35 jours de tournage, dont 32 en extérieur. C'est très très court ! Mais l'enthousiasme, l'implication... des acteurs et des techniciens, c'était quelque chose d’extraordinaire. Franchement si je devais retrouver foi en l'humanité je recommencerais toute la prépa avec les gens que j'ai rencontré parce qu'ils ont été d'une immense générosité ! C'est des gens qui travaillent toute l'année et qui sont très demandés.

Un Projet de longue haleine

Justement c'est ton premier long-métrage et je connais ton passé de cinéphile avant que tu deviennes le scénariste qu'on connaît tous aujourd'hui. Est-ce que ce projet de film, Qu'un Sang impur, tu le portais en toi depuis longtemps ?

Depuis le début ! En fait pour te dire les choses très franchement, à l'époque où j'écris Un Prophète, je suis au RMI et je suis quelqu'un de très très en colère ! Je suis français d'origine maghrébine, mais mon origine importe peu : je suis français avant tout, et quand je regardais la télévision et que je voyais qu'on présentait les personnes d'origine maghrébine comme des arabes, je me disais “mais arrêtez c'est pas possible, c'est des Français, arrêtez avec ça deux secondes”. J'avais l'impression qu'on me replongeait dans la propagande anti-bicot qu'il y avait dans les années 50, sauf qu’à ce moment-là il y avait une justification car le pays était en guerre ! Bref, j’étais très en colère, je me suis dis “j'en ai marre de voir des personnes d'origine maghrébine au cinéma mal incarnées, et en plus de ça toujours sous l'autorité d'un monsieur blanc, avec une main paternaliste posée sur l'épaule”... Pas question ! Et j'ai écris Un Prophète avec un type qui ne sait même pas qu'il est arabe alors qu’il s'appelle Malik, il n’a pas de force, il n'a que son cerveau, son culot et il doit s'en sortir ! Il doit apprendre ! Et ce type là, c'est une extension de moi, à part que moi j'étais moins faiblard que lui, que je savais qui j'étais et, qu'en plus, j'étais cultivé. Lui il est analphabète, il ne sait ni lire ni écrire. Le personnage de Malik c'était un mix entre le personnage d'Héctor Babenko, dans Pixote, et ce personnage inconscient de lui-même qui n'est qu'un organisme : le personnage du Parfum de Süskind et Jean-Baptiste Grenouille. Je me suis dis Jean-Baptiste Grenouille… Pixote..., je les confonds ensemble, j'en fais un Arabe, il s'appelle Malik El Djebena (rires) ! Je crois que les gens ont surtout été touchés par le fait de voir un mec qui ne sait même pas qu'il est arabe et qui apprend sans cesse. Puis, d'un coup, il commence à comprendre les rouages rien qu'avec son cerveau, en étant physiquement arabe mais pas mentalement “wesh” (rires), il apprend le corse. Et tout d'un coup le type réussi à s'en sortir, à trouver sa voie et à fabriquer quelque chose. Ça, c'était intéressant ! Et je pense que c'est ce qui a séduit Jacques Audiard, le fait de pouvoir toucher à des personnages d'origine maghrébine alors que lui n’en avait jamais rencontrés avant qu'il m'ait vu moi. Audiard n'avait jamais vu un arabe avant de me voir moi. La première fois qu'il m'a vu il était étonné de ce qu'il y avait dans le scénario, il me disait : "Mais c'est possible tout ça, tout ce qu'il se passe ?" Et moi je lui ai dit qu’il fallait qu’il prenne des "bledards" pour le casting, il m’a demandé ce que c’était et je lui ai répondu “c'est des types qui ont des gueules de voyous et  les gens blancs comme toi quand ils les verront sur un écran de cinéma, seront bien contents qu'ils soient en prison, parce qu’ils les veulent pas dans leur quartier" (rires). C'est pour ça qu'on a une telle véracité quand on regarde le film, et moi j'étais heureux de voir ça.

Pendant que Jacques Audiard avec Thomas Bidegain travaillaient sur le scénario que j'avais écrit avec mon camarade Nicolas Peufaillit, je travaillais sur les Mesrine. Pourquoi je choisis le sujet de Mesrine ? Car le personnage est totalement français, et en plus de ça c'est un maverick par rapport à la mentalité française. Il y avait une autre chose intéressante, c'est qu'il avait goûté à l'Algérie et qu'il était raciste. Il avait, quelque part, fait un chemin de rédemption pour sortir de ce racisme-là, son racisme était totalement hérité de l'empire colonial. Je cite Mesrine pour la simple raison que la scène d'ouverture de mon film avec une séquence de torture je ne l'ai pas inventée ! Jacques Mesrine l'a vécue réellement, il l'a racontée à Charlie Bauer et comme Charlie Bauer était consultant sur le film Mesrine un jour je lui ai dis : "Dis-moi Charlie, Mesrine ne raconte jamais l'Algérie, il raconte des conneries mais il raconte jamais l'Algérie, est-ce qu’il t'a fait des confidences ?" Et Charlie Bauer me dit  "oui" puis il me raconte la séance de torture à laquelle Jacques Mesrine a assisté quand il était dans l'armée française en Algérie alors qu'il s'était engagé, il n’avait pas été appelé. Je me suis dis qu’un jour je la mettrai dans un film… Et le moment est arrivé (rires) !

1960 : le pic des atrocités

D'ailleurs la première scène de ton film est très forte, très dure. Elle me rappelle une des scènes qui ouvre Mesrine. Est-ce qu'il fallait que tu donnes d'emblée un uppercut au spectateur pour lui dire "c'est vers ça que je vais vous emmener" ?

Ah oui, parce que la première image du film annonce "1960, Algérie française" ! La guerre a démarré en 1954 et en 1960 c'est le pic des atrocités, c'est “l'annus horribilis” par excellence ! En 1960, il n’y a plus de projet d'après-guerre, c'est une barbarie sans nom et des choses horribles se sont produites au cours de cette année là. Des choses qui vont pousser les Français de métropole et les algériens, lors du référendum pour l'autodétermination, à s'exprimer pour une indépendance en grande majorité ! D'ailleurs le FLN fera tout pour empêcher la tenue du référendum en Algérie car il comprend que De Gaulle, en fin tacticien politique, est en train de lui voler sa victoire !

Je ne suis pas communautariste. Je suis républicain. Je suis français donc je ne vais pas choisir le camp.

Abdel Raouf Dafri

Il y a eu peu de films sur la guerre d'Algérie, mais on se dit aussi que le peu de films qu'on a pu voir - je pense à la Bataille d'Alger de Pontecorvo, je pense à R.A.S de Boisset - sont quand même des films qui ont marqué les gens qui les ont vus. Je me suis alors demandé quels écueils tu te devais d’éviter ? Qu'est-ce que tu voulais amener de nouveau ?

C'est l'histoire qui me l'a dit, ce sont les protagonistes qui me l'ont dit ! Je n'écoute pas mes sentiments personnels quand je travaille sur une histoire, là par exemple je viens de finir une histoire sur Madame Claude. J'ai écris une mini-série après qu’un producteur m’ait contacté, mais je me suis demandé quelle légitimité j’avais à travailler sur Madame Claude. Je n'ai jamais payé une fille pour coucher, je ne sais pas ce qu'est la prostitution d'escortes de luxe, qu'est-ce que je peux raconter de mon pays et quel est ce personnage ? Et la première question que je me pose avant de travailler sur un projet, c'est “pourquoi je vais le faire” ? Une fois que j'ai répondu à cette question, la suivante c'est ”comment je vais le faire” ? Et pour le cas de l'Algérie, je savais que je ne choisirai pas de camp à partir du moment où j'ai commencé à me documenter. Pendant des années, j'avais lu des trucs et j'ai découvert que les Algériens du FLN étaient des salauds et que l'armée française coloniale c'était aussi des salauds. Donc qu'est-ce que je fais ? Je choisis quel camp ? C'est quoi le camp du bien ? Tu as cité le film R.A.S., Yves Boisset a eu les pires galères du monde pour monter son film… On lui a posé des embûches, on lui a dynamité son plateau, enfin pas dynamité au sens littéral mais on l'a empêché, des parachutistes sont entrés dans les salles mais son film a fait un million et demi d’entrées ! Bravo Monsieur Boisset ! Lui il a eu des vraies galères, moi à côté c'est rien du tout ! Mais Yves Boisset a vraiment eu des merdes et R.A.S, est un film qui a super bien marché à l'époque malgré toutes les difficultés qu’il a rencontrées !

Tu as cité La Bataille d’Alger de Pontecorvo, le film a été fait sur un épisode bien particulier de la guerre d'Algérie, la bataille d'Alger ! C'est le seul moment dans l'Histoire - avec un grand H - de la guerre d'Algérie où le FLN s'est conduit de façon propre et que les parachutistes se sont conduits de manière dégueulasse ! C'est le seul moment, la bataille d'Alger ! Et il a été fait avec Yacef Saâdi qui était un membre du FLN et qui était le conseiller technique de Pontecorvo, cinéaste italien et le film a eu toutes les galères pour sortir, il a été nommé aux Oscars. Je rappelle qu'Ennio Morricone a fait la musique, Monsieur Pontecorvo je dis : Respect ! C'est un chef-d’œuvre !

Mon film est dédié aux jeunes appelés, aux rappelés et aux jeunes Algériens qui se sont fait bousiller !

Abdel Raouf Dafri

Maintenant, quand je travaille sur la guerre d'Algérie, je sais qu'elle est ma responsabilité. D'abord je ne suis pas communautariste, je suis républicain. Je suis français donc je ne vais pas choisir le camp. Je me suis dis, comment je peux travailler sur ce film sans avoir le cul entre deux chaises et que je puisse montrer les crimes des deux camps ! Sans avoir l'impression de distribuer les bons points et les mauvais points, et je me suis dis mais le facteur que j'intègre dans cette histoire c'est un facteur qui ne connaît pas l'Algérie. C'est un type qui a fait la guerre d'Indochine, qui en est revenu lessivé et on l'oblige à se plonger dans un merdier auquel il ne comprend rien, et là il va traverser ce pays de manière hébétée avec un groupe complètement hétéroclite, et c'est ça qui est intéressant ! Et à partir de ce groupe hétéroclite, j'interroge l'identité nationale, l'identité française ! On me dit que j'ai pas pris parti, mais si j'ai pris parti de mes personnages et j'ai découvert ma compassion en lisant tout ce que j'ai lu sur la guerre d'Algérie. Mon film est dédié aux jeunes appelés, aux rappelés et aux jeunes Algériens qui se sont fait bousiller ! Essaye d'imaginer, on est en 1954-56 on envoie un million et demi de mecs là-bas qui avait la vingtaine, leur vie était en train de se construire ici et on leur dit "tu pars 27 mois mais ne t'inquiètes pas il y a du soleil", et on leur donne un fusil ! Les mecs ne savent même pas s'en servir et très vite ils arrivent sur place, ils découvrent des gens qui meurent, ils découvrent des atrocités, ils participent à la corvée de bois avec des professionnels de la guerre qui avaient fait l'Indochine, des pros ! Et là je me dis “ouah, les mecs on les abreuve d'alcool dans la caserne, on leur donne cigarette sur cigarette, ils reviennent alcoolos, traumatisés, on ne les prend pas en charge et, comme c'était des opérations de maintien de l'ordre et qu'ils n'ont fait que le service national, et bien ils n’ont même pas une pension d'ancien combattant ! " Nous, la France, on a baisé une génération de jeunes français, on les a envoyés au casse-pipe sans même les prévenir ! On a prêté une bagnole qui monte à deux cents à l'heure à des jeunes et on ne leur a pas dit "ah merde j'ai oublié de te dire, il n’y a pas de freins". Et les mecs sont revenus dans un sale état….

ÉCLAIRER la France d'aujourd'hui

Quand tu fais un film sur la guerre d'Algérie, est-ce une façon pour toi d'éclairer le monde d'aujourd'hui ?

Ah mais la guerre d'Algérie porte des ambiguïtés encore aujourd'hui ! Il faut savoir que le pouvoir FLN s'est toujours servi de la guerre d'Algérie comme propagande auprès de sa population pour faire détester la France et surtout dire "c'est toujours les français qui cherchent à nous niquer" ! Et pourtant, la France s'est retirée, certes pendant un moment, jusqu'à Boumédiène, on était sournois, nous les Français. De Gaulle ne voulait pas lâcher le pétrole et le Sahara donc on avait encore des agents infiltrés là-bas ! Mais après Boumédiène, il y a eu des purges ! Il n’y avait plus moyen de rentrer en Algérie pour la France, il n’y avait plus moyen de mettre le nez dans les affaires algériennes. Avec Boumédiène c'était impossible, il avait tout verrouillé avec la police secrète et la police militaire. Et la France devait marcher au pas, elle devait marcher sur des œufs dans ses rapports avec l'Algérie. En France, on a préféré taire le sujet. Et comme je m'appelle Abdel Raouf Dafri, le premier soupçon c'est "il va choisir le camp des méchants Algériens contre les gentils Français", mais non ! C'est stupide, parce que la guerre d'Algérie ne se résume pas à ça ! Personnellement j’ai été très ému de lire des écrits d’officiers français qui pleuraient encore des années après, des gens se sont interrogés, ça a été un traumatisme ! Sauf qu’en France on ne veut pas parler de ça, en France on préfère toujours regarder son beau profil ! On est comme Harvey Dent dans Batman, voilà, on regarde toujours le bon profil, celui qui n'est pas brûlé ! Et il faut toujours regarder ça car ça fait partie de notre histoire, et ceux qui nous ont combattus ce sont des gens qui nous ont combattus sans haine et qu'on a colonisés, aujourd'hui encore ! J'ai eu l'occasion pour la dernière fois d'aller en Algérie, c'était en 2010, avec Tahar Rahim pour présenter Un Prophète, sur invitation du Centre culturel français, et j'ai rencontré des Algériens. Ils ont une telle soif de culture, ils adorent la France, ils aiment notre culture, notre intelligence, notre grande gueule, notre démocratie... C'est un gros ratage, et ça c'est dommage !

Les infos sur Qu'un Sang impur

Synopsis : 1960. La guerre d’Algérie a déjà 6 ans. Les combats sont sanglants et les deux camps ne font pas de prisonniers… Vétéran de la guerre d’Indochine, le lieutenant-colonel Paul Andreas Breitner a laissé son glorieux et douloureux passé militaire derrière lui. Jusqu’au jour où il est contraint de se rendre en Algérie récupérer le corps du colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière tombée aux mains des rebelles. Alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, Breitner se voit forcé d’assurer cette mission quasi suicidaire accompagné de Soua Ly Yang, ancienne combattante dans le groupe de commandos qu’il dirigeait au Vietnam. Sur place, il récupère Augustin Diamacoune Senghor, un sergent-chef sénégalais condamné à mort pour le meurtre de son officier supérieur, Alexis Martillat, jeune engagé volontaire fasciné par la guerre et par son père mort au combat en Indochine, et Assia « bent » Aouda, membre du FLN, spécialiste en explosifs, qui intègre la mission dans l’espoir de sauver la vie de sa mère, prisonnière des parachutistes français. Le groupe prend la route alors que les positions françaises de la région subissent une série d’attentats sanglants de la part des rebelles fellagas. Ce qu’ils vont découvrir dans cette Algérie profonde minée par la guerre et laissée à la sauvagerie des hommes est loin de ce qu’ils avaient pu imaginer…

Qu'un Sang impur d'Abdel Raouf Dafri
Avec : Johan Heldenbergh, Linh-Dan Pham, Olivier Gourmet, Lyna Khoudri, Pierre Lottin, Steve Tientcheu, Salim Kechiouche, Hichem Yacoubi
Production : Marc Missonnier / Moana Films

Durée : 1h49
Sortie le 22 janvier 2019

Interdit aux moins de 12 ans

Photos et film-annonce Mars Films
Remerciements UGC Ciné Cité Lille
Entretien réalisé à Lille le 17 décembre 2019.

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