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François Long « Seven others »

François Long « Seven others »

François Long Seven Others Style : Rock Sortie : 29/06/2014

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François Long est l’extraordinaire bassiste des Rabeats, on pouvait donc penser que l’obsession Beatles, déclinée partout et toujours, allait se révéler encombrante. C’est arrivé aux meilleurs, tenus au pastiche, écrasés sous le poids du mythe. Dire qu’on prend une méchante tape sur les doigts pour avoir pensé ça en écoutant l’album est un doux euphémisme.

Dès Gee Queens of souls, on est en brillante compagnie, la basse folle et agile découpe les contours d’une chanson puissante et c’est à David Bowie que l’on pense et à ses brillants guitaristes : Carlos Alomar, Earl Slick, Gerry Leonard et Adrian Belew notamment, magicien mésestimé. L’ombre magique de Gail Ann Dorsey passe, elle vient poser une basse magique sur l'un des titres de l'album, pour de vrai. Si. Les guitares envoient le bois en riffs rageurs et secs, très anglais. C’est davantage au son de l’Angleterre des Jam, de Costello, de Joe Jackson, que l’on pense plutôt qu’aux Beatles. Un sitar mixé loin dans Empty words peut être, et encore, avant qu’un riff ne conclue l’affaire pour nous donner tort, sans compter que la voix légèrement maltée nous éloigne de ces eaux pop balisées. Speed 22 convoque les plus belles heures du Thin White Duke et des Talking Heads.

Si on espère de simples structures couplets/pont/refrains, il faudra aller voir ailleurs. C’est charnu, habité, dense et dynamique, qualité qu’on trouve rarement. Le plus fou c’est que François fait tout, tout le temps, sur tous les titres, avec le concours d’excellents batteurs, Sylvain Parét, Vincent Freytel, Christophe Deschamps, ces tambours majors et majeurs adaptent constamment leur jeu au morceau. Sidérant, sidéral quand François Long chante I Am an alien.

Idéalement suspendus par le fil de la basse sublime de Seven others, prêts à quitter le disque, on se fait rattraper par les réminiscences de Where are we now ? de Bowie qui viennent à nous en écoutant l’entame de Smile Smile Smile. Si Afraid est le single, une chose est sûre, François Long n’a eu peur de rien. Incroyablement bluffant. L'architecture sonore est fantastique, la construction des morceaux, leur degré de parachèvement, le soin apporté à la coloration des morceaux instrument par instrument... Terriblement tentant.

Une sortie CD est prévue en financement participatif, ne la loupez pas. Le disque est disponible sur toutes les plateformes habituelles au format numérique. Photo par Lwood.

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