Festival la Sauce Jack – General Elektriks, Grassering, Woodish…

Les 13 et 14 novembre, La Sauce Jack présentait la troisième édition de son festival, avec cette année, une programmation axée sur les rencontres et mélanges culturels. A l'affiche, les groupes lillois Grassering et Woodish, respectivement en 1ère partie de Zenzile et General Elektriks.

Samedi 14 novembre 2009. Une soirée marquée par la rencontre France/Irlande à Dublin en vue des qualifications pour le mondial 2010. Mais une soirée également marquée par la rencontre, au Grand Mix de Tourcoing, entre la Pop et le Funk orchestrée de manière tout aussi sportive par Hervé Salters alias General Elektriks venu présenter en live avec son groupe son dernier album, l’excellent « Good City For Dreamers ». Un album où ce musicien et chanteur, qui a collaboré avec la crème du Hip Hop californien avec des groupes comme Blackalicious ou Mighty Underdogs ou encore avec des artistes divers tels que M ou Femi Kuti, exprime avec passion son amour des claviers vintages au son bien particulier (rappelez-vous l’introduction mythique du « Superstition » de Stevie Wonder), du Funk, du Jazz et de l’Electro.

Et alors que d’une part l’équipe de France de football jouait donc son avenir en Irlande le soir même et que, d’autre part, au même moment, à quelques kilomètres de là, Massive Attack investissait le Zénith de Lille et Pep’s le Splendid, les supporters et les fans de General Elektriks étaient bel et bien au rendez-vous et sont venus en masse remplir le Grand Mix pour ce concert organisé par La Sauce Jack, un label d’accompagnement des pratiques musicales sur la région de Tourcoing.

Evergreen Sputi Shit, groupe ayant remporté un tremplin organisé par ce label, s’est vu confier la délicate tâche d’ouvrir le match, de mettre en jambes et d’échauffer le public. Et ce jeune groupe du Nord/Pas-de-Calais, formé en novembre 2008, a brillamment remporté le match en délivrant une musique qui fait se fusionner énergiquement Hip-Hop, Funk et Rock à travers leurs compositions et une reprise surprenante et maîtrisée du « Gangsta Paradise » de Coolio qui savait rendre hommage de manière intelligente au morceau « Pastime Paradise » de Stevie Wonder qui l’a inspiré. Ce jeune groupe, dont la prestance scénique n’est pas sans rappeler les Red Hot Chili Peppers, risque fort de faire reparler de lui et d’occuper la place laissée vacante par le groupe Silmarils dans la fusion française.

Woodish, formation lilloise, est ensuite venu ensorceler le public du Grand Mix avec ses compositions mêlant Jazz, Electro instrumentale et Afrobeat. Une musique hautement sensorielle et propice aux voyages intérieurs. Les musiciens de Woodish, tels des shamans, ont ainsi envoûté le public de Tourcoing qui a eu l’heureuse surprise de voir arriver sur scène la jeune chanteuse californienne Brisa Roché, dont la voix aux accents jazzy et sensuels accompagnait à merveille l’univers musical et cinématographique du groupe.

C’est donc devant une assistance aux anges que General Elektriks peut ouvrir les hostilités et il s’avère très vite que les morceaux de « Good City For Dreamers », le dernier album en date du groupe, autour desquels est principalement centrée la set list de la soirée sont d’une redoutable efficacité sur scène. Hervé Salters, sautillant frénétiquement derrière ses vieux claviers des seventies (et prenant même appui sur eux pour sauter encore plus haut) et ses musiciens (dont un bassiste à la coupe de cheveux démesurée nous ramenant à l’époque du MC5) électrisent la salle avec leur Funk poppisant joué dans la bonne humeur, avec une énergie communicative et une science du groove impressionnante (mention spéciale au batteur qui nous a délivré un solo endiablé). Leur reprise du tube de Grandmaster Flash « The Messenger » couplé à du Gainsbourg, les tubes « Rait The Radio », « Helicopter » ou « David Lynch Moments » sont autant de séquences frôlant la perfection qui ont su conquérir le cœur et les oreilles de l’auditoire qui a offert au groupe l’accueil chaleureux qu’il méritait. En remerciement, le groupe a généreusement offert deux rappels. Et à la fin de leur prestation, on pouvait lire une réelle émotion dans les yeux d’Hervé Salters et de ses musiciens d’avoir joué devant un public aussi réceptif.

A Dublin, en cette soirée, l’équipe de France a gagné son match mais à Tourcoing, c’est donc le groove et le funk qui ont remporté haut la main la victoire.

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