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Husbands + Weekend Affair Release Party à l’Aéronef

C’est la coutume. Le jeu de scène en marque de fabrique qui permet d’identifier directement à qui on a affaire. Comme s'ils revenaient à leur poste après la pause café, Cyril Debarge et Louis Aguilar, les deux Weekend Affair, entrent en scène, en détente et détendus, dans leur costume cintré. La dernière fois qu’on les a croisés à LilleLaNuit, ils venaient de sortir leur deuxième EP. Ce soir, les Lillois sont en première partie pour la sortie de leur album, Welcome To Your Fate, qui sera dispo dans les bacs à partir du 24 mars 2015. On déambule en terrain connu mais on est aussi en pleine découverte de ce premier album.

La formule scénique a évolué, Cyril ayant délaissé les boîtes à rythmes pour s’installer derrière les fûts. Le synthé fait maintenant office de bureau : recouvert d’un drap noir, il est orné d’une lampe, d’un téléphone à cadran, d’un rouleau de scotch, d’un pot à crayons et d’autres accessoires de working men.

Dès le – génial – premier morceau, Clouds Are Far, on retrouve le côté rockabilly qui swingue dans la basse, les sons 8-bit et la batterie qui martèle tout en élégance. L’humour des compères est toujours présent lui aussi : que ce soit les vannes balancées par Louis le temps que Cyril répare sa batterie ; pour promouvoir le stand merchandising ; ou encore pour introduire le prochain titre (I Walk Alone), « une chanson écrite en hommage à mon hamster, qui est un animal de compagnie à ne pas emmener n’importe où… En boîte de nuit par exemple ».

Weekend Affair joue, rit et chante avec un public hyper réceptif. On reste un peu sceptique lorsque Cyril s’empare de la basse sur Lonesome Town pour se coller à Louis, qui reste tranquillement devant son micro. Mais au-delà de ce moment, le duo et son jeu de scène fonctionnent très bien ! Entre le batteur déluré tout souriant coincé dans sa chemise/cravate et le chanteur qui donne plus dans la gravité classieuse du barbu hipster tatoué.

Après une dizaine de morceaux, on est pleinement convaincu. Alors on se laisse tenter et on achète le CD. Ils sont forts quand même ces bureaucrates…

De Lille à Marseille, il n’y a qu’un pas ce soir à l’Aéronef. Oscillants entre pop songs pétillantes ou mélancoliques, les trois gaillards de Husbands ont un aspect sonore proche des derniers Franz Ferdinand, la rage du rock en moins. Tout ici est en tension. Du groove, des basses lourdes et sombres, du funk ralenti : un savant mélange à base d’électro qui invite à danser. Il faut dire que le trio a déjà une bonne expérience : Mathieu Hocine (synthé/percus/chœurs) officie aussi chez Kid Francescoli ; Mathieu Poulain (chant/basse) chez Oh ! Tiger Mountain ; et Simon Henner (guitare/claviers/chœurs) dans le duo Nasser.

Là encore, le groupe vient de sortir un premier album. Husbands fait crier le public (Where Is My Ego ?), l’entraîne avec lui. Et celui-ci semble déjà bien connaître les titres des marseillais puisqu’il les chante avec aplomb. Cette symbiose se poursuit sur Let Me Down (Don’t) puis sur le très bon Overseas, inspiré (ou samplé ?) par The Montagues and the Capulets d’EZ3kiel.

Arrive par la suite le très attendu tube Dream. Inutile de préciser que la foule s’enflamme franchement dès les premières notes et que c’est un véritable carton en live. Le concert s’achève en apothéose par un final euphorique. Les Husbands précisaient que leur album est « bordélique, généreux et lumineux ». On n’aurait pas pu mieux le décrire.

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