Charlie Winston + M.I.L.K. au Théâtre Sébastopol

Aujourd’hui il fait froid à Lille… Et il pleut. Alors quoi de mieux que de venir se réchauffer le corps et l’esprit dans une salle de concert ? Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, car le Théâtre Sébastopol affiche complet pour le concert de Charlie Winston + M.I.L.K. Lorsque la traditionnelle sonnerie annonçant au public qu’il faut s’installer retentit, la salle est déjà pleine.

Le Danemark vient à nous …

Et c’est Charlie Winston himself qui nous accueille dans une tenue un peu inhabituelle : un pyjama rouge et noir. Il tient à nous présenter celui qui assurera la première partie : M.I.L.K. Cet artiste nous vient tout droit du Danemark et il distille avec bonne humeur son électro pop contagieusement dansante. Muni d’un appareil argentique, il prend plaisir à photographier ses musiciens et les gens dans la salle sans jamais se départir de son sourire. Tout y est pour que le public, déjà en surchauffe, se lève des sièges pour ne plus se rassoir.

M.I.L.K., de son prénom Emil, nous explique qu’il parle très peu français mais qu’il « va essayer parler le français avec toi ce soir… », qu’il apprend car il a rencontré une femme française, que c’est sa première fois à Lille et qu’en danois, Lille cela veut dire « petit ». Emil communique beaucoup, avec des grands gestes enthousiastes, sa voix est chaleureuse et les rythmiques du trio sont chaloupées, tintées de sonorités des 70’s, associés à de l’électro plus contemporaine.

Mais, il est déjà temps de se dire au revoir. Et c’est à grand renfort de cris déceptifs que le public les laisse s’en aller…

« Comment ça va les Ch’tis ? »

Lorsque les lumières s’éteignent de nouveau, Charlie Winston se présente seul. Il s’est changé (oui, les pyjamas n’ont qu’un temps…) et arbore maintenant un beau costume trois pièces.

Il entonne au piano « All That We Are », tiré de son nouvel album As I Am sorti récemment. Le reste du groupe apparait sur la deuxième chanson « Kick the Bucket ». Le public chante et applaudit à tout rompre. Et le ton est d’ores et déjà donné.

Pour notre part ce sera de l’étonnement. Si l’on connait le côté très « hobo » du personnage, très enjoué de ses précédents tubes, on découvre un côté beaucoup plus sensible. Une maitrise musicale incroyable et un talent fou. Le fait que les titres soient tous remaniés et adaptés au Live ne rend l’expérience que plus agréable.

Inutile de le préciser donc, on passe un excellent moment en la compagnie de cet artiste britannique multi-facettes et très attachant… Mention spéciale à ses musiciens également et à son batteur surtout. Le temps file. Part belle est donnée au nouvel album (« Algorithm », « Echo », « Open my eyes », …) mais on retrouve avec plaisir ses anciens morceaux (« My Life as a Duck », « Kick the Bucket », « In Your Hands », …).

Charlie parle, beaucoup, il s’exprime dans un excellent français en nous expliquant que son épouse est française et qu’il habite dans notre beau pays. On l’écoute, avec attention. Notamment quand il nous parle du temps compliqué que nous avons vécu ces deux dernières années. Cette épidémie lui a permis de réfléchir, sur lui, sur sa famille, et sur sa femme. Sa femme, pour qui il a écrit la très belle « I will never Hold you Back », qu’il entonne seul encore une fois, au piano.

Puis vient « Like a Hobo », classique, tellement efficace, le public est en transe et continue à entonner la chanson après qu’elle soit terminée. L’enthousiasme du public du Nord a encore frappé…

Abordant des thèmes plus sérieux, il nous explique qu’il a de gros problèmes de dos, qu’il a dû travailler avec un psychologue pour soigner le mental au même titre que le physique. Et qu’à cette occasion il a écrit la chanson « Unconscious », présente sur son dernier album. Il est intéressant de souligner que peu d’artistes expriment ce genre de sentiments sur scène alors qu’il est important de le faire, surtout lorsque l’on a un public jeune !

Le rappel arrive déjà. Sur « In your Hands », les membres de M.I.LK. se joignent aux musiciens pour un buff géant. Grand moment !

C’est, déjà, la fin, Charlie nous apparait ému et content d’avoir vécu ce moment avec nous. Il en profite pour nous remercier d’être venus car c’est difficile en ce moment pour les salles, les artistes et le monde de la musique en général.

Le public ne se lasse pas d’applaudir, on voit Charlie glisser un mot à ses compagnons de scène et c’est pour notre plus grand plaisir qu’ils entament, tous ensemble un dernier titre « Happiness ».

Les paroles de cette chanson résonnent : "Where? Where can I buy happiness? Does anybody know?"

Oui, nous on sait, pour ce soir tout au moins... Le bonheur était dans cette salle !

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