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Adrienne Pauly + Mademoiselle K au Métaphone

Ce samedi 10 février 2018, Adrienne Pauly et Mademoiselle K, les deux artistes féminines à l’affiche incarnent le rock français, dans un lieu chargé d'histoire, la belle salle du Métaphone. Mademoiselle K, déjà de passage dans la région en décembre à l'Aéronef, est de retour pour présenter son nouvel album en français au titre évocateur Sous les brûlures l'incandescence intacte. Les fans lui sont fidèles : à peine quelques semaines après son passage à l'Aéronef, beaucoup viennent à nouveau l'applaudir ce soir.

Adrienne Pauly, connue pour son tube J'veux en mec extrait de son premier album sorti en 2006, revient sur le devant de la scène avec son nouvel opus A vos amours dévoilé en janvier. Un retour qui ne passe pas inaperçu ! On était un peu surpris de la voir en « première partie »… Finalement, une organisatrice nous explique qu'il s'agit d'un « co-plateau » : la chanteuse jouera plus d'une heure pour le plus grand plaisir du public, dont une bonne partie connaît par cœur de nombreux refrains. Nous voilà rassurés !

A 20h30, la salle est bien remplie lorsqu'Adrienne Pauly arrive sur scène. Coiffée d'une casquette et de lunettes étranges, le ton est donné avec Vas y viens, titre aguicheur à la sensualité rock, tiré du premier album. Le public se laisse rapidement envoûter par un jeu de scène déjanté et maîtrisé. La complicité entre les musiciens est flagrante et l'énergie communicative. La chanteuse dont on sent les talents de comédiennes introduit chacun de ses titres, qui déclinent les facettes d'un personnage moderne, parfois paumé, désespéré mais jamais vaincu. On retrouve avec plaisir des titres marquants du premier album comme L'amour avec un con ou encore Conne, sur lesquels les premiers rangs se déhanchent vivement. Puis arrive le fameux J'veux un mec que le public entonne avec enthousiasme. Pour introduire le très bon titre La fille au Prisunic qui raconte l'histoire d'une caissière désabusée, elle fait un clin d'œil aux métiers de la mine en référence à l'histoire du Métaphone. L'atmosphère s'adoucie le temps d'une reprise qui confirme les influences de l'artiste : Les femmes ça fait pédé (signé Gainsbourg, interprété par Régine) un répertoire qui lui sied à merveille.

Même si l'ambiance flirte avec le rétro et les lumières des années 80, les titres sentent bon la modernité, du rock aux paroles pêchues, teinté de second degré qui en concert offrent un terrain de jeu extraordinaire à Adrienne Pauly. Elle s'en va sur le très doux Chut et quitte la scène sobrement, en donnant rendez-vous au public « à la sortie pour faire des autographes ». L’émotion de la chanteuse et des musiciens est perceptible. Le public applaudit longuement. Retour réussi pour la chanteuse dont le style oscille finement entre folie et délicatesse.

Pendant le changement de plateau, le public débriefe sur cette « première partie » surprenante, il semble conquis. Les corps se resserrent avant l'arrivée de Mademoiselle K. La setlist n'est manifestement pas la même qu'à l'Aéronef en décembre. La rockeuse entame son show avec les notes de On s'est laissé, le premier single du dernier album aux sons électros et à la mélodie enivrante. On prend plaisir à (re)découvrir en live les nouveaux titres Sous Les Brûlures, Bonjour Bonjour, Ce ne sera pas moi… Entre deux morceaux, elle s'arrête elle aussi sur l'originalité et la beauté du lieu en saluant le courage des mineurs de charbon. Décidément ce soir la salle marque ceux qui s'y produisent et on les comprend !

Comme à son habitude, Mademoiselle K offre à son public des interprétations incisives et puissantes, grâce à des mélodies efficaces, oscillant entre son répertoire français et anglais. Le morceau R U swimming ? que le public reconnaît dès les premières notes prend des airs de grands classiques ce soir. On se laisse surprendre par le solo à la flûte qui donne un caractère inattendu à ce titre résolument rock. La ballade J'ai pleuré emporte le public, qui se laisse attendrir par autant de douceur et d'émotion. On est envoûté par la réorchestration du tube Jouer dehors où le clavier ajoute une touche pop et électro. Mais que serait un concert de Mademoiselle K sans les indémodables Ça me vexe et Jalouse sur lesquels la salle se déchaîne, pleine de nostalgie. Le morceau We're Kissing Baïe Baïe, composé « sur la Côte d'Opale », clin d'œil à la région (où elle a aussi tourné le clip « Sous les brûlures ») sonne la fin du concert. Les applaudissements en disent long sur le beau moment qui vient d'être vécu !

On assiste parfois à des concerts où ça ne prend pas : le lieu, le son, l'ambiance ne sont pas adaptés à l’artiste et à son univers. Ce soir-là, la rencontre s’est produite : le lieu, le public et les artistes étaient réunis au bon moment et surtout au bon endroit.

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