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Microfilm à l’Ara

             Microfilm, vous me direz, rien de bien passionnant, aujourd’hui on a mieux que ces vieilles machines pour consulter les archives. Pourtant, c’est bien dans une bibliothèque qu’un jour quelques uns d’entre vous auraient pu tomber par exemple sur le livre Monter/Sampler et comprendre par là l’importance et la richesse procédant des gestes du découpage, du collage et du montage dans les pratiques artistiques contemporaines, arts visuels et sonores confondus. Autant de procédés exploités par Microfilm, le groupe.

Un lecteur de microfilm - Le livre Monter/Sampler - Microfilm /Stereodrama / Septembre 2007

           Mardi dernier, l’ARA nous avait invités pour une rencontre apéritive sur le thème de "L’association de la musique et de la vidéo dans un projet artistique", celui de Microfilm, auteurs et interprètes d’une mouture post rock, associée à des sons et images dépecés sur de vieux films des années 50 à 70.

Microfilm, c’est un groupe de rock de Poitiers, quatre mignons qui se connaissent depuis toujours. Jusqu’ici, rien d’excitant, sauf que : Guillaume (porte parole officiel, à la guitare quand il n’est pas à la grimace), Mathieu (mâcheur de baguettes, blagueur officieux), Yo (le chanceux qui a hérité d’une jambe de Claude François, une autre du King) et Greg (le rictus relax) ont su tirer parti de leur personnalités et de leurs bagages musicaux diversifiés.

Aujourd’hui ils forment un laboratoire indépendant d’opticiens spécialisés, dotés d’instruments amplifiés et distribuant à leurs patients de drôles de binocles. Résultat : leur public succombe à une hypnose divertissante qu’on pourrait qualifier de processus plein les mirettes, plein les tympans.

Dans les faits, le groupe compose un répertoire rock d’humeurs musicales oniriques, en utilisant des extraits sonores et visuels cinématographiques. Les dernières séances d’Eddy et les épisodes de La Quatrième dimension auront traumatisés les âmes de nos bambins, devenus des docteurs mabouls opérant des chichirurgies reconstructrices (rotoscopie) sur des pellicules qu’ils avaient eux-mêmes démembrées : la marque de fabrique de Microfilm!

Personne au chant donc, mais de nombreuses voix acousmatiques viennent hanter leur musique. Ils piochent dans le vieux cinéma étranger des ambiances et bribes de langage aux grains de voix surannés, celles des doublures VF: des hommes et des femmes (parmi elles, La Fille qui en savait trop), des conquérants de l’espace, des expériences scientifiques (La nuit des morts vivants) ou encore des enquêtes policières.

Les prestations scéniques de Microfilm ne sont pas des ciné-concert pour autant. Les compositions d’éléments acoustiques et optiques qui font le succès du groupe, se valent, se répondent, «mêlent la réalité concrète et le merveilleux, l’ici et l’ailleurs, le non-contemporain et l’actuel, l’identifiable et le bizarre* ».

A voir et à revoir !

 

A écouter : l'album Stereodrama, 2007.
www.microfilm.tv

 

*N°8–2000, Cultures-Esthétiques, De l’usage du collage en art au XXe siècle, Jean-Marc Lachaud

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