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Max Bird et son Encyclo-Spectacle

Max Bird et son Encyclo-Spectacle

Max Bird L'Encyclo-spectacle Style : Humour Date de l’événement : 30/03/2018

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Fort de ses 400 000 abonnés sur YouTube où il aborde dans chaque vidéo un thème scientifique différent qu'il vulgarise avec humour, Max Bird se prépare en plus à partir en tournée dans toute la France avec son Encyclo-Spectacle. Celle-ci commencera d'ailleurs par Lille avec une représentation le 30 mars au Splendid, que l'on imagine drôle à souhait et pleine d'informations surprenantes ! Avant de partir sillonner la France, Max Bird a répondu à nos questions...

Vous êtes passé par le cours Florent, apprendre à jouer, c’était un moyen de vous former au métier d’humoriste ?

Je suis venu au cours Florent, pas dans le but d’apprendre à jouer mais plutôt dans le but de rencontrer un réseau. C’est comme ça que ça fonctionne quand on veut devenir comédien et qu’on n’est pas de Paris, qu’on ne connaît personne dans ce métier ; la manière la plus simple, c’est d’arriver dans une école de théâtre où on va rencontrer d’autres gens qui veulent devenir comédiens, des professeurs qui sont aussi acteurs… Ce n’est pas une école de formation d’humoriste le Cours Florent, c’est une formation pour devenir acteur. Quand on arrive comme moi je l’ai fait, avec des envies de one-man-show et tout ça, on ne nous encourage pas beaucoup là-dedans parce que ce n'est pas une école qui est faite pour former les humoristes.

Dans l'Encyclo-Spectacle, vous jouez parfois quand vous imitez des animaux ou autres… Il y a une part de comédie !

Tous les humoristes sont des comédiens ! Mais, au Cours Florent, on travaille des scènes de Shakespeare ou de Molière ; si quelqu’un arrive avec des sketches, plus quotidiens on va dire, sur la différence entre les hommes et les femmes, c’est quelque chose de moins noble que le théâtre. Mais, évidemment, les humoristes sont tous des comédiens.

D’où vous est venue cette idée de mélanger humour et science ?

A la base, je suis passionné de sciences ; je voulais être biologiste quand j’étais petit, pas devenir comédien ! Mon idée fixe était de partir en Amazonie pour étudier les animaux qu’il y avait là-bas, c’était ma vraie grande passion. Je pensais faire de longues études de biologie et, après, partir en Amazonie comme dans mon rêve. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai pu aller faire mon lycée en Guyane Française ! Je suis donc allé vivre en Amazonie pendant mon adolescence et, sur place, j’étais tout le temps dans la forêt, je n’allais plus en cours, je vivais ma passion de manière très boulimique.

Vers 20 ans, la plupart des animaux que j’avais voulu observer, j’avais pu les trouver, j’avais pu les prendre en photo. J’avais la sensation d’avoir pu réaliser mon rêve de gosse très tôt finalement. Plutôt que de rentrer en France et de suivre des longues études, j’ai eu la sensation de devoir changer de rêve. Je me suis dit qu'il fallait trouver un autre rêve, un rêve de secours, un autre objectif parce qu'apprendre pendant 10 ans des trucs que je sais déjà pour retourner en Amazonie et comparer avec ce que j’ai vécu plus jeune, ce n'est pas la bonne méthode, je vais être malheureux. Je me suis donc ensuite dit que j'allais faire autre chose qui n’avait rien à voir, où je ne pourrais pas comparer. Je suis donc finalement monté à Paris pour essayer de devenir comédien. Au pire, si ça ne marchait pas, je ne pourrais pas me plaindre parce que j’avais déjà eu beaucoup de chance d’avoir réalisé mon premier rêve.

Le fait de monter à Paris faire de la scène s'est donc imposé ?

C’est ça. En fait, j’ai eu une période où j’étais un peu perdu parce que mon repère c’était ça depuis toujours, tous mes proches le savaient. Ils ne s’attendaient pas du tout à ce que je change de voie en cours de route. La scène m'attirait parce que c’est le seul truc qui me paraissait aussi absurde et aussi puissant que l’Amazonie. On a l’impression que tout le monde, plus ou moins, rêve d’être acteur, c’est un truc partagé par beaucoup de gens. C’est un des métiers les plus absurdes : il y a un facteur chance qui est gigantesque quand on fait ce genre de carrière ! C’est ce qui m’a attiré : jetons-nous là-dedans avec la même absurdité que pour l’Amazonie et peut-être que ça va marcher !

C'est un des métiers les plus absurdes, il y a un facteur chance qui est gigantesque quand on fait ce genre de carrière !

Max Bird

Ça a été difficile de présenter un nouveau genre de one man show, qui ne présente pas le quotidien, qui est vraiment de la vulgarisation scientifique, au public ?

Ça a été difficile de se lancer, par contre, une fois que je l’ai fait, ça a été beaucoup plus facile. Quand j’ai commencé enfin à parler d’autres thèmes, c’est là que le spectacle a commencé à marcher. Ce qui a été difficile, c'était de se convaincre que c’était une bonne idée. Au début, je faisais des sketches très lambda, j’en avais un sur le métro, un sur les sachets de gruyère râpé avec l’ouverture facile qui n’était pas facile, enfin le genre de thèmes qui sont vraiment taillés sur mesure pour séduire un maximum de personnes, que tous les gens dans la salle puissent se reconnaître. Au début, c’était donc le genre de sketches que je présentais parce que, certes, au fond de moi, j’avais envie de parler d’autres sujets, mais il faut se rendre à l’évidence, les gens, eux, ils n'en ont rien à faire des trucs qui m’intéressent moi comme l’Amazonie, l’Égypte, les oiseaux…

Quand j'ai commencé enfin à parler d'autres thèmes, c'est là que le spectacle a commencé à marcher

Max Bird

Qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes lancé et que vous avez commencé à parler de science ?

Quand j’ai commencé à faire des festivals d’humour où il y a des concours, où on met différents humoristes sur la même scène, c’est là que la nécessité de se démarquer est arrivée. On ne pouvait plus présenter des petits sketches sur le métro ou sur ce que tel homme politique a dit parce que, quand je présentais ça, ça avait l’air ridicule. A côté de moi, il y avait des gens qui étaient vraiment spécialistes de l’observation du quotidien ou de l’humour un peu trash. Quitte à ne pas être drôle et à ne pas faire rire les gens parce que mes sketches sont moins bons que les leurs, je vais présenter un sketch que je suis certain que personne ne va présenter, je vais parler des dinosaures ou je vais faire un sketch sur l’Égypte. C’est là que ça a commencé à marcher, que les jurys de professionnels ont commencé à me remettre des prix et m'ont demandé si tout le spectacle était comme ça car les sketches étaient vraiment originaux. Je leur répondais "Bien sûr !", mais ce n’était pas vrai ! Après, je me suis dit que c'était un message que m’envoyait le métier, qu'il fallait que je fasse un spectacle entier sur ce genre de thèmes parce que, déjà, moi, ça m’éclatait comme un fou et, en plus, c’était peut-être la clé pour que le spectacle fasse parler de lui.

Vous diriez que vos vidéos et l’Encyclo-Spectacle c’est un peu "C’est pas Sorcier" avec beaucoup d’humour ?

Oui, j’aime bien présenter les choses comme ça, parce que ça permet aux gens d’avoir des références. En général, c’est ce que je dis : c’est une sorte de "C’est pas Sorcier" animé à la Jim Carrey. Ça permet d’avoir une image parce que ce sont vraiment les thèmes qu’on trouve dans des documentaires et dans des émissions de vulgarisation scientifique, avec le style très énergique et déjanté pour coller avec les codes de YouTube aujourd’hui. Mais j’ai toujours été comme ça, avant même de penser à faire de la scène et des vidéos YouTube, j’étais déjà quelqu’un qui parlait de ce genre de sujets et de manière déjantée. Quand on est passionné par des trucs scientifiques, souvent, on a envie d’en parler avec d’autres gens mais, eux, ça ne les intéresse pas forcément de prime abord ! Donc, inconsciemment, quand on a envie de parler de ce genre de sujets, on rajoute des blagues, on rajoute des mimiques, des références à la culture populaire, plein de trucs qui peuvent rendre le sujet moins barbant et un peu plus attrayant.

Vous avez déjà eu envie de faire autre chose que de la vulgarisation scientifique ou, récemment, une envie de changer, d’aller vers des nouvelles choses ?

Non pas vraiment, il y a tellement de sujets que j’ai envie d’aborder ! Je n’aurais jamais le temps de tous les aborder dans ma vie donc je pense qu’il n’y aura pas de lassitude sur le plan de la vulgarisation scientifique. Après, il y a d’autres choses dont j’ai envie de parler, que peut-être j’aborderais sur ma chaîne. Sur le cinéma, éventuellement sur la politique ou l’écologie, mais on va dire que, globalement, je sais que mon dada c’est vraiment la vulgarisation.

Vous avez sorti un livre en 2017 "Max Bird dézingue les idées reçues". D’où vient cette envie de changer de support, vous qui êtes habitué au stand-up et à la vidéo ?

A la base, comme je viens justement de la photographie, de l’ornithologie, l’envie de faire un livre avait toujours été un peu là, même si mon envie était plutôt de faire un livre de photos d’oiseaux. Je pense d'ailleurs que j’en ferai un, à terme, parce que je parle régulièrement des photos d’animaux que je fais sur les réseaux sociaux et je fais aussi un programme sur YouTube qui s’appelle "Max Bird Safari" où je raconte des petites histoires autour de photos que j’ai prises en Amazonie. Mais là, ce n’est pas une envie de changer de support ; j’ai été approché par des éditeurs qui m’ont expliqué que ce serait une bonne idée de faire un livre. Au début, je n’étais pas très emballé, comme vous le dites, j’ai mon spectacle, j’ai les vidéos, les choses que je sais faire, alors que le livre, ce n’est pas quelque chose que je connais très bien. J’avais peur que ce soit vu comme un produit dérivé de la chaîne YouTube ou comme une manière de faire de l’argent. Mais je me suis dit qu’il y avait tellement d’idées reçues que je ne traiterais pas en vidéos et que, de toutes manières, la façon de les traiter par écrit m’intéressait, je voulais voir comment ça pouvait fonctionner le fait d’être drôle ou d’être clair sur des concepts un peu compliqués à l’écrit. Je me suis vraiment éclaté à écrire le bouquin ; je l’ai écrit de A à Z. Finalement, je ne regrette pas d’avoir porté le truc. Au début je n’étais pas très chaud pour changer de support et finalement je suis très content du résultat !

C’est un projet que vous pourriez renouveler ?

Oui, pourquoi pas ! Les éditeurs me proposent d’autres idées et me disent que ce serait bien de faire ci, de faire ça, le seul problème c’est le temps. Il faut beaucoup de temps pour faire le livre et j’ai vraiment à cœur que ce soit moi qui fasse tout. Je ne veux pas que ce soit des produits dérivés marqué Max Bird dessus et qu'on pense que ce sont d'autres gens qui l'ont fait. Ça, ça ne m’intéresse pas. Ça doit devenir une marque de fabrique, il faut qu’on ait confiance dans les informations qui sont délivrées dans les vidéos et le spectacle, dans le livre. Et la seule manière d’être sûr du contenu, c’est que ce soit moi qui l’écrive !

Pour finir, quels sont vos projets pour l’avenir ? Continuer votre chaîne YouTube, faire un nouveau spectacle ?

Ce qui est sûr, c’est que l'Encyclo-Spectacle va tourner encore un moment, il va évoluer à l’intérieur de lui-même mais il n’y a pas de nouveau spectacle prévu pour l’instant. Vu qu’il y a tout un public à aller découvrir grâce à la chaîne YouTube - qui du coup m’a amené beaucoup de notoriété sur internet -, le spectacle va encore tourner quelque temps je pense avant qu’il y en ait un nouveau. En revanche, pour les vidéos, le projet c’est de retrouver un rythme de publication décent, parce que ces derniers temps avec justement le spectacle, le livre aussi qui est sorti et plein de projets qui sont en train de se mettre en place, ça n’a pas laissé beaucoup de temps pour faire des vidéos. Mais là, l’objectif c’est de continuer à faire des "Max Bird Safari", des idées reçues, un maximum de vidéos sur la chaîne YouTube. Il n’y a pas de projets très clairs et très tranchants par rapport à ce que je fais depuis 2 ans, mais, on va continuer à faire un maximum de vidéos avec un maximum de nouvelles idées pour continuer à fidéliser du public autour de la science et de l’amusement !

© Max Bird

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