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Les Mauvaises Langues : un 8e album, 25 ans de carrière et un concert au Splendid !

Les Mauvaises Langues : un 8e album, 25 ans de carrière et un concert au Splendid !

Les Mauvaises Langues Etrange Affaire Date de l’événement : 06/06/2024

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Les Mauvaises Langues sont de retour avec un 8e album et 25 ans de carrière au compteur ! Dans cette interview, ils nous partagent leur parcours marqué par l'amitié, la passion pour la musique, et la fidélité. À l'occasion de la sortie de leur nouvel opus "Étrange Affaire", le groupe nous entraîne dans les coulisses de la création notamment pendant la pandémie de Covid-19. Ils nous dévoilent le sens du titre et de la pochette de cet album, leur attachement à notre région, ainsi que les liens forts tissés avec leur équipe belge, une véritable seconde famille. Alors que leur prochain concert au Splendid le 6 juin 2024 s'annonce comme un moment de célébration et de partage, les Mauvaises Langues nous invitent à plonger dans leur univers musical empreint de sincérité et d'évolution constante.

On est très contents de vous accueillir de nouveau ici, car ça fait très / trop longtemps ! Ces dernières années ont été très particulières, et on vous retrouve aujourd'hui pour vos 25 ans de carrière et votre 8e album. 25 ans de carrière, ça se fête, et j’imagine que c’est une étape qui peut être aussi un moment de réflexion. Est-ce que c’est le cas pour vous, et si oui, quelles réflexions cet anniversaire a amené autant sur le chemin que vous avez parcouru que sur la suite de cette belle aventure ?

C’est vrai que quand on regarde dans le rétroviseur, on est assez heureux d’avoir vécu cette aventure. Au départ, on espérait même pas en faire notre métier. C’est d'abord une affaire de copains puis après on a eu l'opportunité de devenir professionnel. C’est 25 années qu’on regarde avec tendresse et en étant assez fiers que ça dure encore. Ça fait longtemps qu’on se demande si c’est peut-être le dernier album puis finalement on continue et on est très contents de cela. Il commence à y avoir des chiffres qui nous donnent le vertige : 25 ans de carrière, environ 1000 concerts, 8e album. Mais pour nous c’est du bonheur car c’est avant tout une aventure humaine au sein du groupe et aussi avec les gens qui nous entourent depuis longtemps. Tout ça est une affaire de fidélité, d’amitié, de fraternité donc c’est que du bonheur et on n’hésite pas à se le dire entre nous !

Tout ça est une affaire de fidélité, d’amitié, de fraternité donc c’est que du bonheur et on n’hésite pas à se le dire entre nous !

Les Mauvaises Langues à propos de leur 25 ans de carrière

Vous aviez sorti votre précédent album en 2019, juste avant la pandémie de Covid-19. Quels impacts ces dernières années très particulières ont-elles eu sur votre groupe, et sur la création de votre nouvel album ?

Le fait qu’on soit un collectif assez soudé fait que dans les épreuves on est plus forts à l’inverse d’un artiste seul, qui lui est seul face à son projet artistique. Nous on est 5, quand quelqu'un a un coup de mou, il y en a un autre pour le pousser. On a traversé la période de confinement et le retour à l’activité progressif, mais ça a été puisque pendant le confinement on a lancé l’écriture du dernier album. On a eu du temps pour écrire, réfléchir à ce qu’on voulait faire et la direction dans laquelle on voulait aller. Reprendre avec Vérone Production c’est aussi un amortisseur pour nous dans la reprise de l’activité de musicien, qui nous a permis de nous relancer après l’épisode COVID pour retourner au studio, refaire des concerts. Mais le fait d’être une bande, on représente un soutien mutuel pour chacun. C’est la force de la création artistique, que ce soit en musique, en écriture ou alors en peinture, ça nous permet de transformer quelques fois des choses sombres en création. Il n’y a pas que les belles choses qui permettent d’écrire, au contraire. Comme on va puiser dans ce que l’on vit, il y a quelques fois des choses douloureuses, des angoisses, des inquiétudes mais c’est grâce à cette force de pouvoir transformer.

La pochette de "Etrange Affaire", le 8e album des Mauvaises Langues © Bertrand Denele

Ce 8e album “Étrange affaire” à un titre intriguant je trouve. Pourriez-vous nous en dire plus sur le choix de ce titre et ce qu'il représente pour vous ?

“Étrange affaire” ça vient d’une chanson. C’est un questionnement sur le fait qu’on soit à peu près au courant de toutes les problématiques liées au climat, à la surproduction, à la pollution, qu’on ait toutes les données et pourtant, en tant qu'humains on n’a pas l’impression de changer quoi que ce soit ou du moins on ne met pas le pied sur le frein. On avance sur une route où on ne va pas forcément dans le bon sens dans ces thématiques-là. La chanson “Étrange affaire” qui a donné le nom à cet album, c’est ce questionnement, cette dualité qu’on a tous individuellement. On est conscients de tous ces enjeux mais pourtant on est capables de prendre l’avion pour aller voir quelqu'un à l’autre bout de la France, ce n’est pas forcément traduit en actes. La symbolique de la pochette c’est un chemin où on ne sait pas vraiment où c’est, c’est un peu énigmatique comme photo mais il y a un point de fuite. Comme nous sommes optimistes, notre point de fuite c’est le soleil, on avance sans trop savoir où on va donc finalement c’est une étrange affaire que la nature humaine.

Vous avez choisi comme 1er single “Aujourd’hui”. Au début, la chanson peut paraître assez légère, mais vous y abordez en fait un thème assez fort puisque vous évoquez le Brexit. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de ce morceau ?

J’ai l'habitude d’aller à Wimereux sur la côte d’Opale et dès que j’arrive sur la digue face à la mer, j’essaie souvent d’apercevoir les falaises en Angleterre. J’y vais le 1er janvier et le Brexit était effectif à partir de ce jour-là. Il y a eu une petite forme de tristesse, l’idée c’était de dire dans la chanson qu’à partir du 1er janvier, les falaises d’Angleterre ont l’air plus loin que d’habitude. On a passé beaucoup de temps à fantasmer sur l'Angleterre, toutes les musiques qu’on écoutait venaient de là-bas. On avait une histoire avec ce pays et forcément il y a une forme de mélancolie, de tristesse. On l’a vraiment abordé comme une séparation amoureuse. L’Angleterre et Londres en particulier ont eu une importance dans notre adolescence assez importante.

À chaque fois, c’est important pour vous de partager au moins un morceau inspiré de notre région. Ce nouvel album comprend “La brique rouge”, une chanson particulière qui est un clin d'œil à notre région. Est-ce que vous pouvez nous raconter l’histoire de cette chanson ?

C’est un symbole de la région, il n’y en a pas partout des briques rouges. C’est un hommage au Nord Pas de Calais et à la Picardie, ce symbole des briques rouges mais aussi au passé industriel. On apprécie à chaque fois faire un clin d'œil à la région !

Est-ce que vous envisagez d’en faire un clip ? 

Ce n’est pas envisagé mais c’est une bonne idée !

Vous avez de nouveau enregistré au Jet Studio à Bruxelles. On peut découvrir des vidéos des coulisses de cet enregistrement sur vos réseaux sociaux. Vous avez développé une histoire particulière avec ce lieu et même avec l’équipe avec laquelle vous avez travaillé sur cet album. Vous pouvez nous en parler ? 

La notion de fidélité est très importante dans le groupe. Rudy Coclet, l'ingénieur son de Arno pendant des années, a acheté le Jet Studio à Bruxelles qui est le plus vieux studio de la ville. On a rencontré cette équipe belge, et notamment une jeune assistante en 2004 qui venait de terminer ses études, Géraldine Capart, qui a assisté à la conception de notre 3e album Horizon. Depuis cette rencontre, on ne s'est plus quittés. Il y a eu un coup de cœur mutuel et on aime beaucoup cette ambiance bruxelloise où c’est à la fois très professionnel dans le travail et à la fois très détendu. Les studios sont techniquement très performants et très bien équipés. On a réalisé 3 albums au Jet Studio. C’est un lieu magique, il y a une âme surtout dans la cabine d’enregistrement principale où on se retrouve dans les années 50. C’est un lieu qu’on peut habiter, où on peut y dormir et c’est vraiment génial car on est en immersion totale pendant une dizaine de jours. Il y a des chambres à l’étage, on se retrouve le matin, on peut manger sur place. C’est un cocon de création avec des gens bienveillants qui se connaissent bien mutuellement, et c’est super agréable. C’est super agréable également de travailler avec une fille (Géraldine Capart) car l’élément féminin est très important dans la douceur et la fluidité du travail. Géraldine est très psychologue, elle nous connaît bien. Elle a une façon de nous dire quand ça ne va pas qui est très bienveillante, puis elle est très compétente techniquement donc il n’y a pas de raison qu’on change l’équipe. C’est aussi un côté très agréable d’avoir un élément qui maîtrise le studio, dans un environnement très complexe, ça facilite le travail.

Quand vous retrouvez cette équipe belge, est-ce qu’elle est un prolongement du groupe ? Elle fait tout simplement partie de l’histoire du groupe. Et est-ce que ça va même au-delà du travail, on peut parler d’une deuxième famille ? 

Ce sont des amis qu’on retrouve tous les 4 ans. Même chose avec Gilles Martin, celui qui a mixé l’album et qui vit maintenant pas très loin d’Orléans. On se retrouve, on dort chez lui et on passe de bons moments car ce sont des amis. Il y a beaucoup de groupes qui à chaque album signent un nouveau réalisateur, ou un autre producteur mais dans le projet des Mauvaises Langues c’est le fait d’être ensemble. Au départ, l'idée était de monter un groupe quand j’ai commencé la musique. J’ai toujours fantasmé sur l’idée d’être un groupe, de monter dans un camion avec nos guitares dans le dos et d’aller faire des concerts. Même sur scène on essaye de partager un moment fort ensemble et de profiter !

On a toujours mis un point d’honneur à aller rencontrer les gens après chaque concert. On n’imagine pas du tout descendre de scène et partir dans les loges, car ce temps d’échange fait partie du concert. Ces rencontres avec le public après les concerts ont créé de nouvelles amitiés.

Les Mauvaises Langues

Il y a cette fidélité avec l’équipe mais aussi avec le public, car après 25 ans certains vous suivent depuis très longtemps. Il y a le soutien du public qui est là et qui vous suit à chaque instant.  

On a cette chance, car quand on a commencé on s’est forgé un public. Au début c’était les amis puis à force de jouer à droite à gauche, des gens se sont agglomérés. On a toujours mis un point d’honneur à aller rencontrer les gens après chaque concert. On n’imagine pas du tout descendre de scène et partir dans les loges, car ce temps d’échange fait partie du concert. Ces rencontres avec le public après les concerts ont créé de nouvelles amitiés. Il y a des gens qu’on retrouve souvent avec qui on s’est lié d’amitié et à force de se voir on ne parle même plus de musique mais de nos vies. Il y a pleins de belles histoires comme par exemple un couple qui s’est rencontré à notre concert et qui a donné le prénom Zoé à leur fille en référence à notre chanson.

Est-ce qu'il y a une facette de l’album qu’on n’aurait pas évoquée que vous avez envie de nous partager ?

C’est le cliché de dire que c’est notre album préféré, mais c’est l’album qui nous correspond le plus en termes d’écriture et d’arrangement. C’est tout ce parcours de 25 ans où on a appris notre métier de musicien sur scène mais aussi d’auteur/compositeur. Finalement, on se pose moins de questions dans les directions artistiques qu’on a choisies et on est de plus en plus en phase avec ce qu’on évoque en tant que musicien par rapport à nos goûts, ce qu’on aime et la direction qu’on veut suivre. C’est un disque qui nous ressemble plus que les autres, on ose écrire des choses qu’on n’aurait pas faites il y a 10 ans. On sait désormais mieux ce qu’on sait faire mais aussi ce qu’on ne sait pas faire. Plus on avance, plus on est sincère dans la création. Ce qu’on écrit est en phase avec ce qu’on vit, ce qu’on observe et ce qu’on ressent à une période donnée. C’est clair qu’on n’écrit pas de la même manière à 25 ans et à 50 ans.

Avec le temps qui passe et tous ces changements, la façon dont vous allez ré-écouter ce que vous avez fait, pour vous dire aujourd’hui j’aurais peut-être pas fait la même chose. Est-ce qu'il n'y a pas à ce jour une envie de faire une version live en faisant au bout du jour parmi vos envies ou est-ce que ça changerait l’essence même de ce que vous avez créé ? 

Non c’est une bonne idée, on en a déjà parlé car on n’a jamais sorti d’album live. Ça fait partie des projets, je trouve certaines versions lives mieux que les versions studio sur certains morceaux. À force de jouer une chanson, on la joue de mieux en mieux et en plus, on peut lui apporter des améliorations. Le live c’est une réduction du studio, on peut faire ce qu’on veut alors qu’on est à 5 sur scène. Parfois, les chansons gagnent en efficacité en live car il y a moins d'arrangements et sont plus convaincantes que les versions studio. On a joué au Théâtre Sébastopol avec un chœur de 80 personnes qui chantaient derrière nous, la chanson prend une autre dimension. C’est notre principe d’écriture depuis le départ, il faut que la chanson soit satisfaisante avec uniquement le chant et la guitare. Prenons le cas des Beatles, leurs chansons sont réductibles à la guitare et au chant, et elles sont magnifiques ! À partir de cette base, il y a eu des milliers de reprises avec différents instruments, ça fonctionne toujours.

Un concert est prévu le 6 juin 2024 au Splendid. C’est quoi le programme de ce moment de fête et de partage ? Des surprises ? 

Il y a surtout le fait de faire rentrer 8 albums dans un concert, on a l’embarras du choix. Il y a une centaine de titres enregistrés, il faut qu’on aille sortir l'essentiel, la quintessence. C’est un équilibre à trouver entre les nouveaux morceaux qu’on a envie de jouer sur scène et faire découvrir au public en live. Et les incontournables du répertoire, les morceaux que les gens attendent. Il y aura peut-être des surprises mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant ! Le Splendid c’est notre maison, c’est notre première grande salle en 1999. C’était notre premier contact avec une vraie scène professionnelle. Le fait d’y retourner 25 ans plus tard, c’est une boucle qu’on ferme.

Interview : Aurélie Gamelin, Gaspard Papin & Mickael Hubert
Photo : Mickael Hubert
Vidéo : Clément Verhoeven

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