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Dédo

On a découvert Dédo en 2006 dans le Jamel Comedy Club. Le "métalleux de banlieue" a sévi pendant trois saisons avant de suivre son propre chemin. Avec Yacine (également du JCC), ils ont mis en scène dans des vidéos « L’Histoire racontée par des chaussettes » et animé l’émission Le Comedy Club Live sur Le Mouv’. L’année passée, on a retrouvé Dédo dans la série bref. et récemment en première partie de la Comédie Musiculte des Airnadette à l’Olympia.
A l’occasion de son passage à La Boîte à Musiques de Wattrelos le 07 mai prochain, l’artiste a bien voulu répondre à nos questions pour nous présenter son nouveau spectacle, « Prince des Ténèbres », sur fond de Métal, de cinéma et bien sûr d'humour.

Clément : Tu es passé à La Péniche en septembre dernier. Comment as-tu trouvé l’accueil du public à Lille, qui est une ville plutôt réputée rock ?
Dédo : L’accueil était très très sympa. Pour avoir déjà joué à Lille avec la troupe du Comedy Club il y a quelques années, ça avait déjà été l’un des publics les plus chauds et les plus accueillants auquel on a eu affaire. Là, revenir avec le spectacle solo, c’était complet à La Péniche, les gens étaient très réceptifs et présents pour participer quand je leur posais des questions, jouer le jeu de l’interaction. Donc vraiment un très bon souvenir.
Clément : Pour l’occasion tu avais fait une petite vidéo promo. Alors, est-ce que tu as résolu le problème de "dans" ou "sur" La Péniche maintenant que tu y es allé ?
Dédo : Et bien écoutes, j’ai joué "dans" La Péniche, un petit peu "sur" quand je suis arrivé dans l’après-midi, mais principalement "dans" La Péniche… Un jour je jouerais "sous" La Péniche avec un scaphandre ! (rires)
Clément : Ça peut être pas mal effectivement ! Mais ça risque de coûter cher en location de matériel...
Dédo : Oué mais c’est intéressant tu vois, ça peut être novateur.

Un jour je jouerais "sous" La Péniche avec un scaphandre !

Clément : Là tu reviens dans la région avec ton spectacle « Prince des Ténèbres ». D’ailleurs, hier sur Twitter tu as proposé aux gens de se prendre en photo à côté des colonnes Morris (colonnes publicitaires à Paris, NDLR). Comment toi tu présenterais ton spectacle aux passants qui voient ton affiche ?
Dédo : Aux passants qui voient mon affiche… 1) Ne soyez pas effrayés, parce que ce ne sont pas de vraies flammes, donc pas la peine de venir au spectacle avec des vêtements ignifugés. 2) La backline où il est écrit « Si vous avez aimé Les Choristes, n’y allez pas » est vraie ! Si vous avez aimé ce film, ne venez pas, ça m’arrange. Je veux des gens de qualité.

Et ensuite, le spectacle parle de tout ! Il ne faut pas justement se restreindre à l’image que ça peut projeter d’avoir un mec avec les cheveux longs habillé en noir. J’en parle un petit peu parce que, forcément, ça fait partie de moi et de mon image. Mais j’en parle à peine cinq minutes, que ce soit le Métal ou tout ça. Parce que j’ai envie de parler à tout le monde des "thèmes généralistes", comme une conversation en soirée en fait. Quand tu arrives en soirée, tu as envie de parler de tout et n’importe quoi, et non pas de rester sur un seul thème.
Donc le spectacle parle vraiment de tout ! Je parle de cinéma, de la mort, la vieillesse, la mythologie grecque, les meufs… Je parle d’un milliard de thèmes, ce n’est pas un spectacle avec une seule couleur. Au contraire, c’est très généraliste. Le but du jeu, c’est de se dire en sortant qu’on a eu l’impression de parler avec un pote pendant une heure et demie et qu’il a raconté des trucs marrants. Si vous sortez en ayant eu cette sensation-là, j’ai gagné mon pari !


Clément : En parlant de cinéma, tu as posté pas mal de vidéos sur YouTube dans lesquelles tu donnes ta vision sur certains films (Avatar, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé…) ou même tu les parodies (Bilbo le Hobbit, Director’s cut). Tu es donc un vrai cinéphile ?

Dédo : Oui oui, je suis vraiment dingue de cinéma depuis tout petit. Très tôt, on me laissait regarder des films, j’en ai beaucoup profité et ça m’a ouvert à tous les cinémas possibles ; c’est-à-dire le cinéma de genre comme le cinéma un peu plus traditionnaliste. J’aime le cinéma de Sergio Leone, Akira Kurosawa en passant par John Carpenter et un milliard d’autres réalisateurs. J’adore vraiment ça ! C’était donc légitime que j’en parle dans le spectacle et que je donne mon avis sur certains films. Mais pas ceux que j’ai déjà traités en vidéo.
Clément : Donc il reste des surprises pour le spectacle…
Dédo : Ah oui, complètement ! Tout ce qu’il y a dans le spectacle est totalement neuf par rapport à tout ce que tu as pu voir en vidéo. Pour que les gens justement n’aient pas une sensation de redite.
Cette vidéo qui a été publié sur le site de Golden Moustache avec lequel je travaille, qui s’appelle un "director’s cut", est effectivement une parodie de Bilbo Le Hobbit. J’espère en fait que ce sera amené à devenir un programme court parce que j’aimerais bien en développer plein d’autres.

Bilbo Le Hobbit, Director's cut

Clément : Justement, on t’a vu aux côtés de Kyan Khojandi dans bref. où tu jouais le rôle de Julien, le pote à conditions générales. Est-ce que ce n’était pas trop dur pour un "métalleux" de se restreindre à des habits un peu plus conformistes, coiffé, rasé de près… ?
Dédo : À la base, je suis comédien. Le jeu pour moi, et mon métier, ça a toujours été de changer de rôle et de pouvoir m’adapter à n’importe quelle situation. J’ai toujours dit dans l’absolu qu’être métalleux était très important. Mais si un jour on me propose un rôle au cinéma où je dois avoir le crâne rasé, si le rôle est intéressant et mortel, je le ferai. Parce que c’est ça qui m’intéresse, c’est de jouer des rôles, et c’est ça qui me fait vibrer. Maintenant, c’est vrai que le pote à conditions générales, ce fameux Julien, était spécifiquement très très très mal habillé. Donc en fait à l’écran, on se disait : « Quand même, c’est dur pour ce mec ! Ce pauvre personnage est dégueulasse ». Mais c’était marrant à faire du coup parce que - et c’est ça que j’ai trouvé très cool de la part de Kyan et Navo - c’est qu’ils m’ont fait joué un rôle à contre-emploi.
Clément : Oui, ils ne t’ont pas enfermé dans le personnage qu’on avait connu via le Comedy Club.
Dédo : Exactement. Ça a été intéressant pour moi parce que les professionnels du métier ont pu se dire que j’étais capable et susceptible de jouer d’autres palettes, de pouvoir tenir d’autres rôles. Je n’ai pas envie de me restreindre à un seul type de rôle ou quoique ce soit, d’être catalogué quelque part. Le but du jeu, c’est que les gens viennent voir mon spectacle. Peut-être au début parce qu’ils se rappellent de moi comme le métalleux du Jamel Comedy Club, mais qu’en sortant, ils ne soient pas déçus parce que je ne me suis pas cantonné à ce personnage. J’espère faire un deuxième spectacle – et j’y compte bien – et je ne veux pas que ça freine les gens si j’ai les cheveux courts. Qu’ils pensent : « J’ai envie de voir le spectacle de Dédo parce qu’il est marrant, et pas parce qu’il a une attitude ou des cheveux ». Même si ça fait partie intégrante de moi ! Un jour, si je viens à me couper les cheveux, ils seront toujours longs à l’intérieur (rires).

Je n’ai pas envie de me restreindre à un seul type de rôle ou quoique ce soit, d’être catalogué quelque part.


Clément : Pour parler un peu d’actu Métal justement, Jeff Hanneman, le guitariste de Slayer, est décédé hier et tu as posté un tweet dans lequel tu dis que tu es vraiment dévasté par cette perte. Slayer, c’est un de tes groupes favoris je suppose ?

Ça a été un des groupes avec lequel j’ai découvert le trash et spécifiquement le Métal. C’est vrai qu’on savait que Hanneman était malade depuis deux ans en fait, il avait une maladie qui lui bouffait les chairs… Enfin bref, il est mort donc hier et c’est vrai qu’on perd un mythe, une légende fondatrice. C’est un groupe qui a été fondé en 1981 et qui a vraiment inspiré des tas et des tas de groupes. Ça m’a fait un peu le même effet que quand Dimebag Darrel, le guitariste de Pantera, qui était dans un autre groupe ensuite, s’est fait tué sur scène. Quand tu perds des vrais guitar hero, des mecs qui ont marqué la musique, qui vraiment t’ont fait vibrer, c’est toujours difficile. D’autant plus que le mec avait à peine 49 ans, il avait encore d’autres albums à creuser derrière… Oué c’est une vraie perte je pense pour le monde du Métal et le monde de la Musique en général. Ça n’est jamais facile.

Clément : On évoquait tout à l’heure de tes vidéos YouTube. Tu es très présent sur les réseaux sociaux où tu commentes beaucoup l’actu, et notamment télévisuelle. Qu’est-ce qui te plait dans ce moyen de communication ? L’interactivité que tu as avec le public ?
Dédo : C’est complètement ça en fait. Twitter, Facebook et Internet en général, je trouve que ce sont des outils mortels pour pouvoir communiquer avec les gens. Et maintenant la communication, pour "fédérer un public", je trouve ça indispensable. En plus je le fais vraiment naturellement parce que j’aime ça. Pendant le spectacle je communique avec les spectateurs et j’aime bien garder cette interaction-là aussi dans la vie. Et puis ça me fait marrer en plus de balancer de temps en temps des tweets sur l’actu ou autre. Des fois tu as des idées et tu ne peux pas tout garder pour un spectacle ; mais tu as juste une idée marrante en tête, tu te dis : « Bon bah vas-y, balançons-la et puis voilà quoi ». La communication que tu peux avoir avec les gens, cette proximité-là, leur répondre sur Facebook ou Twitter, c’est cool parce que ça te permet de créer un lien avec des gens qui apprécient ton travail. Ça me fait marrer et je trouve ça sympa à faire, je ne me force pas.

Clément : En parlant d’interactivité avec le public : qu’est-ce qu’il t’est arrivé de pire dans ton public ? Voir débarquer de vrais métalleux, des gens bourrés à la Kronenbourg©…
Dédo : Oui, c’est arrivé mais ce ne sont pas des mauvais souvenirs ! Ça c’est des trucs justement un peu marrants que tu peux driver et qui, du coup, font des soirées un peu différentes et mémorables. En mauvais souvenir… Si ! Je me souviens qu’un soir il y avait un mec, je ne sais pas pourquoi il était là, je ne sais même pas s’il était tout à fait normal. En tout cas, il avait un gros casque sur les oreilles - mais pas un casque de moto, un casque audio - et il l’a gardé pendant tout le spectacle. Ce qui était intéressant surtout, c’est qu’il avait le dos tourné à la scène ! Moi je lui parlais, enfin j’ai essayé de lui parlé deux, trois fois. Le mec ne me calculait pas, les gens captaient pas trop… Du coup, tu te dis un peu : Qu’est-ce que ce type fout là ? Est-ce que c’est un pari ? Est-ce que c’est un mec bizarre ?... Bon au final, c’est un mauvais souvenir mais je pense que ça en reste un bon parce qu’il aurait pu à tout moment se lever, monter sur scène et me foutre des coups de couteau. Je pense que je m’en suis bien sorti !

Un soir il y avait un mec, il a gardé son casque sur les oreilles pendant tout le spectacle. Ce qui était intéressant surtout, c’est qu’il avait le dos tourné à la scène !

Clément : Dans le trailer de ton spectacle, tu promets à la fin de la vidéo que l’entrée est gratuite si on vient avec un déguisement spécifique. C’est déjà arrivé que quelqu’un se pointe comme ça à l’entrée ?
Dédo : Et bien non ! Mais justement, je trouve ça triste ! Moi j’attends que quelqu’un se pointe comme ça à l’entrée et je peux t’assurer qu’il ou elle rentrera gratuitement avec plaisir. Ce n’est pas une connerie : si jamais vous prenez la peine d’assurer ce déguisement-là, vous rentrez avec les honneurs. Il n’y a aucun problème !
Clément : Je pense que l’élément le plus difficile ça reste les moufles fourrées Hello Kitty© !
Dédo : Oui mais après, si tu les trafiques un peu, ça passe. Si jamais tu as des gants blancs et que tu dessines un chat dessus, ça passe très bien.
Clément : D’accord ! Et bien on se retrouvera avec plaisir le 7 mai à Wattrelos. Merci beaucoup ! Un petit « Mothafuckaz » pour se dire au revoir ?
Dédo : À tous les lecteurs du site LillelaNuit.com, je vous attends et vraiment j’espère que vous serez très très nombreux Mothafuckaazzz !!

Dédo, « Prince des Ténèbres »

 

 

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