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Bertier, le collectif belge sort le clip enflammé de « Tierra del Fuego »

Après un superbe clip durant le confinement, "Grands brûlés", clip poétique et galvanisant que nous avions mis à l'honneur, on a le plaisir de déjà retrouver Bertier avec un clip tout aussi enflammé qui trouve son public et une bonne presse : "Tierra del Fuego".

Le collectif belge Bertier nous parle de son nouveau clip

D'où vous vient cette inspiration qui continue à exploiter cette notion de l'élément Feu pour ce dernier clip? 

BERTIER : Feu.E a pris une place particulière dans le cheminement du projet des « éléments » du collectif Bertier. D’abord, il a été enregistré lors de la triple canicule de 2019 (au SuziQ chez Quentin Steffen). Or un des thèmes des chansons de Feu.E est la dénonciation de l’emprise excessive de l’humain sur la terre dont le réchauffement climatique est la manifestation la plus… étouffante.

Alors tu penses que ça a « raisonné » au cours de ces enregistrements moites.

Mais, dans mon esprit, Feu.E raconte aussi le carnaval de la vie – les musiques y sont en majorité heureuses, mélodiques et harmoniques – à la façon du Jour des morts mexicain. Joyeux d’apparence, triste au fond. Feu, feue des amis, des amours. Crème (solaire) et chatoiement des destinées ! Car 2019 est aussi l'année de la mort de mon père. Le dernier titre lui est dédié, l’Etincelle (celle du regard, propre à chacun.e des humanoïdes dissociés que nous sommes). Même s’il était convaincu – un peu comme moi d’ailleurs… -  que la vie après la mort est une fumisterie pour frères pois chiches.

Un des thèmes des chansons de Feu.E est la dénonciation de l’emprise excessive de l’humain sur la terre dont le réchauffement climatique est la manifestation la plus… étouffante.

Bertier

Pourquoi cette chanson est importante pour vous ? 

Parce que Tierra del Fuego fait vibrer le 3e sens du titre Feu.E, celui de l’inclusif ! Avec le regard empathique que je tente malgré tout de porter sur l’humain. A la façon, en somme, d’un (presque) vieux mâle blanc sur le déclin, critique, toujours, mais résolument du côté de ceux et de celles qui se battent pour une société moins condescendante, moins normative, plus à l’écoute des diversités. En ce sens, Feu.E est un album engagé. Pas directement, pas donneur de leçons... Je n’ai aucune légitimité pour être le porte-drapeau de qui ou quoi que ce soit. Mais disons que Feu.E est un ‘alboum’ concerné (‘con cerné' aurait dit Gainsbourg).

Vous aviez déjà un magnifique visuel pour "Grands Brûlés", comment a été pensé et par qui a été conçu "Tierra del Fuego"? 

Après avoir conçu tous nos clips, dont Grands Brûlés, Lara Herbinia m’a dit qu’elle souhaitait passer la caméra à d’autres. Elle a alors pensé à Nathalie Polfliet, une illustratrice-dessinatrice dont je connaissais le trait magnifique (notamment parce qu’elle a illustré des livres pour enfants… que je lisais aux miens). J'ai aussi joué avec son guitariste de frère, Damien. On a laissé Nathalie choisir le morceau sur lequel elle voulait créer. On a discuté vaguement d’un story-board, mais l’idée était de lui laisser les coudées franches ! Elle a bossé comme une dingue, dessins, digital painting, vibrante d’imaginaires émouvants et libres de nos consignes qui auraient pu la brider… Avec la complicité du dessinateur québécois Yves Rodier, à l’animation et au montage !  C’est marrant parce que Yves, dont je vous engage à découvrir le travail, est notamment connu pour ses pastiches de Tintin… Et moi j’ai vécu 9 mois à Montréal. Il était écrit qu’on devait se rencontrer au comptoir des amitiés belgo-québécoises !

Le clip de "Tierra del Fuego"

 

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