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« Bohemian Rhapsody » : critique du biopic sur Freddie Mercury et Queen – Interview des acteurs Rami Malek et Gwilym Lee

Cette semaine l’Actu de Lille La Nuit évoque Bohemian Rhapsody, le film évènement que Bryan Singer consacre à Freddy Mercury et au groupe Queen. A cette occasion, nous avons rencontré Rami Malek (Freddie Mercury) et Gwilym Lee (interprète du guitariste Brian May). Critique du film et interview des deux comédiens principaux par Lille La Nuit.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer : Rami Malek livre une incarnation de Freddie Mercury qui confine au mimétisme quasi parfait.

Critique de Bohemian Rhapsody

Bohemian Rhapsody est tout autant attendu que redouté par les fans de Queen et de musique rock. Le projet a traîné en longueur, divers comédiens furent pressentis (dont Sacha Baron Cohen, le créateur de Borat), avant que Rami Malek, héros de la série TV Mr. Robot, ne soit choisi pour porter sur ses épaules l'interprétation éminemment casse-gueule du mythique Freddie Mercury.

On rassure tout de suite les aficionados de Queen : Bohemian Rhapsody est respectueux du groupe et de Freddie Mercury. Sans pour autant tomber dans une hagiographie caricaturale, le film a le bon goût ne pas s'appesantir sur la déchéance physique de Freddie Mercury lorsqu’il tombe malade du SIDA. Le sujet est abordé mais avec dignité, respect, en évitant le larmoyant et le sordide.

Les frasques sexuelles de Mercury sont également mises hors champ. On les évoque, elles ne sont pas censurées, mais ce n’est pas ce qui intéresse Bryan Singer. Sur une trame classique de biopic, le réalisateur de Usual Suspects s’intéresse au parcours des musiciens, de Mercury, à la création des titres phares de Queen, aux concerts, au tournage des vidéos. Tant mieux !

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer : une reconstitution d'époque méticuleuse.

La reconstitution d’époque et des sessions d’enregistrements sont impeccables, les scènes de concerts époustouflantes. On se souviendra longtemps de la performance de Queen au Live Aid (entièrement reconstituée) de Bob Geldof. C'est LE moment du film, qui fera se dresser tous les poils de votre corps. Et même si l'on n'est pas fan du groupe, on se surprend à chanter et taper du pied !

L’interprétation est à l’avenant. Gwilym Lee joue un Brian May parfaitement convaincant. Quant à Rami Malek, il ne livre pas une simple imitation de Freddie Mercury : il en donne sa propre interprétation. Qui confine tout de même au mimétisme quasi parfait. L’acteur est bien parti pour recevoir une petite statuette dorée à Hollywood. Franchement, c’est tout le mal qu'on lui souhaite. Bohemian Rhapsody est une belle réussite du genre qui perpétue avec intelligence et efficacité la légende de Queen. The Show must go on !

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer : la performance de Queen au Live Aid, reconstituée dans son intégralité. Le moment d'anthologie du film !

Interview de Rami Malek et Gwilym Lee

Lille La Nuit : Quels étaient les pièges qu’il vous fallait éviter en tant que comédien, mais aussi être humain, pour que nous puissions croire durant 2h15 que vous êtes Freddy Mercury ?

Rami Malek : Je voulais être très très conscient de ne jamais l'imiter. Parce que dans ma tête il n’y a qu’un seul et unique Freddie Mercury. En revanche pour essayer de peut-être capter, autant que faire se peut, ou du mieux possible qui il était, son essence, je partais de son intériorité. Si je puis dire. Parce qu’elle informait justement, pour moi, son audace sur scène. Il y avait le Freddie intime et l’audacieux performer sur scène. Bien sûr, je peux faire une très bonne imitation de Freddie. Mais l’important n’était pas de faire une parfaite imitation. Je pourrais même faire cet interview avec sa voix. Mais je dois dire qu’en réalité aux moments les plus puissants pour moi, je trouvais cette force pour certaines scènes, bizarrement non pas en pensant Freddie Mercury. Mais c’était moi, vraiment, Rami ! Je puisais ça en moi. Pour, finalement, être aussi honnête que possible ! Vis-à-vis de mon jeu et de mon interprétation. Je voulais éviter la caricature. Par exemple, c’est vrai qu’il avait des dents incroyables, des vêtements incroyables ! Il était incroyable ! Mais ce qui était une grande aide pour moi, c’était que je passais des heures à essayer les costumes. Et pendant que j’essayais les costumes, je demandais aussi qu’on vienne avec le maquillage, aussi tout ce qu’il y avait au niveau des cheveux. Parce que ça ne me donnait pas simplement un sentiment d’être lui comme il allait monter sur scène, mais je pensais à lui en train de se préparer, comme moi finalement je le faisais. En train de se préparer, à justement passer des heures à essayer des costumes, à parler avec des gens et leur demander leur avis, à demander peut-être une petite tasse de thé, toutes ces petites choses qui, pour moi, m’aidaient à être le vrai Freddie, la personne en elle-même. Donc, ça m’a beaucoup aidé à me mettre dans sa peau.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer : Rami Malek (Freddie Mercury) et Gwilym Lee (Brian May).

Lille La Nuit : Intimement, que pensez-vous que le personnage de Brian May, vous a permis d’explorer dans votre travail de comédien, que vous n’aviez peut-être pas pu explorer auparavant ? Dans votre parcours ?

Gwilym Lee : Évidemment ils étaient des personnages flamboyants, des personnages qui prenaient un vrai plaisir à être dans l’extravagance la plus totale. Et c’est vrai que de jouer dans cette ambiance de flamboyance, d’extravagance, ça m’a appris (je crois, un peu) d’abandonner toute peur, toute forme d’auto-censure. Cela m’a encouragé, je crois à l’avenir, de faire des choix plus audacieux, que peut-être je n’aurais pas osé prendre dans le passé. Et puis, c’était un tournage sur lequel il y avait beaucoup d’improvisations parce qu’il était important de vraiment saisir la nuance de nos rapports entre membres de Queen. Donc, on laissait les caméras tourner pour capturer plein de moments différents. Et je crois que ça a été pour moi, une leçon en tant qu’acteur. Je me suis dit : « Voilà ! Il ne faut pas trop intellectualiser, trop penser ! » Je crois que ce rôle m’a permis finalement d’être plus léger dans mon approche. De prendre plus de plaisir dans mon jeu. Et c’est intéressant parce que d’habitude lorsque je lis un script, la première chose c’est qu’on approche un personnage à travers ses émotions, son psychisme, et on se dit « Comment cela va affecter le physique ? » Mais là, c’était tout le contraire puisque physiquement, on savait à quoi ressemblait Brian May. Donc, cette fois-ci au contraire, j’ai commencé par l’extérieur pour comprendre comment cela affectait l’intérieur et l’intime. Donc en regardant cette scène, son son et ses performances, vraiment c’était très étonnant de regarder l’ampleur de ses gestes, et tous ces mouvements, toute sa gestuelle qui informaient énormément l’intime.

Le film Bohemian Rhapsody

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer
Scénario :  Anthony McCarten sur une idée de Peter Morgan
Avec : Rami Malek, Ben Hardy, Joseph Mazzello, Gwilym Lee...
Bande originale : Brian May, John Ottman
Directeur de la photographie : Newton Thomas Sigel
Montage : John Ottman
Producteurs : Bryan Singer, Graham King, Jim Beach, Robert De Niro Sociétés de production : 20th Century Fox, GK Films, Regency Enterprises, Tribeca Productions

Durée : 2h15
Sortie le 31 octobre 2018

Synopsis : Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.

Interview effectuée le mercredi 19 septembre 2018 à Paris.
Affiche, photos et film-annonce : ©  Twentieth Century Fox France

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