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The Horrors + Mueran Humanos au Splendid

Une salle de concert vide ne fait jamais plaisir à voir. Et on imagine facilement la sensation que cela doit procurer à ceux présents sur scène... Mais qu’importe ! Car le duo de Mueran Humanos assure sa partie sans problème. Ces Argentins installés à Berlin distillent, depuis 2011, leur électro-pop teintée de punk à coup de guitare forte et de sons bruts, froids. Les textes sont en espagnol, chose assez rare pour être soulignée. Malheureusement, les instruments couvrent trop souvent la voix claire de Carmen et celle plus profonde de Thomas. C’est dommage ! Heureusement, la salle se remplit peu à peu pendant leur set et le public réserve un bon accueil à Mueran Humanos.

Pour nous faire patienter un peu, des morceaux plutôt sympas et de style variés sont passés, on citera pour donner une idée "Nightclubbing" d’Iggy Pop. Lorsque les lumières s’éteignent à nouveau, le public accueille les Anglais avec chaleur. Un magnifique « Welcome ! » viendra même les saluer du milieu de la salle. On n’avait pas vu le groupe à Lille depuis... Et bien depuis pas longtemps en fait. Puisque The Horrors faisait la première partie de Depeche Mode fin mai 2017 au stade Pierre Mauroy.

Découverts sur scène au Reading Festival en 2007, donc au moment de la sortie de Strange House, leur premier opus, ils nous avaient laissé pantelants, un sourire béat figé sur les lèvres tant leur énergie était puissante et communicative. Dix ans plus tard, leur musique a évolué. Du garage punk des débuts,  on est passé au psyché, à l’électro ou au shoegaze. Le groupe n’a eu de cesse de "malmener" ses  fans qui ont du s’adapter à leurs humeurs et à leurs changements de style. Ceux qui subsistent conviendront que le petit dernier, V, sorti mi-septembre, n’échappe pas à la règle. Car il est aussi lumineux que sombre. Et surtout beaucoup plus abouti et réussi que son précédent. Toujours est-il que, si la prestation de mai nous avait laissé un peu sur notre faim (l’attente frémissante des retrouvailles avec Depeche Mode dirons-nous), nous les attendons avec impatience ce soir !

Et c’est avec "Hologram" qu’ils ouvrent le bal. La lumière est quasi inexistante et on devine plus qu’on ne voit les musiciens qui se meuvent au rythme de la musique. Faris, tout de noir vêtu, semble en transe. Jouant sans cesse avec le pied et le fil de son micro, enchainant mouvements saccadés et félins, il est hypnotisant. Un « Bonsoir Lille thank you ! » viendra ponctuer la fin du morceau. Nous n’en aurons pas beaucoup plus au cours de la soirée. Sans répit, le quintet enchaine les titres. Clavier omniprésent. Guitares vibrantes. Basse cinglante. Batterie impérieuse. Sur "Who can say", la voix particulière de Faris nous susurre des paroles pas vraiment très gaies, qu’on écoute pourtant avec attention. L’atmosphère électrique ne quittera pas la salle jusqu’à la fin du set. Elle prendra un peu plus ses aises sur "Sea Within A Sea". S’affirmera sur "Endless Blue" et ses sonorités punks. Et atteindra son apogée sur "Still Life" qui clôt le set.

Quoi ? Déjà ? Un coup d’œil sur notre montre (oui, on est un peu old school…) nous confirme… Déjà…. Même pas une heure qu’ils jouent. Un peu contrarié on patiente dans le noir. Heureusement, ils reviennent vite et entonnent, après nous avoir remerciés de notre présence, "Ghost". Ce morceau rend impeccablement en live avec sa rythmique langoureuse qui fait se mouvoir le public. Suivra "Something to Remember me By" qui vient terminer la soirée à coups de synthés new wave. Après un dernier salut, The Horrors quitte la scène et nous la salle.

Si les Anglais ont connu une baisse de popularité lors de la sortie de leurs deux précédents disques, il semblerait que la tendance se soit inversée. V est un album qui fonctionne très bien en live. Le groupe est particulièrement bon sur scène et nous avons passé un excellent moment. On regrette juste la disparition de la setlist des morceaux de Strange House. On ne serait pas contre réentendre un petit "She is the New Thing" ou "Jack The Ripper"…. Mais une chose est sûre, on reviendra !

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