General Elektriks + Fowatile au Grand Mix

Le Général ne dépose pas les armes. Et continue sa cavalcade électrique.

 

Deux ans après la sortie de son 'Good City For Dreamers' et de la tournée marathon qui s'ensuivit, RV Salters revient déjà à la charge avec un nouvel album. 'Parker Street'. Un essai confirmant et asseyant le talent du bonhomme. S'imposant comme un musicien surdoué transformant chacune de ses compositions en friandise délectable.

Et si le dernier album est peut-être moins porteur de tubes instantanés, comme le furent précédemment 'Take Back The Instant' ou 'Raid The Radio', c'est avec une gourmandise non feinte que le public remplit peu à peu le Grand Mix en ce soir du 06 novembre 2011. Pressé de voir quelle dimension prendront en live les nouveaux morceaux.

Mais place d'abord aux lyonnais de Fowatile. Un groupe de Hip Hop ayant créé le buzz autour de lui avec son premier EP. Et un passage remarqué au dernier Printemps de Bourges. Les quatre membres du groupe (le MC Elby Dillinger, Greg à la batterie électronique, Dawatile aux claviers et Ben à la programmation) développent une musique originale, loin des clichés banlieusards qui gangrènent les musiques urbaines hexagonales. Un Hip Hop mutant à rapprocher des expérimentations électroniques du Rap alternatif Américain (Antipop Consortium, Cadence Weapon) ou Britannique (Dels, Dizzee Rascal, Roots Manuva).

Le groupe, sur scène, fait preuve d'une présence indéniable. D'un véritable sens de l'esthétisme. Look méticuleusement choisi: lunettes de soleil, fringues colorées, capuche en fourrure, baskets flashy... Jeux de lumières savamment dosés. Utilisation de la vidéo via un écran de télévision placé en bordure de scène. Elby se révèle être un excellent MC. Au timbre de voix subtil. Dévoilant des accents Soulful. Et sachant poser un flow énergique et percutant qui n'est pas sans rappeler celui de Saul Williams.

Néanmoins, la mayonnaise a du mal à prendre. La trop grande volonté d'expérimentation du groupe et la profusion de sonorités électroniques tuent dans l'oeuf le groove que l'on sent pourtant présent derrière chaque composition. Créent une froideur qui empêche d'adhérer totalement au projet. Paradoxalement, cette volonté de sortir des sentiers balisés du Hip Hop français attise la curiosité. Et fera en sorte que l'on s'intéressera à leur premier album qui sortira normalement début 2012.

En studio, General Elektriks est l'oeuvre d'un seul homme. Le terrain de jeu d'un grand garçon exilé en Californie s'amusant comme un petit fou avec ses claviers vintage et autres jouets. Abordant la Funk et la Pop de manière totalement décomplexée et personnelle. A grand renfort de groove galactique.

Par contre, pour les concerts, le Général sait se transformer en véritable armée. Non pas constituée de mercenaires. Mais de soldats fidèles à la cause. RV Salters, en effet, a l'intelligence de toujours s'entourer des mêmes musiciens. Eric Starczan à la guitare, Jesse Chaton à la basse et au synthé basse, Norbert Lucarain à la batterie et au vibraphone, et Jordan Dalrymple à la MPC et à la batterie. Le projet individuel devient ainsi un groupe à part entière.

Au visuel fort. A l'identité profondément marquée. Avec comme tenue de combat, la désormais institutionnelle chemisette mariée à une cravate colorée. Et comme classiques éléments perturbateurs, la crête iroquoise du batteur et le style Glam du bassiste. Tout cela rappelle, bien évidemment, à quel point l'image peut être importante dans un groupe. Lui permettant d'imposer encore plus son univers musical.

Et quel univers! Une fantaisie extra-terrestre. Alliant un Funk cosmique à la noblesse universelle de la Pop. Un trou noir qui aurait avalé Funkadelic, Stevie Wonder, Herbie Hancock, Electric Light Orchestra, The Beatles et le Elton John des débuts pour régurgiter une nouvelle forme de vie musicale. Posant les pieds sur terre pour faire décoller les nôtres.

Et ce, dès le premier morceau. L'irrésistible 'The Spark' qui ouvre le dernier album. Une étincelle qui, effectivement, allume la mèche. Et prouve que les récentes compositions sont taillées pour le live. Comme le confirmeront également 'Summer Is Here', 'The Genius And The Gangster', 'I'm Ready', 'Show Me Your Hands' ou encore 'She Wore A Paper Dress'. Toutes redoutablement efficaces

Le groupe démontre une nouvelle fois qu'il est une des plus brillantes formations live du pays. RV Salters, multipliant les pas de danse, bondissant et mouillant au sens propre la chemise, invente le concept du « Keyboard Hero ». Jouant du clavier debout (ou plutôt en apesanteur) avec la hargne expressive et jouissive d'un guitariste de Hard-Rock des années 70. Tout en gardant assez de souffle pour bercer le public de sa très belle voix de crooner, aux légers accents frenchy qui distillent un charme d'une grande fraîcheur.

Difficile d'exister aux côtés d'un tel chef d'orchestre. Pourtant, le reste de la bande relève avec brio ce difficile challenge. De par leur talent de musiciens. Et leur attitude. Juste parfaite. Empreinte d'un naturel confondant. D'une joie palpable de se produire sur scène. Et d'une certaine théâtralité. En prenant la pose et en assurant le spectacle. Norbert ne cesse de virevolter derrière ses fûts. Tandis que Jordan, en contrepoint, fait preuve d'impassibilité. Eric endosse le rôle du guitariste dandy. Et Jesse, à la basse, fascine. Accapare presque tous les regards. Avec sa coupe afro. Son look androgyne. Ses fringues rouges et moulantes. Glitter jusqu'au bout des doigts. Se déhanchant sensuellement. Excessif dans le moindre de ses gestes. Mélangeant habilement premier degré et posture ironique. Un régal pour les yeux. Et les photographes présents dans la salle.

Une bien belle offensive qu'aura livrée encore une fois le Général. Faisant de nombreuses victimes consentantes, heureuses de danser sur le champ de bataille. Vivement le prochain assaut!

>> Cf la vidéo live 4x4 de ce concert : http://4x4music.eu/playlists/watch/general-elektriks-fowatile

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