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Feu! Chatterton + Alice et Moi + Edgär à l’Aéronef

Plaisir non dissimulé que de retrouver ce soir les talentueux Feu! Chatterton pour un moment suspendu du côté de l’Aéronef. Interpellés par le mystère de cet Oiseleur, digne successeur d'Ici le Jour (A Tout Enseveli), il nous tardait d’aller apprécier le rendu scénique de cet opus.

Alice et Moi, une bonne découverte

Nouveauté 2018, les concerts démarrant extrêmement tôt, il n'est guère évident désormais d'être là à temps pour savourer l'entièreté du plateau proposé. Ainsi, c'est au cours du set déjà bien entamé d'Edgär que nous pénétrons dans l'enceinte. Le groupe délivre sa pop chaloupée dans le hall à un public épars, mais qui apprécie. Difficile hélas d'en faire une analyse approfondie, mais qu'à cela ne tienne, nous nous rattraperons la semaine prochaine en ouverture d'Hollysiz !

Cette fois bien installés, il est désormais temps d'accueillir la formation Alice et Moi. Accompagnée de ses deux acolytes et de sa boîte à rythmes, celle-ci nous délivre pendant 30 minutes son électro pop furieusement actuelle. Faussement ingénue, la demoiselle s'impose aisément dans l'air du temps. On reconnaîtra ici où là les influences d'un groupe comme la Femme ou des sonorités façon Petit Biscuit. Que ce soit avec l'efficace Filme-moi ou le troublant Il y a, le son envoûtant de la parisienne à trois yeux (le dernier dessiné en live au creux de sa paume) nous hypnotise et ce n’est pas désagréable du tout. Une découverte intéressante dont on sera curieux de suivre l'évolution.

Le concert très attendu de Feu! Chatterton

Après le traditionnel intermède voyant fourmiller les techniciens, c’est désormais au tour du groupe parisien de poser le pied sur la scène lilloise. Installé dans un décor de miroirs d'un design très 60's, les Chatterton saluent chaudement la "marée lilloise" venue en masse ce soir.

Un détour du côté du Côte Concorde suffit déjà à faire chavirer une Aéronef pleine comme un œuf avant que le sieur Arthur ne se décide à faire la Cour à cette jolie dame qu'est Grace.

Après nous avoir suffisamment mis à l'aise, le quintet nous amène alors dans trois atmosphères bien distinctes ; la chaleur pop façon Daho de l’Oiseau tout d’abord, le rock subversif de Ginger ensuite, le détonant flow urbain de l’Ivresse, enfin. En moins de 15 minutes, voilà la parfaite illustration des multiples talents du groupe et de sa capacité à nous emmener avec lui, peu importe les chemins empruntés.

Nous l’avions dit durant notre chronique, en bons alchimistes en herbe le combo parisien arrive véritablement à magnifier ce qu’il touche et à suspendre le temps pour mieux nous captiver. Citons pour s’en convaincre A l’Aube, issu du premier EP et déclamé intensément, telle une poésie moderne se mariant divinement avec Anna, fruit d’incantations électroniques et de références organiques.

L'album "L'Oiseleur" en live

A peine l’ambiance retombée, la bande à Arthur en décide autrement et redonne un coup de fouet à une assistance déjà conquise. Le sémillant Zone libre et ses faisceaux verdâtres et la non moins sombre Mort dans la Pinède nous sautent littéralement à la gorge pour ne plus nous lâcher. Ou plutôt si, c’est le moment de se lâcher et de mouiller la chemise autant que peut l’être celle du leader moustachu, esquissant pour l'occasion quelques pas frénétiques dont il a le secret. Histoire de transformer littéralement l'Aéronef en étuve, le groupe nous achève avec un Boeing de haute volée qui restera comme un épisode des plus incandescents.

S'il fallait noter un léger bémol, celui-ci concernerait la capacité de certaines pistes nouvelles à résonner en live. Les morceaux plus planants placés à la suite de titres accrocheurs offrent, certes, des pauses agréables. Mais ces derniers peuvent également générer parfois une petite frustration auprès des fans de la première heure, encore imprégnés de la fougue rock du précédent opus. A chacun donc de s’adapter au mieux à la direction choisie par Feu! Chatterton, désormais incessant balancier entre effervescence et sérénité.

Une soirée inoubliable pour le groupe et les fans !

Le temps de reprendre quelques instants nos esprits et revoilà les Chatterton pour quelques rappels. Une ambiance planante est rapidement installée par les différentes nappes de claviers et de délicates notes de guitare, que ce soit sur Souvenir ou Porte Z. Nous serons décidément passés par moult émotions ce soir.

Mais avant de partir, une dernière incartade rock finit de happer les 1800 âmes présentes dans l’enceinte lilloise. Composée d’abord de l’énigmatique La Fenêtre, le public bascule littéralement dans l’hystérie avec une vieille amie connue de tous, La Malinche, et sa version dancefloor approchant les 8 minutes. Enfin, Erussel Baled se jouera à 4, Sébastien devant précipitamment quitter les siens pour la plus heureuse des nouvelles : l'arrivée de son enfant.

Le récital est, certes, terminé, mais les souvenirs, eux, perdureront pour longtemps, qui plus est avec ce fabuleux dénouement. Une soirée assurément inoubliable pour le groupe... comme pour bon nombre de fans.

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