Avishai Cohen trio & l’Orchestre National de Lille au Nouveau Siècle

C’est une salle comble qui attend avec impatience Avishai Cohen au Nouveau Siècle. Et pour cause, ce concert est une collaboration inédite : une rencontre à la croisée des genres entre le trio du jazzman israélien et l’Orchestre National de Lille.

La formation symphonique est au complet, chose rare pour un concert de jazz, où les effectifs des orchestres sont bien souvent réduits. Le public est multigénérationnel et partagé entre connaisseurs d’Avishai Cohen et habitués curieux, venus découvrir le Nouveau Siècle sous un nouveau jour.

Un live métissé et intemporel d'Avishai Cohen

L’ONL ouvre le bal de manière solennelle, laissant le trio se faire désirer. L’introduction est un peu longue mais aura pour mérite de rassurer les sceptiques avides de musique classique.  Puis entre en scène le trio tant attendu : le pianiste Omri Mor, le percussionniste Itamar Doari et Avishai Cohen à la contrebasse. Les musiciens sont des pointures et font preuve en 1h30 de l’étendue de leur talent et de leurs influences. Entre jazz oriental, chansons judéo-espagnoles ou rythmiques latinos, le live se révèle riche en ambiances.

Avishai Cohen nous propose un voyage dans le temps, où alternent morceaux revisités de son répertoire et reprises de vieilles chansons qui ont marqué sa vie d’artiste.  L’orchestre n’a pas seulement ici un rôle d’accompagnateur, il apporte sa touche occidentale et conventionnelle pour accentuer la confrontation entre les deux formations. Les orchestrations s’adaptent plutôt bien au style du trio, discrètes quand il le faut et puissantes dans les moments forts du concert.

Le live oscille entre chansons douces et jams dansants qui nous feraient regretter le format places assises du Nouveau Siècle. Petit bémol dans l'enchaînement des titres, parfois des périodes creuses se font sentir car on aimerait que le groove se prolonge sur plusieurs morceaux à la suite. Mais dès le début du set, la subtilité de jeu des jazzmen est frappante. Entre les mélodies de piano, les motifs rythmiques du percussionniste et les montées de gamme d’Avishai Cohen sur sa contrebasse, difficile de savoir où placer son regard.

Du groove et de la générosité

Avishai Cohen est un musicien complet et jouer de la contrebasse comme personne ne lui suffit pas. C’est un chanteur remarquable qui aime mêler l’hébreu, l’espagnol et l’anglais dans ses textes. Le compositeur sait aussi jouer en retenue pour mettre en avant la virtuosité de ses musiciens. Mention spéciale au percussionniste Itamar Doari, proposant des solos magistraux durant lesquels il associe percussions traditionnelles (darbouka, tahola...) aux habituelles cymbales et caisses claires.

Tout au long du concert, on découvre un Avishai Cohen simple et visiblement très heureux d’être là. L’artiste communique bien avec le public et présente sa musique métissée comme universelle, véhiculant un message de paix. Les musiciens répondent à l’ovation générale avec générosité. Prolongeant le plaisir avec 3 rappels, le maestro jazz finira même le live avec une reprise des Beatles, la ballade "For No One" seul au piano.

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