La reformation récente d'Antipop Consortium était déjà une bonne nouvelle en soi pour les nombreux fans restés sur leur faim après le très réussi Arrythmia sorti en 2002 chez Warp. Beans, High Priest, M. Sayyid et le producteur Earl Blaize ont marqué le hip-hop avec leur rap expérimental et avant gardiste. Ils ont d'ailleurs traumatisé un bon nombre d'esprits avec des tubes tels que «Ping Pong» ou «Dead in Motion». Beats destructurés, synthés, flows incisifs, textes décalés...c'est ce que les gens aiment chez APC, et c'est ce à quoi a eu droit le public présent ce samedi 5 décembre 2009 à la salle De Kreun de Courtrai.
Notons tout d'abord l'effort fait par les organisateurs, qui ont prévu un bus gratuit pour les Lillois et les Tourcainois désireux de se rendre à De Kreun ce soir là. La durée du trajet (à partir de République) fut d'une quarantaine de minutes. Espérons que ce genre d'opération motive les nordistes à se tenir au courant de ce qui se passe de l'autre côté de la frontière.
Première bonne surprise, Thavius Beck alias Adlib, le rappeur-producteur qui se forge depuis quelques années un nom dans l'underground californien, assure une première partie efficace . A la fois aux machines et au micro, alternant les deux au gré des morceaux sans jamais se perdre, Thavius Beck nous livre un show intimiste tantôt aérien, tantôt dansant, futuriste et énergique. Cet amoureux des musiques électroniques s'amuse sur ses machines en destructurant batteries et synthés, en jouant avec les effets et les filtres, tout en s'assurant que les gens ne s'ennuient pas. De quoi attiser la curiosité de certains, et instaurer un climat idéal pour l'arrivée d'APC.
Après un court entracte de quelques minutes, arrive Antipop Consortium. La salle est pleine. l'ambiance électrique (dans le bon sens) et le public concentré. Les 4 b-boys extraterrestres montent alors sur scène et se posent devant leurs machines pour introduire leur set par un morceau ambiant. Puis, les trois rappeurs agrippent leur micro et entament «Lay Me Down». Ils enchainent les morceaux les plus puissants de leur nouvel album Fluorescent black sans oublier de jouer «Dead In Motion», «Bubblz» ou autre «Ghost lawns» et certains inédits. Histoire de calmer la tension, ils reviennent parfois à leurs machines expérimenter des interludes électroniques avant de repartir de plus belle. Sayyid, doté d'un micro sur pied relié à une réverb, n'hésite pas tout au long du live à pousser la chansonnette, ce qui est très appréciable sur certains refrains ! Le leader d' APC est proche du public, et il sait comment mettre l'ambiance. Beans , plus discret, est lui aussi particulièrement en forme. Personnage charismatique au flow ultratechnique il fait en sorte que chacun de ses couplets soit mémorable. Précisons qu'il était possible de remarquer depuis le début du concert un géant dans le public. C'était le rappeur californien Subtitle, qui était venu soutenir son ami Thavius Beck. APC, dans une pure tradition hip-hop, invite, peu avant la fin de leur set les deux rappeurs à monter sur scène pour un freestyle, puis s'efface...avant de revenir poser l'indémodable «Ping Pong» !
Le show terminé...on aperçoit les mêmes sourires sur le visage des artistes que dans la salle. Mission accomplie pour APC, qui a réussi à transmettre son énergie et sa folie artistique pendant plus d'une heure de live ! Il n'y a plus qu'à espérer que leur reformation ne soit pas que temporaire...
