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« Sauver ou Périr » : Un hommage aux pompiers, romanesque et poignant, avec Pierre Niney et Anaïs Demoustier

Lille La Nuit n’avait pu aborder Sauver ou Périr de Frédéric Tellier dans son Actu Ciné. Réparons aujourd'hui cette erreur avec une sortie vidéo qui coïncide avec l'actualité. Il nous a paru important de porter un éclairage sur ce film, hommage sincère et documenté, aux pompiers et à leur courage. Porté par les interprétations de Pierre Niney et Anaïs Demoustier, Sauver ou Périr est tout autant un film d'aventures, qu'une histoire d'amour romanesque, à la limite du fantastique.

Pierre Niney a préparé son rôle durant plusieurs semaines auprès des soldats du feu.

Hommage vibrant aux sapeurs-pompiers

Frédéric Tellier est l’un des cinéastes français - avec une poignée d’autres : Jérôme Salle, Nicolas Boukhrief, Julien Leclercq, Christophe Gans, … - qui pratique le cinéma de genre en France.

Tellier avait surpris avec L’Affaire SK1, coécrit avec son pote David Oelhoffen (également réalisateur de Loin des Hommes et Frères Ennemis) : la reconstitution du parcours terrifiant du tueur en série Guy Georges. Les deux complices ont remis le couvert avec Sauver ou Périr.

En racontant l'histoire de Franck, interprété avec forte conviction par Pierre Niney (l'acteur a suivi durant plusieurs semaines les soldats du feu pour préparer son rôle), Frédéric Tellier rend un hommage vibrant à ce corps de métier.

Évidemment, Sauver ou Périr convoque son lot de scènes spectaculaires tournées en direct : incendies, interventions musclées, ... Mais Sauver ou Périr ne se résume pas au film d’action attendu. Frédéric Tellier refuse l'œuvre attendue, les figures et lieux communs imposés. Après tout, les américains ont déjà tourné La Tour Infernale (John Guillermin et Irwin Allen - 1974) et Backdraft (Ron Howard - 1991).

Un regard juste, débarrassé des lieux communs.

Oui, Tellier raconte l’histoire d’un sapeur-pompier. Oui, il raconte une histoire de courage ! Mais il le fait en filmant le parcours d'un homme à la dimension quasi christique, sa "résurrection", après que ce dernier eut été grièvement brûlé au visage lors d’une intervention sur un incendie.

Une dimension romanesque

Le champ des possibles s’ouvre alors pour le cinéaste. Tellier s'oriente rapidement vers le film d’amour,  le mélodrame, et même le fantastique. Le mélange des genres pourrait ne pas fonctionner. Pourtant, la greffe prend. D’abord parce que Tellier et Oelhoffen croient dur comme fer en leurs personnages. Ils ont compris que le destin du héros offrira la dimension romanesque nécessaire pour faire vibrer le cœur de leur histoire, et bouleverser les spectateurs.

Le personnage de Franck n’a rien du héros monolithique. Il passe par différentes phases qui ne le rendent pas d'emblée attachant (son désespoir le mène à la méchanceté, puis à la folie). Franck est humain. Trop humain. Comme l’étaient beaucoup de personnages du cinéma d’Alain Corneau (Série noire, Le Choix des Armes, Nocturne indien). Paradoxalement, c'est le côté sombre et peu aimable de Franck qui nous le rendent bouleversant. Les épreuves que cet homme en perte de lui-même doit traverser, le révèlent à lui-même et aux autres, notamment à sa compagne Cécile (remarquablement interprétée par Anaïs Demoustier).

Anaïs Demoustier, magnifique dans le rôle de Cécile.

Références cinématographiques

Le masque que porte Franck (la symbolique est forte) pour protéger son visage, renvoie aux images d’autres films. Les Yeux sans Visage (1960) de Georges Franju et Elephant Man (1980) de David Lynch, sont convoqués. Ces références, affirmées (revendiquées ?), charrient tout un imaginaire que le cinéaste et ses spectateurs ont en commun. Ainsi, Sauver ou Périr, se nourrit de classiques du cinéma fantastique (qui sont tout autant de grands mélodrames), pour aborder le thème de la monstruosité.

Une réflexion sur l'altérité

Si Tellier paie sa dette à ces bijoux du 7ème Art, son film ne se limite pas à un catalogue de références. Il transforme ses inspirations pour les faire siennes. En échappant au psychologisme de bazar, Sauver ou Périr pose des questions, complexes et essentielles, sur l'amour, l'intimité de couples frappés par une tragédie, le regard de l'autre et l'altérité.

Le masque que porte Pierre Niney est une symbolique forte du film.

En adoptant des choix singuliers, Frédéric Tellier a pris certains risques. Notamment que les spectateurs se détournent d’un film qui ne ressemble peut-être pas à ce qu’ils pensaient découvrir en salles. Bien lui en a prit : Sauver ou Périr a étonné, et rencontré un vrai beau succès public (1 012 919 entrées au 5 février 2019), largement mérité.

Les infos sur Sauver ou Périr

Synopsis : Franck est Sapeur-Pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. À son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

Sauver ou Périr de Frédéric Tellier
Scénario David Oelhoffen et Frédéric Tellier
Avec Pierre Niney, Anais Demoustier, Vincent Rottiers, Sami Bouajila
Musique : Christophe La Pinta
Production : Julien Madon
Suppléments : Making of, Scènes coupées, Interviews des acteurs, Le maquillage, Entretien avec le Général de brigade

Durée cinéma : 1h56
Disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 3 avril 2019
Editeur Mars Films / Distributeur Warner Home Vidéo France

Affiche, photos, film-annonce © Mars Films

 

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