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Main Square Festival Jour 3

Troisième et dernier jour pour cette édition du Main Square Festival 2017. Et la programmation s’annonce riche ! Il est encore tôt quand Vertigo se présente sur la scène de la Greenroom. Pour ne rien vous cacher, à Lille la Nuit, nous sommes plusieurs à aimer ce groupe, et c’est donc tout naturellement que l’on est content de les retrouver là ! Leur pop minimaliste associée à un univers vintage à souhait et envoutant font mouche une nouvelle fois. Moins communicatifs qu’à leur habitude, on les sent un peu stressés. Mais peu importe, le public, encore clairsemé, leur réserve un bon accueil.  Le set d’une demi-heure passe bien vite à notre goût et on rejoint la Main Stage pour écouter les américains Highly Suspect.

Tout droit venu de Brooklyn, le trio nous réveille instantanément avec leur rock énergique adouci par un peu de psyché et quelques accords de blues. Voix éraillée de Johnny le chanteur, basse saturée et batterie profonde sont un combo idéal pour passer un excellent moment.

Les Kensington nous viennent d’Utrecht. Considérés comme la relève de Coldplay et Muse on en attendait beaucoup ! Mais, on n’accroche pas. Même si l’ambiance du groupe est sympa et les instruments bien maitrisés, on préfère retourner du coté de la Main Stage pour la fin du set d’Highly Suspect. Quelques gouttes de pluie font leur apparition, mais cela n’entame en rien l’enthousiasme des festivaliers.

C’est avec impatience qu’on souhaite l’arrivée du prochain groupe : The Mark Lanegan Band. Mark Lanegan fait partie, pour certains, des légendes du rock. Ancien membre de The Screaming Trees ou de Queens of the Stone Age, il a collaboré avec de nombreux artistes (Kurt Cobain, Pj Harvey, Nick Oliveri, …). En solo, il a sorti, entre 1990 et 2017 pas moins de dix-huit albums ou EP. Un artiste multiformes et multi-talents donc. Quelques petits problèmes de son au début (le micro de Mark ne fonctionnait pas), ne nous empêche pas de plonger dans son univers. Sa voix gutturale se mêle aux accents blues des instruments. Le tout est sobre, élégant, à l’image du grand Mark qui n’a pas besoin de parler pour nous imposer sa présence (à peine quelques « Thank you !» prononcés entre deux morceaux). Et puis nous avons le droit à la reprise de « Love will Tear us Apart » de Joy Division. Impeccable fin de concert qui arrive trop tôt à notre goût ! Le public a afflué pendant le set et réserve au groupe une belle ovation.

On a de nouveau du mal à circuler entre les deux scènes. Le public est désormais presque au complet. Et sur la Greeroom, les américains de Spoon s’occupent de mettre l’ambiance. Depuis presque dix ans, le groupe s’est bâti une réputation. Dans leurs nombreux albums et EP’s, dans leurs collaborations avec des séries ou des films, ils distillent un rock énergique, plutôt indé. En les écoutants on pense aux Pixies ou aux Stooges. Bref, tout est fait pour qu’on passe un bon moment et c’est le cas ! D’autant plus que la pluie n’aura pas duré bien longtemps, et qu’on profite du soleil qui réchauffe ou d’un peu d’ombre au pied d’un arbre.

On quitte la Greenroom un peu avant la fin de leur set pour aller rencontrer Seasick Steve. Ce musicien américain restera LA découverte de ce dimanche. Nous l’avions déjà vu une fois sur scène et on avait hâte de retrouver son enthousiasme et sa bonne humeur. Et quel spectacle !  Le blues est définitivement à l’honneur. Steven a pour particularité d’être, non seulement plein d’humour, mais surtout de créer ses propres instruments. Il nous donne d’ailleurs quelques anecdotes au cours du set. Seulement accompagné d’un batteur, Steven chauffe le public qui adhère totalement. Son rire rauque nous entraine. A un moment, il vient dire bonjour aux gens du premier rang et remonte sur scène accompagné d’une jeune fille (Nathalie). Il lui chante une chanson d’amour les yeux dans les yeux. Inutile de dire qu’on aime et qu’on salue cette jeune fille qui comme cadeau reçoit un vynil dédicacé par le maitre himself.  Pendant une heure, le temps s’est suspendu. On a eu l’impression de se retrouver dans les plaines d’Arizona, au coin d’un feu de camp. Merci Seasick Steve pour ce moment !

On restera jusqu’au bout, histoire de ne pas en perdre une miette. Seulement, le temps reprend son cours et on repart sur la Greenroom pour écouter The Lemon Twigs. Ces petits jeunes (la vingtaine à peine entamée) nous offrent une belle définition du rock version 70’s… On est impressionné par leur maitrise et leur énergie. Les guitares sont ultra saturées, la batterie mate frappe fort et bien, les voix des deux frères sont justes. La bonne humeur du début de journée continue grâce à eux.

La Femme divise, partage, fait parler…. Révolution musicale pour les uns. Groupe sans intérêt pour les autres. Il nous faut donc nous faire une idée précise du phénomène. Sur la Main Stage le public se presse et se compresse. Nous préférons rester dans un coin histoire de pouvoir s’échapper rapidement. Mélange de pop et d’électro, le collectif qui a certaines exigences en terme d’image, emporte les gens venus les applaudir. On n’a pas grand-chose à en dire et on préfère se rapprocher de la Greenroom pour attendre les Naïve New Beaters.

Il est toujours bon de retrouver nos NNB et leur fameuse chaloupe. En écoutant ici et là on entend un « Tu verras ! Ils vont retourner la place ! » car oui, nos trois compères ont une réputation à tenir. Un peu figure de groupe ovni les Naïve savent clairement mettre l’ambiance. Pour leur « dépucelage » de Main Square, on ne peut pas dire qu’ils soient stressés. Et ils envoient du lourd dès la première chanson, retournant un public au taquet. David Boring encourage les gens à lever un doigt ou plusieurs, aux jeunes femmes à monter sur les épaules de leur copains. Encore une fois on n’est pas déçus d’être venu à cette grand-messe colorée et fun !

A partir de la fin de ce set, il nous faudra évoluer dans une marée humaine qui converge vers la Main Stage. Où, pour le moment, les filles de Savages se produisent. Ces britanniques manient le post-punk d’une main de maitre, enfin de maitresse. Sons forts, parfois oppressants, et un peu hypnotiques, voix sauvage. Assemblage parfait pour patienter avant THE évènement de la journée….

Radiohead. On aurait aimé vous dire que c’était le meilleur concert de notre vie ou tout au moins de ce festival. Malheureusement il n’en est rien…. On en attendait beaucoup, peut-être trop. La déception est donc d’autant plus amère. Alors que le groupe, mythique parmi les plus grands, fête les vingt ans d’ « OK Computer », on espérait une débauche de rock comme les anglais savent (parfois) le faire. « Daydreaming » ouvre la partie. Les écrans géants sont noirs. On se dit que c’est juste pour les deux premiers titres que les images viendront après. Elles sont bien venues, mais pas vraiment comme on le voulait. Les images se mélangent et fusionnent. Et on plaint ceux tout au fond qui n’ont dû apercevoir Thom Yorke et ses comparses que comme des fourmis se mouvant dans un rayon de soleil. L’ambiance ne décolle pas, contrairement à ce qu’elle a été pendant la journée, riche en émotions. Le public réagit au quart de tour pourtant lorsque Thom baragouine quelques mots, mais ce sera tout. La plupart du set s’écoute dans un silence quasi religieux. Alors oui, certes, on sait que Radiohead ce n’est pas les Stones niveau énervement. Mais on espérait un peu plus. Pèle mêle s’ensuivront « All I Need », « Let Down », « Reckoner » ou « The Numbers ».

Il faudra attendre le premier rappel pour avoir des frissons quand le groupe entonne « No Surprises », suivi de la sublime « Nudes ». Malheureusement, pas mal de monde, lassé a quitté la Citadelle depuis un moment. Nous on reste, accrochés à ce rêve qui était de voir enfin Radiohead en live. Le premier rappel se finit sur « Idioteque ». Puis ils reviennent pour « You and Whose Army ? », « Weird Fishes » et enfin « Paranoid Android ». Une ovation de ceux encore présents les accompagne lors de leur sortie de scène. On reste, un peu pantelants, le temps que les lumières se rallument. Une sensation en demi-teinte. Un regret peut être. Une envie aussi, de retourner les voir et de conjurer ce mauvais sort…

Alors, quel bilan pour cette treizième édition du Main Square Festival ? Positif n’en doutez pas ! Nous avons croisé beaucoup de monde. Rarement deux fois les mêmes personnes. Nous avons vu des Licornes, des Dragons, des bonhommes tout vert ou tout violet. Spiderman, Batman, Cape Man et on a même trouvé Charlie. Et puis on a aussi croisé Jésus…

On a surtout vu des gens heureux d’être là et de partager l’amour de la Musique (avec un grand « M » oui). Le tout dans la joie et la bonne humeur.

Nous avons découvert des groupes, vécus des moments intenses et des déceptions. Mais il serait stupide de dire que l’on n’a pas aimé….

Vivement l’année prochaine !

 

 

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