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Qui va là ? à l’Opéra de Lille

Vendredi soir, alors que les rues de Lille s'animent de plus en plus et se préparent à une soirée agitée, direction l'Opéra de Lille.
Dès l'entrée, des hôtesses distribuent le programme et orientent les spectateurs. Elles annoncent que le premier spectacle commence dans un petit moment, le temps donc de faire un petit tour dans les allées de l'Opéra, et de rejoindre le café situé dans la Rotonde du bas. Champagne, jus d'orange ou petite restauration, les spectateurs en avance sont déjà réunis autour des petites tables. Certains observent les animations vidéos qui défilent en boucle sur les TV parsemées un peu partout dans l'Opéra. Dans les allées, on rencontre des Blanche-Neige silencieuses qui se promènent.

Puis l'heure du spectacle approche, rendez-vous à la 4e galerie, rejoindre le Foyer de la Danse. Devant, la foule se réunit doucement, puis on pénètre dans la salle allongée. Des sièges confortables sont rangés au milieu, et sur le devant. Sur le sol, près de l'espace vide qui servira de scène, de gros coussins rouges mettront à l'aise quelques spectateurs.

La porte se ferme, le silence se fait, et une dame Taïwanaise entre en scène. Sans un mot, elle s'avance avec une valise à roulettes d'un pas décidé. On devine qu'il s'agit de I-Fang Lin, l'artiste devant évoluer ici. Elle pose la valise, fixe le bout de scène. Elle semble énervée. Ou pas. Le spectacle a-t-il commencé ? Pas un bruit dans le public très attentif. I-Fang Ling déplace le micro, les néons qui sont alignés au bas des murs, l'ampli. Elle rebouge un néon, le pot de fleur en tout bout de scène. Réarrange le micro. Elle ouvre enfin la grosse valise mystère et le public observe avec attention ce qui va donc en sortir, ce qui sonnera sans doute le début réel du spectacle. Et pourtant, seule une paire de chaussures à talons en sort. La danseuse les place en milieu de scène, et s'en va. Est-elle dans son rôle ? Concentrée ?

Le public échange quelques regards interrogateurs en silence, avant qu'I-Fang Ling revienne, changée en tailleur, mette les chaussures déposées quelques minutes plus tôt, et commence véritablement son spectacle semble-t-il.
Accompagnée (trop rarement) de belles musiques (signées Rythm and Sound, Dopplereffekt et Christian Rizzo), I-Fang se contentera durant 35 minutes de quelques textes en Taïwanais non sur-titré, de quelques pas dans différentes directions. Elle se jette par terre, rampe, va ici et là. Se déshabille en culotte devant son public avant de se rhabiller. Jamais un mot envers son public, elle s'en va porte de derrière et revient le saluer pourtant chaleureusement.
Trop souvent dans le silence absolu, j'ose à peine appuyer sur le déclencheur.
En sortant, on gardera un amer goût de "je n'ai pas tout compris" avant de filer voir le second spectacle.

Le second spectacle se déroule dans la grande (et belle) salle de l'opéra et attire du monde. Pas de photos cette fois. Le spectacle est "And then", d'Eszter Salamon.
Le noir se fait, les trois coups résonnent, et une silhouette prend place devant nous.
Durant 1h20, le spectacle, en hongrois et anglais (surtitré en français cette fois) consiste à voir défiler des gens que l'on ne connait pas devant nous. Comme des clichés pris au hasard dans la rue. Comme une fenêtre ouverte sur la vie d'autrui. La scène s'étend, se replie, s'ouvre, se ferme. En tout, c'est huit personnes qui viendront nous raconter et nous chanter (un gros point positif sur la voix de l'une des chanteuses d'ailleurs) l'histoire de leur vie, de leur époque, tout simplement.
Des histoires sans particularités, qui ne nous concernent pas réellement. Des personnes qui laissent à la fois indifférents mais pourtant marquent. Même si je m'attendais à quelque chose de nettement plus dansant et animé, il faut avouer que cette pièce possède un charme.

Enfin, le concert final. La foule n'est pas encore sortie de la grande salle que Sylvain Chauveau a déjà pris place devant son piano et son ordinateur, dans le hall. Devant lui, des chaises longues ont été mises en arc de cercle pour accueillir les derniers spectateurs, décidément très gâtés. "Sylvain Chauveau, son piano et ses quelques touches électroniques" me laissent pourtant de marbre, et je m'en vais un peu triste de ce final sur lequel je comptais tant.

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