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Expositions Mémoires Industrielles 4.0 et Rêves, gloire & passion à la Maison Folie de Wazemmes

Du 21 avril au 3 juin, la Maison Folie de Wazemmes présente deux expositions, qui aux premiers abords semblent n’avoir aucun point commun, mais qui se révèlent pourtant traitées sous deux angles différents de la désindustrialisation et de la mutation de la société qu’elle engendre.

On retrouve tout d’abord l’exposition Mémoire Industrielle 4.0. Le projet est né en 2010, sous l’impulsion d’un collectif d’artistes toulousains. Avec l’aide de graffeurs de la région, ils ont décidé de transformer la Maison Folie et de lui redonner son ancien aspect industriel. Le lieu se transforme alors en une zone industrielle à l’abandon, où de véritables objets d’usines ont été récupérés pour l’occasion. Ils proviennent de nombreux sites répartis un peu partout en France, notamment de Lille, Lomme, Wattrelos et Valenciennes. Le but est d’intégrer l’art à cette image de l’usine, de redonner une vie à ses objets et de mesurer leur impact sur la société. On découvre donc la Maison Folie sous un nouveau jour, où de nombreux thèmes sont abordés tels que la pollution, la maladie au travail, le licenciement, l’abandon des lieux…

On suit cette exposition comme une véritable visite d’usine abandonnée, mi « graffiti » mi « installation ». Accompagnée par une bande son qui participe un peu plus à la mise en immersion dans le milieu, on découvre un monde à part, limite post-apocalyptique, où la désuétude règne en maitre. Cette exposition est la représentation parfaite de la déchéance d’une époque industrielle sortie des abimes par l’art.

La deuxième exposition Rêve, gloire & passion est un recueil photographique de Flavio Tarquino. En 1989, l’artiste parcourait les cafés de Wazemmes et photographiait de manière obsessionnelle les gens qui y passaient leur temps. C’est au bistrot Le Coq Hardi, qu’il fait la rencontre de Marie-Claude et Alain, un couple issu de la classe populaire. De là, ils se laissent prendre au jeu de la photographie et se transforment en véritables modèles pour l’artiste. A travers 20 ans de photographies, Flavio Tarquino dresse le portrait de cet homme et de cette femme abandonnés par la société, qui ne correspondent pas aux images publicitaires du bonheur. Cette histoire d’amour qui se transforme en tragédie est le miroir de ce monde ouvrier et populaire qu’a connu Wazemmes. L’exposition interpelle également sur l’évolution du quartier et les effets dévastateurs quelle a eu sur la population. Un bond de deux décennies en arrière, qui semble nous transporter dans une période beaucoup plus lointaine et dans un univers totalement différent du nôtre.

 

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