Oceanator + Pool Kids + La Dispute à l’Aéronef

Peu de groupes nous offrent la chance de redécouvrir leur oeuvre près de 10 ans après. Souvent, les tournées s'enchaînent, s'efforçant de défendre un dernier album dont on se dira "nan mais ils ont changé" (vous vous l'êtes déjà dis, avouez !) ou pour lesquelles ont s'attendra à un best of. Mais parfois on se surprend à pouvoir redécouvrir un album dans son intégralité dans le cadre d'une tournée anniversaire. Un album culte pour certains, ou qui aura pu marquer l'histoire du groupe. C'est cette chance qui nous sera offerte ce lundi 24 avril avec le passage de La Dispute à l'Aéronef, qui seront pour l'occasion accompagnés de Oceanator et Pool Kids.

Oceanator en solo ce soir

Derrière le groupe Oceanator, on trouve Elise Okusami qui montera seule ce soir, guitare à la main, face au public de l'Aéronef. Si Oceanator nous a habitué au fil de ses albums à jouer en groupe, donnant un côté plus heavy à ses morceaux, c'est en effet en solo que l'artiste se produira ce soir. Cette configuration offrira une performance intimiste qui ira mettre en valeur la sensibilité des morceaux de la formation new-yorkaise. Teinté de punk rock mélodique, le concert permettra de redécouvrir le répertoire d'Oceanator sous une autre forme, plus personnelle, touchante aussi. Si l'accueil était plutôt timide aux premiers abords (si on met de côté les quelques initiés qui ont pris place sur le devant de la scène dès le début du concert), on se plaira à constater que la performance trouvera son public. La première (bonne) surprise de cette soirée ? Sans hésitation, oui.

Pool Kids et pop punk

La deuxième surprise de cette soirée prendra le nom de Pool Kids. Alors... je n'ai peut être pas suivi les groupes émergeants de la scène punk rock ces dernières années (j'aurais du), mais pour le coup, en quelques morceaux Pool Kids arrivent à nous convaincre qu'ils maîtrisent tous les aspects du pop punk (et pour l'auteur de ces lignes, c'est loin d'être une injure). Entre parties mélodiques, phrasés entêtants qui invitent le public à accompagner les paroles, rythmique punchy et même quelques passages un peu math rock... une description qui se résume plus simplement à la réaction du public : conquis. Si la salle de l'Aéro se remplit peu à peu (dommage pour les retardataires), rares sont ceux qui resteront insensibles face à la performance de la formation américaine. Mettant particulièrement en avant leur dernier album en date, Pool Kids, sorti en début d'année, on sera surpris par l'énergie et surtout la maîtrise du groupe qui n'en est pourtant qu'à sa première tournée d'envergure, on espérera clairement en voir d'autres. Si le groupe c'était démarqué par une approche plus radicale et technique, cette dernière production met en avant l'aspect mélodique et la sensibilité du quartet. Certes, c'est très efficace, mais mélodique, riche et surtout terriblement accrocheur et l'exercice de la scène ne viendra que renforcer l'impression que le groupe nous avait laissé sur album. Alors oui, on avait peut être fait l'impasse sur ce groupe avant le concert, nul doute qu'on ne nous y reprendra plus et on saluera leur présence sur la tournée de La Dispute qui nous aura permis une telle découverte.

Une foule compacte pour La Dispute

La Dispute tiens, parlons en. Si Pool Kids faisaient office de nouveaux venus dans la scène, La Dispute quant à eux peuvent se permettre d'endosser le rôle de vétérans avec près de 20 ans de carrière. Vingt années qui auront vu leur lot d'albums à commencer par l'incontournable Somewhere at the Bottom of the River Between Vega and Altair, mais aussi le fameux Wildlife dont on fêtera ce soir l'anniversaire (10 + 2 ans comme le groupe aimera le rappeler). Au centre de cette tournée, cet album sera interprété dans son intégralité ce soir, un exercice rare qui aura la particularité de nous faire replonger dans un album quelques années après et le redécouvrir sous une autre forme, incarnée. Alors que le groupe investit la scène de l'Aéro, on se rend compte que la salle est désormais pleine. La multiplicité des langues et la compacité de la foule ne vient que témoigner de l'engouement autour de cette date : ça parle anglais, flamand, français aussi, et surtout ça cherche à se rapprocher des premiers rangs dès le début du concert. Une ambiance qui n'aura à attendre que la première chanson pour atteindre l'effervescence et si quelques problèmes techniques viendront ternir le début du set, effaçant totalement la voix, ce n'est pas ce qui empêchera le public d'accompagner le reste du groupe en reprenant les paroles en chœur. Ce qui caractérise La Dispute, c'est ce savant mélange entre parties particulièrement mélodique, chant typé spoken word et alternance avec des parties screamo, au chant hurlé, écorché... Une violence qui tranche avec la partie instrumentale, toute en retenue et dont le contraste avec la voix ne vient qu'amplifier l'intensité de celle-ci. À cette esthétique vient s'ajouter une intensité forte des paroles, souvent dures, mélancoliques, mais que chacun aura pu prendre le temps de digérer, réinterpréter au cours de ces dernières années et qui sur scène sauront au mieux s'incarner, mélangeant les souvenirs et l'expérience vécue ce soir. Alors oui, si l'auteur de ces lignes a poncé cet album, il est clairement loin d'être le seul tant la foule répond en chantant sur la quasi totalité des morceaux. Alors oui, redécouvrir cet album 10 ans après dans de telles conditions est une expérience qu'on ne peut que vous recommander et qui saura marquer les esprits.

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