Izia + David Courtin à l’Aéronef

Un peu plus de mille personnes se sont déplacés à l’Aéronef le soir du 26 novembre 2015 pour entendre Izia défendre son dernier LP en date, « La Vague ».

L'étonnant Lillois David Courtin

La salle se remplit petit à petit, le temps de découvrir en lever de rideau l’étonnant Lillois David Courtin, et ses acolytes. Difficile de résumer les personnages, leurs musiques tant ce qu’ils proposent est « autre ». Est-ce du 1er ou du 2nd degré ? A vrai dire, à Lille La Nuit, on cherche encore la réponse. La musique est une sorte de croisement entre Lescop, Partenaire Particulier matinée de Didier Super (?).

Le garçon fait des blagues. Pas toujours des plus drôles mais sa bonne humeur est communicative. C’est bien l’essentiel. Le gars finira tout de même en slibard et ses comparses nous offriront une choré digne des grandes heures du Club Dorothée. Izia, qui est une amie de Courtin, se fendra même d’une apparition sur scène pour s’amuser avec son pote. Le public de l’Aéro est aux anges.

Le show rock’n’roll, tourbillonnant, énergisant de Izia

La première partie s’achève et c’est à 20h55 tapantes qu’Izia déboule avec son gang de musiciens. Elle porte un perfecto de cuir et une jupe qu’elle fera vite valdinguer pour laisser apparaître un petit short moulant du plus bel effet.

Et comme dirait l’autre, c’est parti pour le show ! Mais attention un show rock’n’roll, racé, tourbillonnant, énergisant. Beaucoup attendaient Izia au tournant. On voulait savoir si le virage électro-pop pris par la Demoiselle allait tenir le coup sur scène.

Dès le premier titre on est conquis. « Hey », nous scotche à notre siège (ah non, c’est pas possible, il s’agit d’un concert en fosse). La voix est puissante, le son aussi. Un peu trop d’ailleurs, puisque Izia demandera plus tard de le faire baisser car « On ne s’entend plus parler ».

Les musicos assurent. Le concert est rôdé - cela fait quelques mois que l’artiste tourne -, mais on n’a jamais l’impression d’assister à un set fabriqué, dénué de naturel. Il y a de la place pour l’émotion et les imprévus. Comme quand Izia demande gentiment aux spectateurs d’arrêter d’utiliser les flashs de leurs Iphones car ça lui brûle les yeux. Cela donnera même lieu à une impro géniale, reprise, par toute la salle : « Lâche ton portable et redeviens un être humain » !

La nana assure, se déchaîne, virevolte, boxe, bouge dans tous les sens. Izia sur scène, c’est un petit diable de Tasmanie (en plus joli, il est vrai). On sent qu’elle dans son élément, heureuse d’être là, avec les Lillois.

A plusieurs reprises durant le concert, elle fait état de son amour pour Lille, où elle vient souvent voir son pote Courtin - il l’a d’ailleurs emmenée, le vilain, dans une virée en V'Lille de la Capitale des Flandres jusqu’à la Belgique ; ce qui lui a donné des envies de suicide, dit-elle en se bidonnant, quand elle s’est aperçue qu’il lui fallait trois heures pour rebrousser chemin -.

Ce qui étonne le plus durant le set d’Izia, c’est qu’elle a gagné en maturité. Un peu à l’image de son dernier album. Lors de ses premières apparitions sur scène, Izia donnait beaucoup. Trop. Au point d’être parfois un chouïa caricaturale. Il faut dire qu’elle était très jeune - elle a commencé la scène vers l’âge de 14-15 ans -. Aujourd’hui, à 24 ans, elle contrôle. Juste ce qu’il faut. Elle a muri sans pour autant perdre la candeur et l’énergie de sa jeunesse.

Il y aura bien quelques problèmes techniques durant le concert (un sampler se fera capricieux). On assistera aussi à un petit souci d’inversion de chanson, avec des musiciens un peu gênés qui ne savent pas vraiment comment redémarrer… Mais Izia ne perd pas son naturel, joue avec les musicos, le public, s’en amuse. La bonne humeur est communicative.

Izia se fait juste plus grave quelques instants afin de dire à quel point c’est important pour elle d’être là, avec nous. Les dernières semaines furent difficiles. Elle parle un peu des événements tragiques qui nous ont bouleversés mais n’en rajoute pas. Aucun pathos. L’important, c’est la musique ! S’enchainent alors des extraits de « La Vague » (réarrangés et prenant une couleur plus rock sur scène) et de ses précédents albums : « So Much Trouble », « Autour de Toi », « Twenty Times », « Tomber », « Reptile », « Disco Ball », …

Le concert monte en crescendo ! Peu ou pas de blancs, qui font retomber la mayonnaise. Izia épate par la beauté de sa voix. Elle se balade ! Passant des notes les plus graves aux plus aiguës. Elle chante tour à tour comme une jeune femme candide, une rockeuse sixties ou une chanteuse de soul, à la vieille âme. Elle joue aussi : du clavier, des percussions, de la guitare. On vous le dit, cette fille-là, elle est terrible !

Niveau light show, ça assure. Pas de démonstration pyrotechnique (on n’est pas venus pour ça) mais de belles lumières qui accompagnent la troupe de manière simple, discrète et efficace. Et puis il y a ce logo de l’album « La Vague », superbe, reproduit en version géante sur scène, qui éclaire la scène tel un arc-en-ciel.

Arc-en-Ciel, est un mot qui sied bien à Izia, car ce soir du 26 novembre, elle aura rendu heureux tout un public - varié - qui avait certainement envie de se vider la tête des nouvelles tragiques des derniers jours.

En fait, ce concert d’Izia, fut du bonheur musical massif. La jeune femme est intelligente, drôle, joue de la musique, chante. Elle écrit. Compose. Izia est libre, jolie et sexy. Ce soir là, Lille la Nuit et un petit millier de privilégiés ont assisté durant 1h50 à ce que les fondamentalistes de tous poils ne pourront jamais comprendre : ce qu’est une grande déflagration de vie, d’humanité, de plaisir et de joie !

Set List : « Hey », « So Much Trouble », « Autour de Toi », « Bridges », « Twenty Times », « You », « Lola », « Les Ennuis », « La Vague », « Let Me Alone », « Tomber », « Pénicilline », « Reptile », « Disco Ball ».

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