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Faada Freddy + Nathanjo Crazy-Style au Métaphone

Quand on a 18 ans, on a peur de rien. C'est donc avec toute l'insouciance de sa jeunesse que Nathanjo Crazy-Style monte ce soir sur la scène du Métaphone, face à un public qui ne le connait pas encore. Seul, simplement armé de sa guitare et d'une poignée de chansons. Et c'est avec une facilité déconcertante que ce petit bonhomme, au look soigneusement étudié, impose sa présence.

Faisant preuve d'une vitalité et d'une joie hautement communicative, le jeune guitariste-chanteur surprend et séduit son monde. Par le timbre de sa voix, magnifique d'expressivité, qu'il réussit à plier aux nuances les plus subtiles, avec une naïveté désarmante de maîtrise. Et par la fraîcheur de ses compositions : des chansons, légères, attachantes, portées par des gimmicks accrocheurs, qui sont d'ailleurs très vite repris en choeur par le public. Dévoilant, de manière intimiste, un paysage musical que l'on devine être le fruit d'influences artistiques multiples : la Neo-Soul, le Reggae, la Pop ou le Funk.

La formule est éprouvée (on pense forcément à Patrice, Nneka ou Selah Sue), s'inscrit dans un univers grand public mais, pourtant, impossible de bouder son plaisir. Car l'ensemble dégage un attrait imparable. Même quand Nathanjo s'essaie à l'exercice casse-gueule du medley avec la reprise enchaînée des tubes archi-connus et rabattus que sont 'Give Me The Night' de George Benson, 'All Night Long' de Lionel Ritchie et 'Uptown Funk' du duo Mark Ronson/Bruno Mars. Chansons qu'il a l'intelligence de déshabiller pour n'en garder que l'incontestable puissance mélodique. Et si l'on sent que le songwriting devra, par la suite, s'affiner pour affirmer une réelle personnalité et éviter le formatage, il ne fait aucun doute que Nathanjo Crazy-Style a toutes les cartes en main pour se faire un nom. To be continued...

L'album Gospel Journey de Faada Freddy restera indéniablement un des événements discographiques de l'année 2015. Un disque en forme de pari artistique. Enregistré avec pour seuls instruments la voix humaine, sous toutes ses formes, et des percussions corporelles variées, allant de la beatbox aux claquements de mains. Une vraie réussite, qui va au-delà de la simple prouesse technique, car proposant avant tout d'exceptionnelles chansons de Soul sans frontières, d'une très grande beauté, où se mêlent envolées Gospel, rythmes voyageurs et références Hip Hop.

Sur la scène du Métaphone, Faada Freddy prouve que son projet hors-norme n'est pas qu'un miracle de studio. Jouées live, ses chansons y gagnent en effet en intensité. Plus folles, plus émouvantes, plus sensibles, plus immersives, plus jouissives... Un véritable tourbillon vocal où les mots virevoltent, papillonnent. Accompagné de ses cinq remarquables choristes (Michael Désir, Jean-Marie Marrier, Emmanuel Vincent, Philippe Aglaé et Gisela Razanajatovo), le chanteur sénégalais offre une performance phénoménale. En gommant les instruments traditionnels, en les effaçant du paysage scénique, Faada Freddy confère à son art une dimension organique quasi-inédite. Ou du moins oubliée... Qui agit comme un retour aux sources, touche à l'essence même de la musique. A son aspect tribal.

Le spectacle des corps et des voix remplaçant des instruments, tels qu'une basse ou une batterie, avec une précision bluffante se révèle une expérience fascinante. Les battements de pieds, les claquements de mains, l'utilisation de la poitrine comme une caisse de résonance, l'imitation vocale d'instruments à vent et leur juxtaposition méticuleuse, sont autant de détails, de sonorités qui interpellent les sens. Et font naître une musique qui donne autant à voir qu'à entendre. Tout simplement jubilatoire.

Chapeau melon vissé sur le crâne, longues dreadlocks, costume de dandy, Faada Freddy se jette à corps perdu dans son projet artistique. Prouve qu'il campe dans la cour des grands vocalistes. Sa façon de chanter, proche du prêche, est émouvante. Témoigne d'un engagement total. Celui d'un idéaliste débordant de générosité, d'un être tourné vers les autres et soucieux d'apporter à tous l'amour et la paix par la simple force de sa musique. « Le partage, le mélange d'humanité sont les seules valeurs de cet album » a-t-il, d'ailleurs, déclaré dans une interview en parlant de Gospel Journey.

La phrase pouvait sembler téléphonée. Mais après un tel concert, qui a su redonner le sourire à beaucoup, difficile de ne pas croire en la sincérité du propos.

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