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« Ni vue, Ni connue » : Rencontre avec Anne Marivin et Marc Fitoussi

« Ni vue, Ni connue » : Rencontre avec Anne Marivin et Marc Fitoussi

Anne Marivin et Marc Fitoussi Ni vue, Ni connue Style : Cinéma Date de l’événement : 07/10/2026

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Cette semaine, le choix ciné de LillelaNuit est Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi (La Ritournelle, Les Cyclades, Dix pour cent). Le réalisateur filme la rencontre détonante d’une figurante (Isabelle Huppert) et d’une actrice star (Sandrine Kiberlain). Toutes et tous, à part Huppert, jouent leur propre rôle dans cette comédie drôle, piquante, émouvante, critique, sur le petit milieu des acteurs. Conversation franche avec Marc Fitoussi et Anne Marivin (Bienvenue chez les Ch’tis, Dix pour cent, Chez nous), épatante dans son propre rôle.

Rencontre avec Anne Marivin et Marc Fitoussi à l'occasion de la sortie de « Ni vue, Ni connue »

Anne Marivin joue Anne Marivin, comme la plupart des comédiens et comédiennes du film qui interprètent leur propre rôle. Est-il plus difficile d’incarner une version fictionnelle de soi-même ? N’y a-t-il pas là quelque chose de pirandellien, vertigineux ?

Anne Marivin : Oui, ça peut être schizophrénique, effectivement, mais pas du tout ici, parce qu’avec Marc, on a tellement parlé et échangé autour de ma réalité dans ce métier. Pas nécessairement pour Ni vue, ni connue : dans la vie, on se connaît, on parle de cinéma, et parfois je lui demande des conseils sur ce que je reçois. Il aime beaucoup les actrices et les acteurs, il connaît donc la réalité de ce métier. Ma réalité, ce n’est peut-être que celle de 20 % de ce métier. La vraie réalité de la profession, c’est 90 % de chômeurs, et de gens qui galèrent. Ça, il était hors de question de l’inventer. C’est drôle de jouer avec des choses réelles, qui m’appartiennent vraiment, d’en faire parfois une peste, d’incarner ces gens qui, quand ils rêvent d’un rôle et qu’ils ne l’ont pas, se plaignent d’être maltraités, et qui, quand ils y sont, maltraitent eux-mêmes. On dit d’une actrice qu’elle a pris le melon. On dit ça dans le métier et, après trente ans, j’ai même un regard assez attendri sur les acteurs et actrices dont je vois que la tête a enflé. Ça dure quelques semaines, peut-être quelques mois, ce n’est pas grave : c’est peut-être un endroit par lequel il faut passer. C’était chouette de jouer avec tout ça, avec une réalité très factuelle. Quand mon personnage dit à Sandrine : « Vous me faites marrer avec vos interviews, où vos choix reflètent ce que vous pensez de la politique et du monde actuel », on en lit quand même pléthore, de ces choses-là, et à chaque fois ça me rend dingue. J’espère ne jamais prononcer ces phrases. J'ai des années fastes, des années qui le sont moins. Ma réalité, c’est que j’ai un crédit à payer, deux gosses à nourrir, et que quand je ne travaille pas, personne ne vient me donner quoi que ce soit. J’ai beau être reconnue dans la rue, avoir eu un film diffusé la veille sur W9, ça ne change pas que j’ai peur : je ne sais pas du tout ce que je vais faire dans les six mois à venir. Tout ça, Marc le sait, parce que je lui en parle. Et quand des gens critiquent vos choix, on dit : « Pardon, mais j’aimerais avoir le choix, je ne l’ai pas. » On n’est pas tous logés à la même enseigne.

Marc Fitoussi : Pour parler de Corinne Maclou (ndr : le personnage joué par Isabelle Huppert), il me fallait la confronter à Anne plutôt qu’à la star inaccessible qui a tout. Il s’agissait aussi de montrer qu’il y a des gens qui plaisent au public et qui sont pourtant tout aussi insatisfaits qu’elle.

Anne Marivin

Le film est très équilibré, mais il montre l’envers du décor, ce qu’on voit assez rarement dans les films sur le cinéma : le côté borderline de certains comédiens et comédiennes, leur caractère insupportable, leurs caprices. Vous êtes-vous posé la question de ce que vous alliez renvoyer au public, et de la façon dont il réagirait en voyant des comédiens incarner leur propre rôle et se montrer tels qu’ils peuvent l’être ? 

Marc Fitoussi : Ce scénario, je l’ai forcément fait lire aux comédiens et leurs agents s’opposaient un peu au projet. Je pense qu’ils avaient très peur de ce que le film allait renvoyer. Depuis, les agents, et pas seulement ceux des comédiens qui participent au film, l’ont vu et l’aiment beaucoup, parce que, d’une certaine manière, il a la franchise de dire comment ça se passe vraiment, sans cracher dans la soupe. Je crois que ça fait du bien, en tout cas à eux, mais aussi au public : on va arrêter de se voiler la face, arrêter de faire croire que tout est merveilleux dans ce monde-là. On peut dire certaines vérités, remettre un tout petit peu les pendules à l’heure. Mais, aussi, continuer d’être émerveillés par ce qu’est le cinéma. C’est ce que racontent, pour moi, les dernières séquences au Maroc. Parfois, le cinéma tient du miracle : la séquence que tourne Emmanuelle Bercot, avec les chèvres qui surgissent dans le décor de façon impromptue, et le bonheur que ça représente pour elle, pour Corinne Maclou qui assiste à la scène, et pour les actrices qui sont dans le plan. Le film rappelle que le cinéma peut être merveilleux, mais que c’est aussi la vraie vie.

Anne Marivin : Et dans la vraie vie, on travaille avec des imbéciles. C’est comme ça. Ce n’est pas parce qu’on fait du cinéma, que c’est magique comme tu le dis, qu’on n’est pas confronté à des gens absolument infects.

Marc Fitoussi : Dix pour cent a aussi un peu aidé, je pense. Il y avait quand même de la dénonciation, mais moins : la série était plus dans le glamour.

Anne Marivin : Oui, Dix pour cent était un divertissement, on se moquait gentiment des petits travers des stars, sans aller plus loin. Je me souviens que, lors de la première saison, je m’étais dit : si les gens savaient à quel point ça va beaucoup plus loin que ça, dans les bassesses que peuvent avoir certains acteurs entre eux. Au début de ma carrière, il y avait des acteurs qui se battaient. Ils venaient mesurer leur loge au millimètre, et si l’un avait un peu plus que l’autre, ils faisaient un scandale. C’était ridicule. Il y a des gens comme ça qui font ce métier, mais il y a des gens idiots dans tous les métiers.

Cela paraît tout de même un peu pathologique.

Anne Marivin : Vous savez pourquoi ça paraît pathologique ? Parce qu’on les écoute. Dans d’autres sociétés, on ne les écouterait peut-être pas, parce qu’ils n’auraient pas ce pouvoir. Mais dans l’industrie du cinéma, on donne beaucoup de pouvoir à ces gens. Au théâtre, ce n’est pas comme ça : tout le monde est logé à la même enseigne. Au cinéma, on leur donne cette place.

Je pense que les agents avaient très peur de ce que le film allait renvoyer.

Marc Fitoussi

La situation de la Sandrine Kiberlain de cinéma, virée par son agent parce qu’elle est jugée insupportable, est-elle plausible ?

Anne Marivin : Oui, totalement. Il y a encore quelques années, on se serait dit : il est tellement au service de madame ! Mais on entend, de notre côté, des histoires d’agents qui disent stop à trop de caprices.

Marc Fitoussi : Oui, stop à l’irrespect, à cette espèce de starification où l’on demande des choses impossibles. Mais les agents, on le voit bien aux refus que j’ai pu avoir, tiennent aussi à ce que le comédien ou la comédienne apparaisse sous son meilleur jour aux yeux du public, parce que c’est comme ça qu’on a l’habitude de les vendre et de parler d’eux dans la presse.

Anne Marivin : Oui, tout cela bouge aussi. Je serais incapable de savoir ce que le public attend.

Marc Fitoussi : Je pense que le public attend des indiscrétions : il aime être la petite souris. Mais en même temps, pour devenir une petite souris, je crois qu’il aime qu’il y ait beaucoup de mystère. Moi, j’aime ne rien savoir des acteurs et des actrices que j’adore et que j’admire, pour pouvoir les mettre partout. Quand j’ai trop vu quelqu’un, j’ai du mal à l’imaginer en carreleuse à Liège.

Marc Fitoussi. Photo : Christophe Huart.

Quelle fut votre réaction, Anne Marivin, en découvrant ce que Marc Fitoussi projetait pour votre double de cinéma ?

Anne Marivin : Je savais quand même un peu à quoi m’attendre : je connais Marc, son humour, sa distance. Quand il m’en a parlé, je l’ai autorisé à aller loin, à se servir de ma réalité d’actrice mais en la poussant. Vraiment, s’il voulait faire de moi un personnage horrible, j’étais OK !

Marc Fitoussi : Anne avait aussi envie de s’amuser. Si c’était juste pour coller totalement à la réalité, puisqu’on partait de cette base-là, il n’y avait plus de jeu. Ce que je voulais proposer à Anne, c’était : tu vas peut-être finalement accéder à ce dont tu rêves grâce à Sandrine, à la différence de Corinne Maclou, le personnage d’Isabelle Huppert. Mais dès lors, tu peux devenir la pire des comédiennes et un peu vriller. Et on s’en rend compte.

Anne Marivin : Mon double de cinéma est exigeant. Dès le premier dîner, elle pose des questions, parle d’elle-même, pose des questions sans attendre les réponses, et n’écoute pas. On en a rencontré tellement des gens comme ça, dans la vraie vie.

Je n’ai pas du tout envie qu’on me dise que je fais 40 ans : j’ai 50 ans, donc j’ai 50 ans.

Anne Marivin

On imagine que ce milieu est bien plus difficile pour les femmes. Ce métier est cruel : on vit par le désir des autres et on ne fait qu’attendre.

Anne Marivin : Ah oui, complètement. Aujourd’hui, une nouvelle génération a bien compris que c’était « no way ». Elles font beaucoup, écrivent. Mais c’est très dur. Et puis, c’est un métier où vieillir est beaucoup plus compliqué pour une femme que pour un homme. C’est déjà vrai dans notre société en général. Quand on filme un homme qui vieillit, qui mûrit, on dit « waouh, il vieillit bien, c’est génial ». Moi, quand on veut me complimenter, on me dit : « Tu ne fais pas ton âge. » Nous, pour nous complimenter, on nous dit à quel point on est restées au même endroit. Je n’ai pas du tout envie qu’on me dise que je fais 40 ans : j’ai 50 ans, donc j’ai 50 ans. Mais qu’on arrête de nous ramener au fait qu’on vieillit bien. Et qu’on écrive des rôles de femmes ! Grâce au cinéma, ça va arriver, mais ce sera encore long. Il y a encore plein d’exemples. À la Mostra de Venise, il y avait un seul film en compétition réalisé par une femme (ndr : Woman Unknown de la réalisatrice dano-égyptienne May el-Toukhy). Il n’y a pas qu’une femme douée cette année, ce n’est pas possible. Je vais vous dire une chose : tant que ceux qui mettent de l’argent dans l’industrie du cinéma seront majoritairement des hommes, ça ne bougera pas. C’est tout simple : il faut que des femmes soient concernées, tout en haut de l’échelle, et qu’elles disent : « Moi, je ne me reconnais pas dans ces gens-là. » Tant que des acteurs exigeront d’être mariés à des femmes qui ont vingt ans de moins qu’eux, et que tout ça passera crème, ça restera au même endroit.

Photo : Jérôme Prébois

Ils l’exigent vraiment ?

Anne Marivin : Beaucoup l’exigent, parce que ça les rajeunit d’être avec elles.

Marc Fitoussi : Disons qu’on commence à ne plus trop y répondre.

Anne Marivin : Oui, il y a déjà plein de productrices, notamment, qui refuseraient.

Marc Fitoussi : Je trouve que les choses évoluent assurément. Corinne Maclou, c’est quand même Isabelle Huppert qui l’incarne, et j’avais moi-même un peu d’inquiétude : est-il plausible qu’un personnage de cet âge, de cette génération, puisse encore y croire, puisse encore percer ? Ce n’est pas une jeune première. Je suis content de voir, auprès du public, que ce n’est pas une histoire d’âge, mais d’être bon, doué, de s’affirmer.

Anne Marivin : Au contraire, je pense que ça raconte tellement de choses, cette endurance que Corinne Maclou a eue à continuer de faire ce métier. Ça m’a énormément émue, vraiment à la fin, je me suis fait cueillir, alors que j’avais lu le scénario et que j’avais tourné le film. Au-delà de ma propre condition de femme et d’actrice, je me suis dit que c’était tellement beau de voir cette femme de 70 ans qui a continué d’y croire, qui a affronté tous ces gens qui lui disaient non, jusqu’à son propre père, qui lui dit : « On va te voir plus de deux secondes cette fois-ci. » C’est horrible. Et cette femme, à la fin, n’obtient pas une carrière, mais obtient enfin une visibilité. C’est génial, parce que tous les gens qui vont aller au cinéma vont pouvoir se reconnaître là-dedans et se dire : « Attends, j’ai 60 piges, j’ai toujours rêvé de faire une rando au Kilimandjaro, et pourquoi je n’irais pas ? »

Marc Fitoussi : Franchement, si ça pousse des gens à faire des randonnées, si mon film permet ça (rires)…

Anne Marivin : J’espère que ça permettra à tellement de gens de se dire : « Bien sûr, si elle y arrive, pourquoi pas moi ? » Quand je réfléchis à ma carrière et à la façon dont on s’est accrochés, j’ai toujours le sentiment d’avoir été gâtée. Si on regarde notre parcours, on se dit qu’on a été privilégiés. C’est tellement rare, d’avoir une vie professionnelle passionnée. Il y a tellement de gens qui travaillent pour vivre.

Isabelle Huppert comprend que la partition que je lui propose demande de la vivacité, de l’énergie. Elle est extrêmement coquine dans ce personnage.

Marc Fitoussi

On peut avoir le sentiment que, parfois, Isabelle Huppert a tendance à trop « huppériser ». Ici, pas du tout : elle s’amuse, amuse, est souvent émouvante. Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vue ainsi.

Marc Fitoussi : Je lui rappelle toujours que je l’adore dans Coup de torchon. Elle sait que je l’ai choisie parce que je suis fan de La Cérémonie et dans d’autres Chabrol. Elle est extrêmement intelligente, sait comment me satisfaire, elle a confiance en moi, sait aussi que je peux m’amuser. Je lui dis franchement que je l’ai trop vue immobile, les mains sur les joues, à jouer toute une séquence de repas. C’était beaucoup dans le cinéma de Benoît Jacquot. Un cinéma dont je ne suis pas forcément toujours fan. J’ai osé le lui dire. Je crois qu’elle comprend que la partition que je lui propose demande de la vivacité, de l’énergie. Et elle est extrêmement coquine dans ce personnage.

Photo : Rémy Grandoques

La première fois que l’on rencontre Isabelle Huppert, on peut être très intimidé.

Marc Fitoussi : Quand Isabelle Huppert est passée dans C à vous pour parler du film, je sentais, à table, des gens très intimidés, jusque dans leur façon de lui parler. Elle est tellement curieuse, a un tel appétit pour ce métier et pour son art. Et pour tout d’ailleurs : elle est curieuse de l’art en général. Petite anecdote : le film est sélectionné à Los Angeles et elle sera en tournage. Comme elle ne tourne pas le vendredi, elle va partir le jeudi soir à Los Angeles pour présenter le film, mais elle doit rentrer le samedi pour être à Paris le dimanche. Elle fait un aller-retour de vingt-quatre heures.

Anne Marivin : C’est fou, mais elle a envie que le film soit montré à Los Angeles. Elle continue de voir des films : elle voit tout, elle est impressionnante. Elle déborde de vie, aime transmettre. C’est ça, notre métier : être des médiums. Ça lui permet de continuer de jouer. Elle n’est pas enfermée dans sa tour d’ivoire.

Marc Fitoussi : Mais j’avoue que j’étais très intimidé sur Copacabana, mon premier film avec elle. On se vouvoyait, évidemment. À l’époque, elle était beaucoup plus dans le contrôle, notamment parce qu’on tournait en 35 mm : on savait qu’il n’y aurait pas de retouches. C’est quelque chose qu’elle a lâché, je trouve, On s’est beaucoup rencontrés, non seulement quand je la dirigeais, mais aussi quand elle venait au combo après chaque séquence et qu’on revoyait les prises ensemble. Je ne lui avais pas interdit de le faire, mais je demandais à rester avec elle. Je lui disais : « Tu vois, la prise 4 est super. » Heureusement, on était toujours d’accord sur les choix : on avait les mêmes goûts. Mais il y a eu quand même cette étape de confiance à gagner.

Anne Marivin : J’avais entendu parler d’elle et de sa façon parfois de prendre le plateau. Elle a une telle expérience que c’est normal : elle peut arriver sur un plateau et être celle qui a le plus d’expertise sur tout. Mais avec Marc, elle est ultra détendue, parce qu’elle est heureuse et qu’elle a une totale confiance en toi. Elle retrouve alors cette légèreté, cette coquinerie dans le jeu dont on parlait. Elle s’amuse, elle s’éclate, je l’ai vu et je le vois dans le film.

Les Infos sur Ni Vue, ni connue

Synopsis : Corinne Maclou (Isabelle Huppert) est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?

Ni vue, ni connue un film de Marc Fitoussi
avec Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Emmanuelle Bercot, Diane Kruger, Ana Girardot, Vincent Dedienne, Thomas Jolly, Hugo Becker

Durée : 1h55
Sortie le 7 octobre 2026

Entretien réalisé par Grégory Marouzé le mardi 22 septembre 2026 à Lille.
Affiche et film-annonce : Memento
Remerciements : UGC Ciné Cité Lille

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