Le Grand Mix en confinement – Boris, le Directeur nous raconte

Le Grand Mix en confinement – Boris, le Directeur nous raconte

Boris, le Directeur du Grand Mix

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En total confinement, Lille la Nuit prend des nouvelles de ses salles de spectacles favorites ! Comment vivent-elles le confinement ? Quel avenir pour les salles, les reprogrammations ? Comment les soutenir ? Nous partons à leur rencontre virtuellement… Comment se sent par exemple le Grand Mix de Tourcoing ?

Une belle réouverture du Grand Mix en début de saison

Après des travaux d’envergure, pendant environ deux années, pour changer la structure et les espaces du Grand Mix, créant ainsi une salle de restauration qui se module en petite salle de concert supplémentaire « Le Petit Mix », une façade refaite, des loges complémentaires, un réagencement des bureaux, et une optimisation des flux pour recevoir le public à la salle de spectacle, ainsi que plusieurs autres travaux nécessaires et d’embellissement, Le Grand Mix  a pu  offrir un magnifique marathon musical le 26 septembre 2019 pour son grand week-end de réouverture.

Même si l’association culturelle a continué de nous séduire « Hors les murs », en organisant des événements avec des salles partenaires, Lille la Nuit était enchantée de découvrir ce lieu culte refaçonné, avec une programmation éclectique, cet endroit ayant toujours été emblématique pour les groupes de la musique actuelle, en adéquation avec le public qu’il accueille.

Confinement oblige, comme partout, la programmation est en stand-by et la plupart des concerts reportés, ou annulés.

La dynamique de reprise était là, c’est en effet très frustrant, mais gageons que ce n’est que partie remise et que la reprise ne sera que plus belle !

Boris, Directeur du Grand Mix

le confinement du Grand mIX : Incertitudes pour la rentrée, apiculture sur le toit, produits locaux...

Bonjour Boris ! Comment allez -vous ? Vous vous confinez où ? Chez vous, ou dans votre bureau ?

Boris : Je confine chez moi, en famille, à Tourcoing. Nous avons la chance d’habiter une maison avec un jardin et d’être tous les trois en bonne santé. Je ne me plains pas même si je commence, au bout d’un mois, à trouver le temps un peu long parfois ! Toute l’équipe du Grand Mix est en télétravail et en activité partielle, modulée selon les postes occupés.

Lille la Nuit souhaite vous soutenir dans ce moment difficile de confinement. On pense à vous ! Programmation reportée, personnel en chômage technique… Après une magnifique reprise du Grand Mix, lieu incontournable du Nord de la scène de musique actuelle, comment vivez-vous cet arrêt brutal et les décisions d’interdiction de rassemblements ?

Boris : On n’a évidemment pas d’autre choix, la situation l’exige, mais c’est vrai que c’est rageant de devoir s’arrêter maintenant, alors que nous commencions à prendre nos marques dans le nouveau Grand Mix. Tous les voyants étaient au vert, nous prenions beaucoup de plaisir à exploiter ce formidable outil… Le club fonctionnait merveilleusement bien, le resto également, de nombreux groupes venaient travailler au studio ou sur scène, on avait aussi retrouvé la salle « historique » et des conditions de travail très optimisées… La dynamique de reprise était là, c’est en effet très frustrant, mais gageons que ce n’est que partie remise et que la reprise ne sera que plus belle !

Au-delà des difficultés psychologiques liées au confinement, quels problèmes professionnels et logistiques rencontrez-vous ?

Boris : A l’heure actuelle, le plus compliqué, c’est l’incertitude en ce qui concerne la reprise d’activité. Cette inconnue, qu’on ne maîtrise pas, empêche toute projection… Et au-delà, je suis très inquiet pour notre « écosystème » des musiques actuelles. Nous (le Grand Mix) ne sommes pas en danger à court terme, notre structure est solide. Nous avons la chance d’être sur une économie mixte, composée de recettes propres et de subventions. Il n’en est pas de même pour les structures dont le modèle repose exclusivement sur des recettes propres. Et c’est très inquiétant car notre filière est très impactée par la crise actuelle (les artistes, les techniciens, les producteurs de spectacles, les festivals, nos prestataires…). Nous sommes interdépendants avec de nombreuses personnes et structures qui ne peuvent compter que sur leur salaire (s’ils travaillent !) ou sur des recettes propres (s’ils sont en activité !), qui se retrouvent fragilisées, dont l’activité risque de disparaître, ce qui pourrait avoir pour conséquence de tous nous priver de talents actuels ou futurs... On fait notre possible pour soutenir concrètement cette filière, mais encore une fois, l’incertitude sur la durée de la crise ne nous facilite pas la tâche.

Continuez-vous le travail avec votre équipe pour envisager l’avenir ? Et quel sera-t-il selon vos prévisions ?

Boris : Bien sûr, nous échangeons quotidiennement sur le report de l’activité, que ce soient les concerts, les projets d’action culturelle, de développement durable, d’accompagnement des artistes. A l’heure actuelle, nous envisageons une reprise en septembre pour ces activités, mais cela reste une hypothèse... Nous espérons pouvoir rouvrir le restaurant plus tôt, nous verrons ce qu’il est possible de faire en fonction de l’évolution de la situation dans le pays. Comme je le disais, on ne sait pas précisément quand cela sera possible, c’est donc très difficile de se projeter…

D’ici là, nous essayons de rester utiles pendant cette période inédite, de confinement et de silence. Comme on ne peut plus faire de concerts, on se lance dans l'élevage apicole ! Dans le cadre de notre projet DEMO, nous avons installé la semaine dernière des ruches sur le toit de la salle, les ruches (belges) contenant des abeilles (du nord) sont en place et la « team abeille » du Grand Mix en cours de formation (JP notre barman et Amandine notre serveuse au resto), avec ma femme qui fait de l'apiculture en amateur.

Et par ailleurs, toujours dans le cadre de DEMO, on a maintenu notre point de retrait de producteurs locaux, le court-circuit, le mercredi après-midi et on a ajouté distri-local le samedi matin, on fait donc ça 2 fois par semaine, en respectant les consignes sanitaires, et ça permet à 80 personnes par semaine de récupérer leurs courses, achetées en direct auprès de producteurs du coin.

Comment peut-on soutenir votre salle de concert ?

Boris : En revenant au Grand Mix quand cela sera possible !

On vous souhaite évidemment de tenir le coup pendant cette période de confinement, on vous apporte notre soutien et nos vœux les plus sincères pour une réouverture la plus rapide dans les conditions optimums possibles !

Le portrait culturel de boris, le directeur du grand mix

Directeur du Grand Mix depuis combien d’années ? Plus de 12 ans maintenant.

Ce que vous préférez au Grand Mix ? L’équipement dans son ensemble, et surtout, la manière dont on le partage avec les artistes et le public.

Votre style de musique préféré ? La grande famille du rock indé, et ses nombreux dérivés, sous genres. Mais j’apprécie aussi plein d’autres styles !

Top 3 de vos meilleurs concerts ? Bon Iver au Grand Mix, Nick Cave aux Nuits de Fourvières, Sufjan Stevens à la Comédie de Reims.

Si vous étiez un grand musicien ou un grand chanteur, vous seriez ? Personne (Il sourit) Mais le musicien qui compte le plus pour moi, tant pour sa musique que pour son incroyable activisme irréprochable depuis maintenant plus de 40 ans, c’est Ian MacKaye de feu Fugazi et toujours boss du label Dischord.

Quels sont les futurs concerts du Grand Mix qu’il faut impérativement aller voir ? Tous, comme d’habitude !

Parcourez les photos du week-end de réouverture

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