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The end of the weak et Eriphile à la Maison Folie Moulins – Hip Hop Dayz Festival

Dans le cadre de la treizième édition des « Hip Hop Dayz », The end of the weak et Eriphile ont frappé fort dans les murs de la Maison Folie Moulins. Cette soirée riche en beat box, punchlines et phrasés était l'occasion de découvrir l'art du MCing. Emergeant dans les années 1970 dans les ghettos américains, cette discipline considérée comme majeure dans la culture hip-hop fait s'affronter des MCs (ou rappeurs) en battle. Le contest « The end of the weak » a vu le jour à New-York en 2000. Débarqué en France en 2004, sa sélection a lieu dans une quinzaine de pays dans le monde.

Ils s'appellent Dick A, Slimane, Osiris, Improbable MC ou encore Ben l'oncle rap. Au total, pas moins de 25 participants ont dû tirer leur épingle du jeu au rythme d'exercices imposés par le jury, composé d'Aziz (Konkrite), de Florian (ReapHit) et de Sérim (2HD Records, Festival Hip Hop Art'mature).
On peut citer, entre autres, le freestyle bag, où la main dans le sac, les concurrents doivent tirer cinq objets insolites et improviser dessus. Pas évident quand on pioche un biberon ou un pot de confiture... Mais aussi les battles qui opposaient les MCs au DJ et aux beat boxers... Qui a dit que le MCing c'était simplement débiter une logorrhée verbale ? Nul doute ici, il y a de quoi bluffer toute orthophoniste qui se respecte ! Rapper, c'est aussi maîtriser la langue de Molière, ambiancer le public, avoir la bonne élocution et faire sourire l'auditoire en jonglant avec les jeux de mots. Rien que ça !

Tous concouraient pour décrocher une place en finale régionale. Au fil de la compétition, certaines figures se distinguent par leur humour et leur charisme scénique, d'autres par leurs textes bien ficélés. Une poignée perd le fil ou s'emmêle les pinceaux, c'est le jeu ! Une spéciale dédicace aux maîtres de cérémonie : Dandyguel qui n'est autre que le champion de France 2012 et Mic Orni, champion d'Europe 2010. De concert, ils ont su mettre le feu et tenir l'auditoire en haleine. Chapeau messieurs ! La soirée n'aurait sûrement pas eu la même saveur sans les sets de Dj Kéri. Véritbale métronome, il a fait groover les MCs sur fond de standards rap-r'n'b. A l'issue de ces joutes verbales, Dick A remporte la palme. Il se frottera à d'autres lauréats régionaux (cinq en tout) à Paris en juillet prochain.

Eriphile, une découverte poétique

Pour laisser aux MCs le temps de reprendre leur souffle, Eriphile vient marquer une pause. Véritable ovni au sein de la programmation, cette formation issue d'un savant mélange entre un beat boxer qu'on ne présente plus en région, Black Adopo, de Laurent Jaffier, au piano (tous deux membres du groupe Jam in the band), de Freddy alias Sieur Rapas, chanteur déjanté des Psykokondriak, de Louve, violoncelliste (et oui, une jeune femme dans cet univers majoritairement empli de testostérone, ça fait beaucoup de bien !) maniant l'archet au sein de plusieurs orchestres et, enfin, Vivien à la guitare, de The Rose Well Incident.

A l'origine de cette formation improbable, Sieur Rapas, qui signe de sa plume l'ensemble des textes. Ces derniers content une histoire, celle « d'une femme désabusée qui se retrouve malgré elle prise dans un conflit interracial avec pour toile de fond un décor urbain fantaisiste ». Qualifié de cinématique hip-hop, le groupe tente, avec les moyens dont il dispose, de produire une musique s'approchant des bandes-originales de films.

Ensemble, ils nous servent un univers poétique et énigmatique dans lequel le spectateur se laisse volontiers happer ! Un coup d'essai plutôt réussi. Il est difficile de croire qu'Eriphile marque ici son premier passage sur scène !

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