Rétro C Trop : Feu! Chatterton + Hervé + Structures + Ravens Crew

Difficile à croire, mais oui ce samedi c'est bien la route d'un concert que nous avons reprise ! Et pas des moindres puisqu'il s'agit de retrouver le festival Retro C Trop, cette fois dans une version "inédite", les artistes étrangers n'ayant hélas pas eu la possibilité de se déplacer. Après avoir passé tant de bons moments ici au son des ZZ Top, Pretenders ou autre Beach Boys (rien que ça), il nous tardait de retrouver ce qui se fait de mieux en termes de Chanson Française actuelle. Malgré une journée bien arrosée, cela n'aura en rien entamé notre enthousiasme de passer plusieurs heures au son des claviers virevoltants et autres guitares rugissantes.

Le Rétro C Trop commence par le rock franc de Ravens Crew

Et cela commence avec les vainqueurs du Tremplin organisé par le festival, en l'occurrence les Amiénois de Ravens Crew. La crète fièrement dressée et le sourire aux lèvres, le chanteur envoie les watts devant une assemblée qui commence gentiment à se remplir. Ici pas de fioritures, on est dans le rock franc, direct, entre No One Is Innocent et Mass Hysteria pour le style. Les politiques en prennent pour leur grade, la société en général, sans pour autant tomber dans la caricature. Un set à la joie de vivre communicative qui permet de bien remettre les "compteurs à zéro" (comme l'indique l'un des titres du set) pour rentrer définitivement dans l'ambiance du festival.

Structures : déstabilisants mais pas inintéressants

Après une nouvelle averse, les locaux de Structures ne viennent heureusement pas doucher nos espoirs. Enfants de Joy Division, on entre ici dans le dark et il faudra bien quelques morceaux pour apprivoiser la bête qui ne se laisse pas approcher si facilement. Dans un imper que n'aurait pas renié Liam Gallagher, le bassiste du groupe fait vrombir son instrument pour dicter le tempo d'un combo très concentré. Déstabilisant mais pas inintéressant. On appréciera ici ou là de petites touches de Cure ou du Editors des débuts qui donnent du liant et, allez on ose...de la structure à la prestation des Amiénois. Bref une bonne session de rock à l'essence britannique accompagnée d'un temps qui le fut tout autant.

Le phénomène Hervé enchante le festival

Le temps de nous restaurer frugalement (LE point noir de bon nombre de festivals français malheureusement...) et nos batteries sont désormais rechargées pour accueillir le dynamique Hervé. Et il fallait au moins ça tant le Breton virevolte dans tous les sens pour nous emmener avec lui dans son univers. C'est vrai il y a du Bashung chez cet homme-là, mais il y a avant tout "une patte Hervé" que l'on ressentira durant ce set d'une heure. Que ce soit l'intrigant Premier Jour du Reste de Ma Nuit, le vaporeux Addenda ou le désormais célèbre Si Bien du Mal (popularisé dans nos petits écrans), difficile de passer à côté d'un tel phénomène. Et de ce point de vue, nos compatriotes ne s'y sont pas trompés, offrant récemment au trentenaire une Victoire de la Musique amplement méritée.

Pari gagnant pour le festival d'avoir programmé cet artiste, l'ambiance enchantée autour de nous étant la meilleure des garanties. On a hâte de suivre le chemin de ce bonhomme dans les années à venir.

Feu! Chatterton, l'apothéose de cette French Session

Après un changement de plateau qui aura hélas fait perdre patience à quelques personnes de l'assemblée, il est 23h12 quand l'apothéose de cette French Session prend place. Et qui d'autres que les Feu! Chatterton pour nous offrir un ultime moment de poésie dans la cour du somptueux Château de Tilloloy. On pardonnera bien vite ce délai d'installation tant les Parisiens vont de suite nous prendre par la main et nous immiscer dans un voyage dont eux seuls ont le secret. Un peu d'Ecran Total ne sera pas de trop pour appréhender cette épopée au pays des Nouvelles Technologies et de leur soif d'intrusion dans nos vies de pauvres terriens smartphonisés. "Sur mon écran tactile, que reste-t-il du paysage ?" assène Arthur Teboul, tiré à 4 épingles comme à son habitude. Outre le fait de passer un excellent moment pétri de rock euphorisant et de nappes électroniques, nous sommes face à de la Chanson intelligente, qui amène à la réflexion. Chose assez rare pour être soulignée, vu ce qui peut parfois truster nos charts hexagonaux. Durant plus d'1h15 on navigue allégrement avec ces cinq Compagnons qui finissent de nous emporter dans leur Monde Nouveau sans pour autant manquer de saluer la Malinche (le leader s'offrant même le luxe d'une descente en bord de scène).

La foule est conquise, ça se déhanche dans tous les coins histoire de laisser ses dernières forces et de savourer ce qui nous aura tant manqué durant ces derniers mois. Bref un savoureux après-midi d'"automnal été" du côté de Tilloloy en espérant que le Mal qui perturbe la Culture depuis un an et demi nous laisse pour de bon à nouveau profiter de moments tels que celui-ci !

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