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Sonoma présenté par La Rose des Vents

Dans le cadre de la programmation de la Rose des Vents, la Condition Publique à Roubaix accueillait le mercredi 19 et le jeudi 20 octobre 2022, la pièce Sonoma chorégraphiée par Marcos Morau pour neuf danseuses. Marcos Morau crée en 2005 le collectif La Véronal composé d’artistes de différents champs artistiques.

Sonoma, un Hommage aux Ballets Russes

Les neuf danseuses du spectacle livrent, en chœur, leur souffrance, leur révolte mais aussi leur soumission. Comment s’affranchir de la charge des coutumes qui pourtant apparait comme une fatalité ? L’esthétique et le propos de Sonoma ressemblent à la pièce Noces chorégraphiée par Bronislava Nijinska en 1923 sur une musique de Igor Stravinsky. Créés à presque cent ans d'écart, les deux spectacles retracent le poids de la tradition incarné par une musique martelante et des chants folkloriques ainsi que par des costumes traditionnels austères. La danse illustre des rites propitiatoires renforçant ou assujettissant la cohésion de la communauté. Au milieu du spectacle, sur la musique de Claude Debussy avec pour toile de fond un paysage et des animaux sauvages, les danseuses évoquent l’animalité, l’érotisme et la sensualité des groupes de nymphes de l’Après-midi d’un Faune (1912) chorégraphié par Vaslav Nijinski, frère de Nijinska. Certains mouvements renvoient à ceux du Sacre du Printemps de Nijinski et Stravinsky symbolisant l’importance du rite dans les micro-sociétés. Qu’il s’agisse de Noces ou du Sacre du Printemps, les deux ballets racontent le sacrifice d’une femme à travers le mariage ou à travers le rite. Marcos Morau ne fait pas subtilement allusion à ces ballets révolutionnaires par hasard.

Entre tradition et insurrection au féminin

Dans un décor contrasté, entre pénombre et lumière, les danseuses sont-elles des sorcières, des pleureuses, des amazones ou des pantins ? Sur un rythme frénétique, les neuf interprètes de Sonoma offrent une danse picturale colorée de nuances psychologiques. Le corps se crispe et se fige dans une expression évoquant l’aliénation et l’étranger. Il s’adonne à une attirance pour l’irrationnel. La symétrie des gestes et des placements dans l’espace, en miroir, en canon ou en cascade font apparaitre des formes géométriques étudiées. Les dislocations corporelles, les gestes automatiques répétés, les saccades et les contractures figurent le fantasme du corps morcelé, de la désintégration et du démembrement. Sonoma est une une chorégraphie électrisante qui nous a laissés littéralement pantois.

Crédit photo : © Didier Philispart

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