L’autre, la nouvelle création du directeur du Ballet du Nord, Sylvain Groud

Mardi 9 et mercredi 10 novembre 2021, le Colisée de Roubaix présentait la nouvelle création, l’autre, du directeur du Ballet du Nord, Sylvain Groud. La pièce raconte le changement que provoque une rencontre dans une vie. L’intensité et l’imprévisibilité que suscitent à la fois la fusion et la séparation.

L'autre, la nouvelle création du directeur du Ballet du Nord, Sylvain Groud

Les interprètes, chacun leur tour, dansent seuls accompagnés de la pianiste Vanessa Wagner. Ils expriment une carence, un manquement mais le bouleversement de leur rencontre va susciter une curiosité, un désir de connaître et va les révéler à eux-mêmes. Dès lors, ils ne se quittent plus, ils danseront toujours en contact et tout s’établira dans le rapport à l’autre. Ils se sentent, se cherchent et s’émeuvent. Comme le dit si bien Louis Jouvet l’individu cherche « non pas une image de ce qu’il est mais un complément d’être qui lui manque. »

On comprend le lien qui unit les deux êtres rien qu’aux caresses qu’ils échangent. Comment se touchent-ils ? Prennent-ils soin l’un de l’autre ? Le rapport qu’entretient le sujet au monde est perceptible grâce à sa relation sensorielle avec l’autre. Mais il n’y a pas de dépassement d’une dualité en unité, jamais l’autre ne pourra combler cette insuffisance. L’union totale et absolue est une chimère. Les interprètes se séparent, se manquent et leur solo, telle une mélancolie de l’esprit, est empreint de ce que l'autre a pu modifier en chacun d’eux. Celui-ci devient un fantasme, puis une ombre floue et un oubli.

Le duo explore l’interdépendance entre deux individus, la capacité d’être avec l’autre : deux danseurs qui se répondent, se font confiance, un couple qui sait qu’en étant fou l’un de l’autre la violence de la séparation sera inévitable.

La pianiste Vanessa Wagner offre un paysage sonore, une musique sensible qui vise par l’intuition à suggérer des images de nature. Le piano se fait le témoin de ce qui fut, de ce qui est et de ce qui ne sera jamais. Il est un écho des impressions de l’âme. La sublime interprétation de Lauriane Madelaine et de Julien Raso offre un moment suspendu, sensuel et sensible et Sylvain Groud propose, une poésie dansée de l’intime, une magnifique élégie tout en gestes.

Un livre et une vidéo pour aller plus loin

Vous pouvez également retrouvez le livre Sylvain Groud, un ostéopathe social sous la direction du journaliste et critique de danse Philippe Verrièle, dans la collection L’Univers d’un chorégraphe aux éditions Riveneuve.

Crédit photo: © Frederic Iovino

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