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St Graal + Crenoka à l’Aéronef

Tout bon amateur de légendes arthuriennes sait combien il est difficile d'accéder au Graal. Mais ce soir du côté de la Capitale des Flandres, point besoin de Table Ronde pour atteindre cette quête qui se voudra placée sous le signe de l'électro. C'est donc du côté de l'Aéronef que nous avions rendez-vous avec St Graal, dont le pseudonyme rend hommage aux Monty Python et leur humour décapant. Mais avant cela, c'est Crenoka qui nous ouvre les portes de son univers pour une immersion au coeur du royaume des Millenials.

Crenoka, immersion électro au royaume des Millenials

Baignée par la pop culture des 90s, la native du pays de l'oncle Sam nous propose une électro truffée de références qui sonnent comme autant de madeleines de Proust à nos oreilles. Entre intro de Buffy contre les Vampires ou 8-bit de The Legend of Zelda, notre nostalgie est comblée. Mais il serait réducteur de ne garder que cela du show de la demoiselle invitant, de par son t shirt, chacun de nous à aller en thérapie (et une thérapie comme ça, on signe).

Sans la moindre compromission, Crenoka va nous ouvrir son journal intime (au propre comme au figuré, ledit journal étant présent en bord de scène) et donner la part belle pendant 50 min à son dernier EP. S'il s'intitule "Small eclipse of the heart", Crenoka aura, avec le concours de ses deux acolytes, dans tous les cas ensoleillé cette première partie de sa présence scénique, ce en dépit de basses parfois trop assourdissantes à notre goût. Une chose est sûre, la voix, elle, était parfaite et on aura ainsi plaisir à replonger dans des titres tels que Sort it Out.

St Graal, un set survitaminé qui ne laisse pas la moindre place aux temps morts

Le temps de faire couler quelques pompes côté bar que nous nous remettons vite en place pour l'arrivée du Chevalier de l'électronique. Armé d'une guitare et de son inséparable clavier, St Graal ne fait pas dans la demi-mesure et balance d'entrée de jeu les premiers riffs d'Oversize, l'un de nos coups de cœur qui met si bien des mots sur les maux. Car c'est là la véritable force de l'artiste : pouvoir parler à chacun de nous à travers des histoires anodines au premier abord, mais terriblement profondes si l'on prend le temps de s'y pencher.

Durant 1h20, le Charentais va nous prendre par la main pour ne plus jamais nous lâcher dans un set survitaminé qui ne laisse pas la moindre place aux temps morts. On sent le public, situé en majorité entre la 20aine et la 30aine, totalement acquis à la cause du chanteur, voyant même perler quelques larmes lors de certains titres plus intimistes. Car St Graal, comme il le dira lui-même au cours de cette contre-soirée, ne se reconnaît pas dans les chansons d'amour de notre temps... alors pourquoi ne pas écrire sa propre histoire.

Encouragé par la TikTok generation, l'artiste sait en quelques arpèges comment parler joie, rupture, bisexualité, polyamour, mêlant poésie et gros son. Et niveau gros son, nous allons être servis ce soir. Cette fois plus de problèmes de réglages, le bougre sait comment faire monter la sauce à l'image d'un Playboy démarré en guitare / voix avant d'être repris en chœur et avec cœur par une audience sautillant dans tous les sens.

St Graal ou l'art de faire résonner des titres à nos histoires personnelles

Autre point positif d'un set de St Graal, on travaille le cardio tant l'artiste nous envoie les bits qui feraient même se mouvoir une statue de pierre. Arpentant sa scène pourtant minimaliste, St Graal en impose et n'hésite d'ailleurs pas à multiplier les bains de foule au plus près de ceux qui l'aiment tant.

Alors certes, notre petit côté ronchon déplorera malgré tout le manque de musiciens autour du Graal et certaines interprétations parfois "copier/coller" de l'album, mais lorsque l'on vient dans un concert de ce type il faut savoir en accepter les codes. Une chose est sûre, le Charentais sait y faire pour parler d'Amour et faire résonner des titres à nos histoires personnelles sans jamais être impudique et rien que pour cela, le déplacement était justifié.

Le tout sublimement habillé par le travail de son équipe technique (que St Graal nous demandera d'ailleurs de remercier en lui tournant le dos pour regarder les ingés son et lumière directement dans les yeux), nous fûmes tout aussi ravi que l'artiste d'être passés du côté de la Nef ce soir. Alors longue vie au Roi de l'électro pop !

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