The Prodigy + Cosmo Sheldrake au Zénith de Lille

Alors que le Dernier bar avant la fin du monde a ouvert à Lille il y a peu, c'est la dernière rave avant la fin du monde qui se joue ce soir. Quand on arrive au Zénith de Lille, ce n'est pourtant pas l'impression qu'on a, vu le nombre de personnes étalées au soleil, devisant gaiement entre amis. Ce soir se mêlent plusieurs publics : les habitués du festival Les Paradis artificiels tout d'abord, lequel est organisé par À Gauche de la lune et présente chaque année une sélection de ce qui se fait de mieux en matière de musiques actuelles. S'ajoute à ce public hétéroclite une masse de clubbers qui se distingue notamment par le look, quelques gothiques et métaleux amateurs de sons lourds, et des amateurs d'électro d'un peu tous les horizons. Par ses influences variées, Prodigy rassemble et c'est assez joussif à constater.

Cosmo Sheldrake

Dans un premier temps, on découvre Cosmo Sheldrake. Derrière ce projet, un type tout seul - "comme cela se fait se plus en plus", commente un voisin - et selon les soirs un certain nombre d'instruments, ce soir-ci étant plus sobre. Cosmo Sheldrake a 25 printemps et compose, joue et produit seul. S'il enseigne et compose beaucoup pour des films, ce soir il performe, plutôt à l'aise malgré la difficulté de faire passer ses sons dans une salle qui ne demande qu'à danser mais fait preuve de patience. Il faut dire que s'il n'est pas évident de rentrer dans son univers, il n'est pas non plus complètement déconnant par rapport à l'univers de Prodigy : du do it yourself, des sons guturaux, des influences tribales, des sons électro, le tout dans un mélange foutraque qui ne déplaît pas à une partie de la foule. Le reste s'en fiche mais attend gentiment.

The Prodigy

La salle s'électrise cependant au bout d'un moment et plus le mix inter-concerts s'éternise, aussi bon soit-il, plus le public s'impatiente. Le concert de Prodigy démarre comme celui des jours précédents avec un gros classique, Breathe, issu du mythique The Fat Of The land. Niveau lumières, ça part d'emblée dans tous les sens et le public avec. Très cohérent, le concert se poursuit avec le nouveau Nasty, issu du dernier album, tout récent, The Day Is My Ennemy, qui fait indéniablement écho aux débuts du groupe. Ce côté brut de décofrage fait partir la foule rapidement, d'autant plus que suit Omen, gros tube issu de Invaders Must Die. Outre un petit Firestarter glissé au milieu, la setlist fait la part belle au nouvel album, avec Wild Frontier, Roadblox, Rok-Weiler ou encore le titre éponyme du dernier opus, complètement hypnotisant et encore plus lourd en live qu'il ne l'est sur l'album. Une belle surprise.

Si vous n'avez jamais vu Prodigy en live, on est bien loin du DJ set, ne serait-ce parce que le groupe ne supporte pas cela (Liam Howlett déclarait récemment à L'Alsace que la musique électro avait été "prise en otage par les DJ et la pop music"). Sur scène des machines, oui, mais des humains derrière, une batterie solide et une guitare lourde, d'où le fait que le groupe satisfait à la fois les fans de très gros son rock et les afficionados de la techno. Le dernier album, particulièrement agressif dans le son, proche du premier dans l'esprit, illustre bien cette rage sourde et le résultat en live est épatant. On ne peut s'empêcher de penser à des projets plus confidentiels comme Hocico et de songer que le fait que des gars comme Prodigy soient exposés dans une salle de bonne taille est quand même plutôt bon signe pour le développement des autres projets dans l'hexagone. Côté ambiance, Keith Flint et Maxim Reality complètent le travail de Liam Howlett, un peu invisible dans la fumée et sous les lumières crues et stromboscopes, avec plus de fougue qu'au Zénith de Paris. Après une petite série de "All my French people", Maxim Reality se promène dans la foule incrédule, même si une partie continue de danser sans s'apercevoir de rien. On a vraiment l'impression d'être dans une rave party.

Après le plus calme Beyond the Deathray, Prodigy balancent le classique Voodoo People. Le peu de gens à peu près calmes jusque là ont définitivement abandonné l'idée de rester statiques, du moins en fosse. Le son redevient assez lourd avec notamment Wall Of Death, qui se fait également excellent en live, avant de repartir dans l'électro brute avec le classique des classiques, Invaders Must Die. Surprise ensuite avec le nouveau titre Medicine, non joué à Paris mais déjà une fois à Lyon, qui explore des sons orientaux avec plus de succès en live que sur album. Enfin, le très connu Smack My Bitch Up conclut la première partie du concert, avant une courte pause. Prodigy reviennent avec Their Law et le très sautillant Take Me To The Hospital. Difficile de dormir ensuite : Prodigy vienentt de réinventer le dimanche soir : celui de la danse primaire.

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